Cinéma…

La vie est-elle un film ? En sommes nous les héros ?
Qui tourne et qui regarde? Si on suppose que nous sommes des acteurs, qui nous apprend a jouer notre rôle ? Avons nous même le talent de vivre ou est-ce réservé à une élite de privilégiés ? Quelques philosophes qui semblent avoir la clé et la donnent à tout le monde… Mais le trousseau est grand pour une serrure unique. Le code du cadenas a été oublié il y a bien longtemps, et sans quelque tenaille il est parfois compliqué d’arriver quelque part. Mais forcer demande de la force, danser de l’endurance, et sourire à moitié est-ce que c’est bien sourire ?
Cherchons, à tâtons, dans le noir, parce que notre vie durant c’est dans l’obscurité que nous nous orienterons. Bienheureux celui qui a trouvé comment sortir de son humanité, et qui plane, apaisé, au dessus de lui même…

Mise en abîme…

L’oeil d’un tigre dans l’oeil d’un loup dans l’oeil d’un chien…

Une mise en abîme. Une conscience accrue du monde et de ses imperfections. Mais sans fatigue, ressentirions nous l’immense  bonheur de s’effondrer dans son lit ? Sans efforts, aurions nous la fierté d’une mission accomplie ? Sans ces moments durant lesquels, ainsi qu’une fourmi, nous tirons derrière nous quatre fois notre poids, aurions nous le loisir de voir cette lumière au bout du tunnel? Lorsqu’après s’être fixé un objectif on l’atteint, c’est le saint graal que l’on trouve, c’est la pierre philosophale, c’est la fontaine de jouvence.

Alors la route est longue, parsemée de pièges, elle est fatigante, et mille fois on va vouloir l’abandonner. Mais ceux qu’on a croisés voilà quelques kilomètres, arrêtés sur le bord, nous regardant passer : ceux là, ont à faire tout le chemin que nous avons fait parce qu’on avait, au moins, oublié de s’arrêter.

 

A toi…

Un orage sur mon coeur, une violente pluie, 
Un soir d’hiver quand il fait froid, 
Une plume s’arrache et me pique le doigt,
Et puis une lumière qui entre dans ma vie…
 
Une sourde torpeur qui vient battre mon ouïe,
Une tendre détresse, presque une dépression,
Une dose de cigüe pimentait mes boissons,
Mais une jolie voix a sonné dans la nuit…
 
Un chat qui promenait sa grande indifférence
Dans les murs bien trop froids de mon appartement, 
Un chat qui perd ses poils, qui griffe méchamment, 
Et voilà une fille qui entre dans la danse…
 
J’ai regardé le ciel, au milieu des nuages, 
Un rayon de soleil a percé, tout petit,
C’est devenu l’éclair qui vient gronder l’orage, 
C’est la belle Olivia qui entrait dans ma vie…

L’écume des jours…

Il y a quelques années, je lisais ce livre ignorant le rapport qu’il aurait avec le futur, ignorant qu’il serait le conducteur d’un genre de saut quantique vers un soir un peu magique, dont j’aurais voulu qu’il ne  s’éteigne jamais. Le tourbillon de ce roman est pareil au tourbillon, au fond de moi. Comment serait une vie aussi tendre qu’une part de gâteau au chocolat, aussi douce que les bras d’un ange qui semblerait tomber directement du ciel sur mon balcon, un ange qui puisse se trouver aussi addictif qu’un pot de glace Häagen-Dazs  au cookie ? Comment serait une vie dans laquelle le monde est sublimé,  le quotidien a une place, mais petite et qui n’envahit pas l’espace, ne tue pas le rêve qu’on cherche à cultiver…

Vos lèvres sont douces. Vous avez un teint de fruit. Vos yeux voient comme il faut voir et votre corps me fait chaud…

Un bout de script sur le coin d’un papier, quelques sujets dramatiques au milieu des soupirs, l’espoir de pouvoir accomplir quelque chose de grandiose, une perte d’orientation dans les rues de la capitale, une boussole interne qui perd le nord, quelques bouquins, quelques lueurs, quelques courbes et un petit singe qui fait du jujitsu…

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Cultiver le rêve…

  • Il est l’heure de scénariser le monde. De soupirer pour une inconnue, qui est loin et qui semble si proche. De manipuler la réalité pour fabriquer la fiction. Ca pousse, le rêve, comme une fleur, une fleur aux dégradés enigmatiques, aux insondables mystères. Une fleur noire et rouge, avec des éclats parfois. Des éclats de soleil levant, et des éclats d’Afrique, et des éclats du sud… On ne sait pas bien d’où proviennent tous ces éclats, peut être du noyau de la terre, peut être du ciel.
  • Il est l’heure de faire pousser le monde, de peindre ses couleurs le mieux possible. Il est l’heure de balayer le chaos originel par des milliers de caractères, des milliers de signes, et des idéogrammes…

Errer au milieu de ses rêves, continuer à avoir foi en l’univers, continuer à penser qu’il est heureux que nous vivions, pour peu qu’on sache aller loin, ailleurs… 

  • Et si les insomnies des uns nourrissent l’imaginaire des autres, alors le sommeil devient au moins un sujet, un prétexte, un article dans un blog. Un repos de quelques heures à peine, pour mon coeur qui bat trop vite. Et mon coeur, bientôt, manquera un battement, parce qu’il risque de se retrouver devant quelque chose de bien plus grand que ce devant quoi il aura jamais eu l’occasion de se retrouver…

J’ai un peu la trouille. On donne en ce monde plus de gifles que de caresses. Mais j’ai le privilège de préférer à toute autre chose me sentir exister, et j’ai le privilège d’avoir les joues solide…

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Le Chambellan du presque (2)*

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Je suis le chambellan du presque, le prince de l’à peu près, celui qui n’est pas nain mais qui n’est pas bien grand. J’ai 30 ans aujourd’hui, et pratiquement atteint les objectifs fixés pour quand j’aurais 30 ans. Je suis celui qui trouve mais ne conserve pas, celui que l’on regarde sans pourtant s’arrêter, celui qui va avoir des affiches dans le métro, mais sur des mosaïques. Je suis le titulaire de la médaille d’argent, le comte du « tu y’es presque », baron du « pourquoi pas », le grand vainqueur des quarts de finale, le grand champion de la ligue 2, je suis patron d’une TPE. Je suis presque bien sur les photos.

Je rêve au sommet du Kilimandjaro  depuis le sommet d’une colline, je rêve de l’atlantique du fin fond d’une baignoire, je pense à l’Amérique, depuis Livry Gargan,  je réfléchis à l’avenir dans un présent très incertain. Je suis le chambellan du presque, le prince de l’à peu près, le duc moyen coiffé, mes chaussures sont trop grandes, et pas bien attachées, je parcours les chemins comme un explorateur, mais je n’ai ni chapeau, ni carte ni compas, Je suis navigateur sur un lac sans récifs, mais je suis bien comme ça, heureux, en construction, le jour où je serai le chambellan tout court, aurai-je goût à grand chose ?

La vie m’est passionnante, et « chambellan du presque » c’est conquérir le monde…

Solstice…

J’écris une nouvelle. Je suis dessus comme on est sur une barque: je rame.

Mais j’avance.

Et puis le temps passe. Mi-février, puis fin mars. C’est le 21.

C’est le solstice. C’est le printemps. C’est que le monde change.

C’est qu’il va faire plus chaud ou qu’il va faire moins froid.

C’est qu’on va ouvrir nos vestes, à défaut de nos coeurs.

C’est qu’on va revoir le soleil, bientôt. Près de nous.

Il va nous réchauffer. Le monde bouge. Je vais prendre 30 ans.

Alors je me pose une question, moi sur ma barque en train de ramer, voyant un phare au loin, sur l’océan…
Est-ce que le 21 mars 2043, quand j’aurai 60 ans moins quelques jours, je l’aurai perdu de vue, ou sera-t-il encore aussi lumineux qu’aujourd’hui ? Aussi lumineux qu’autrefois ?

 

La thérapie des anges…

J’avais suivi la thérapie des anges… Elle consistait a écouter des voix dans ma tête, des pulsions dans mon corps, des frissons sous ma peau, plutôt qu’à réfléchir trop.
J’avais appris à écouter mon instinct, à relire mes tatouages, à faire d’autres dessins dans ma tête, à planifier d’autres desseins dans mon futur, à penser à d’autres dessins sur ma peau.
J’aurai été en mesure de passer 30 ans de ma vie à m’auto-psychanalyser. Le temps nécessaire pour comprendre que ça ne sert à rien. Et puis j’ai tourné cette page et passerai sans doute les trente années suivantes à produire quelque chose, dans la peur de mourir sans avoir rien conquis.pour et parce que j’ai la conviction que ce que j’ai à dire est très intéressant.

Dans tous les cas, malgré la thérapie des anges, je reste mégalo.

Hold-up

Parce que je n’ai pas vraiment envie de continuer, parce que la compétence se paie, parce que l’incompétence se paie, parce que je ne fais de cadeaux qu’à ceux que j’aime et parce que quel que puisse être le résultat, il me conviendra, parce que j’aime bien les western, les super héros et guignol, parce que nous vivons dans un monde déjà tellement absurde qu’y chercher du sens paraît plus fou qu’être effectivement fou, j’ai envie de dire:

les mains en l’air, ceci est un hold-up !

The way you lie…


4909769001J’aime tes mensonges. Ta façon subtile de ne jamais me faire de mal. De toujours garder cette pudeur qui fait que je tombe par terre.

J’aime tes silences inquiétants, tes retours rassurants. J’aime le souvenir de toi, de ce qu’on a vécu, j’aime courir après ça, j’aime que ça me fasse écrire, j’aime que les choses tournent autour de toi. Je change de vie, je change de monde, l’avenir me sourit et me sourit bien, et mon avenir tu es dedans, en esprit, en fantome en forme de ce que tu as représenté. Trois lettres et l’éternel. Tu es l’héroïne de mon premier livre, qui est encore dans ma tête, et que je vais écrire un jour. Tu es la source qui depuis 5 ans jamais ne s’épuise. Tu es la louve que je vois vivre avec sa meute, et que je ne peux pas déranger, bousculer, même si je le voudrais tellement. Tu es gravée au fond de moi, tes poignets me manquent, et beaucoup nos ébats. Tu es le joli monstre qui me maintient en vie, tu es à moi sans être à moi, tu m’inspires, tu me fais respirer, et je n’ai pas peur de te perdre parce que tu es comme un tatouage, silencieuse, discrète, cachée, tu seras toujours avec moi, même si j’allais, que tu allais au bout du monde…

courir quand on a la crève

Toussez, toussez, expulsez votre angine. Courez, courez, pour avoir votre train. Poussez, poussez sur vos muscles engourdis, forcez vos jambes à utiliser le peu de ressources que votre système immunitaire n’a pas bouffées. Déterrez vos dernières volontés, et courez, courez sur un quai dans une gare tellement excentrée. L’espoir vous fera vivre, et votre dernier souffle vous l’aurez dépensé à avoir de l’espoir…

Pluie

Pluie, nuit, noire d’encre, sur ma vie. Savoir faire n’importe quoi avec n’importe qui, au moment qui va le moins bien… Au moment le moins sympa d’une vie.

Fureur d’envie, dans les transports, au milieu des semi-morts, nouvelle année alcoolisée, fin de beuveries enchantées, sur un sol un peu mouillé, un peu glissant, un peu navré…

Au milieu du monde, témoin hurlant une vérité que l’on n’entendra jamais, rattraper le temps qui a voulu me lâcher, ne pas assez dormir, pour bien déconnecter, pour tout débrancher.

Puis aller te chercher dans la nuit noire d’encre, sans trop bien savoir qui tu es, et sans trop bien savoir pourquoi, une flamme noire pour m’éclairer, paradoxal mais pas tant que ça…

Magnétique, la seule qui m’inspire, céleste, je peux avancer, dans la nuit pluvieuse de cette nouvelle année, arpenter des trottoirs, pour tout simplifier…

Cette sacrée magie noire, que tu sais fabriquer, alchimiste professionnelle, dans un bel ecran de fumée, je ne veux plus dormir jamais.

Il pleut ce soir et sur les quais que je vais aller arpenter, je verrai mon reflet, dans le bruit de tes talons, qui vont surement résonner, sonnant les cloches du réveillon, et la nouvelle année…

Appelez moi Ussain Bolt*

*extrait

« J’y ai pensé avant vous. J’ai réfléchi à toutes les hypothèses que vous avez oubliées. J’ai soupesé tous les critères qui ne vous sont pas venus à l’esprit. J’ai tenu compte de vos caractères individuels, de vos égos, de vos faiblesses et de vos forces. Je possède la clé de vos destins. Je sais la réponse à l’énigme universelle. Je ne suis pas Dieu, mais appelez moi Ussain Bolt: j’ai une longueur d’avance sur vous ! »

Se mentir à soi même…

On peut faire semblant de savoir. Se convaincre qu’on a trouvé quelque chose, et en arroser le monde, juste par conviction. On peut se regarder le nombril et dire à tout le monde qu’on pense aux autres. On peut ne penser qu’à soi et dire à tout le monde qu’on pense aux autres. On peut croire penser aux autres parce qu’on inclue les autres dans nos propres plans, même quand ces plans ne sont conçus que pour soi. On peut dire qu’on aime alors qu’on n’aime que soi. On peut dire qu’on cherche quand on ne cherche pas. On peut dire qu’on est honnête, et ne l’être pas, dire qu’on est sensible d’une sensibilité qui n’existe pas. On peut croire être sincère alors qu’on ne veut que voir le monde graviter autour de soi et répondre à nos caprices. On peut faire semblant de savoir, on peut se découvrir de fausses nouvelles bonnes raisons de justifier nos caprices, et se convaincre du bien fondé de ce qu’on raconte. On peut jouer avec les sentiments des autres comme s’ils n’avaient aucune importance, et faire de ses propres névroses un mélodrame dont on devient l’acteur. On peut se dire que tout ça est normal. On peut peut être, en fin de compte, se mentir à soi même…

L’ombre dans la cuisine

photo : http://laussivisuelle.blogspot.fr/

Il y avait une arrête dans mon poisson. Je détestais cela. Je ne faisais pas beaucoup de poisson. Pas beaucoup. Mais quand j’en faisais, je n’aimais pas qu’il y ait une arrête. Surtout du surgelé pané. Si on les achète, c’est pour jouer la sécurité, c’est pour se prémunir…
Je savais que les haricots verts / captain igloo étaient une mauvaise idée, et que j’aurais dû en rester à l’habituel sandwich steack haché / pepsi max.
Mon chat, comme s’il subissait une famine insoutenable et permanente alors qu’il dispose de croquettes à volonté, miaulait à en perdre la langue. Comme je visais mal, le chausson que je lui lançai finit sa course sous un meuble, chose que je détestais par-dessus tout, car cela vous oblige à vous pencher. Lui, fuyard comme un présumé innocent qui est totalement coupable, était allé se réfugier sous le lit, dans la chambre.
C’est mignon un chat, mais notre créateur n’a jamais conçu un animal plus qualifié dans le style raclure individualiste et trouillard, à part certains êtres humains.

Viola…*

*Illustration d’Allis

Si Viola d’un regard autrefois m’apaisait,
De ce monde aux allures de chimère tordue,
Si Viola d’une syllabe par tant de fois savait
Mettre à feu doux mon coeur aveuglé, éperdu,
Ma Viola, aujourd’hui, chuchote à mon oreille
D’accepter ce vieux monde tel qu’il est devenu,
La chimère sauvage, que j’ai tant combattue,
Doit vivre à mes côtés, Viola me le conseille…
Et m’en remettre à Dieu, qui sait ce qu’il faut faire,
Avoir confiance en lui, et puis tuer mon ego,
Ce vieux bouc responsable de mes actes et mes mots,
Puis regarder les hommes injustes, et puis me taire…
Les paroles de Viola sont presque d’évangile,
Et viennent secouer les tréfonds de mon coeur,
Mais j’ai peur pour mon coeur, car mon coeur est fragile,
Ô je le connais bien ! Et je sais qu’il a peur…

Les papillons de nuit…

Ils s’élancent en nuées dans un intense clair obscur, vous offrent l’éternité tout en vous insufflant la peur de la perdre. Ils dansent au fond de vous, se calment le temps d’une sieste, pour pétiller de nouveau, se nourrissant de vos entrailles. Ils ont des couleurs parfaitement sombres, mais parfaitement magnifiques, ils sont l’ombre dans la lumière, ils sont une fatale inconstance, libres de leurs mouvements, ils pétillent au milieu d’un bordel émotionnel dont vous n’étiez pas prévenus de l’existence. Ils essaiment, et des rêves germent au milieu d’un paysage magnifique, dedans lequel poussent des fleurs aussi étranges que fascinantes, aussi belles qu’insondables, et qui palpitent comme un coeur à vif. Et au milieu de la fumée de cigarette, qui s’échappe de la terre dans une odeur de menthe, au milieu d’une nuit de presque-hiver, vous errez sans sentir le froid, qui règne autour mais ne vous atteint plus. Contemplatif devant ces papillons qui au lieu de détruire comme des criquets, dessinent plutôt le monde dans lequel ils vous baladent, vous savez que ce moment aura toujours dans votre esprit une impermanence totale; aussi longtemps que vous vivrez vous aurez ressenti la fragile esquisse du sourire de la lune…

 

Pensées chronologiques…

Le poids des sensations - 17 Octobre
Les émotions d’une existence marquent votre âme comme un tatouage marque la peau. Elles semblent dessiner, colorier l’ensemble de ce qui compose un être. Les joies et les douleurs prennent la place dans le puzzle de la vie d’un homme, composent son âme, dessinent son destin, son caractère, tracent un arbre tantôt harmonieux tantôt malformé, mais en tout cas elles se collent et se gravent, et la peau n’est alors plus jamais la même, ni le corps, et ni l’âme. Ces émotions s’accumulent donc en nous, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place sur aucun endroit du corps, dans aucun endroit de notre être, jusqu’au seuil de notre âme, et au delà de ce seuil, il est dur pour un homme de supporter le monde, qu’il soit fait de peines ou de joies.A partir de là, il semble assez logique que nous soyions mortels.

Evoluer – 19 Octobre
On ne change pas. On évolue. On ne transforme pas ce que l’on est, on apprend à vivre avec. On n’éteint pas nos pulsions, on les maîtrise, on les sublime, on les détourne, on s’en sert. On ne fait pas d’un feu un cumulus, on ne fait pas d’un fleuve un ruisseau. On ne change pas en aigle un pigeon. On met un barrage, et l’eau s’accumule. On ouvre les vannes et elle se déverse. Voilà comment résoudre les noeuds. Ceux qui croient changer ce qu’ils sont peuvent essayer de retourner le rubik’s cube en tous sens. Des millions de combinaisons, six couleurs, mais il restera un cube à jamais.

Tirer sur la corde… - 26 Octobre
Parfois, tirer sur la corde provoque d’étranges sensations. Vertiges, passions, colères, larmes… Parfois cela vous amène à un grand vide, parfois à une chute vertigineuse. Le manque de sommeil, en tout cas, est une inaltérable constante. Mais la curiosité est plus forte. La faim violente qu’on peut ressentir de la vie, ou de l’autre, la douce torture des passions et du drame vous attire; il n’est pas d’échappatoire connue.On tire sur la corde, parce qu’on voudrait savoir ce qui est attaché à l’autre extrémité.

prince2

la balance DBZ *

* ce texte ne parlera qu’à ceux de la génération 90

Alors il faut imaginer trois entités: moi je suis un méchant moisi, type Doria. Ma balance est un détecteur de puissance, et mon poids, c’est Sangoku.
Ca fait quelques mois que je vois Sangoku comme un ennemi de seconde zone, aussi faible que krilin, aussi gentil qu’un vieux Namek dans un village. Ca fait quelques mois que je n’ai pas allumé mon détecteur. Et là je monte sur la balance, et Sangoku dévoile sa vraie puissance. Je n’en crois pas mes yeux du chiffre qui s’affiche sur mon détecteur: je suis sûr qu’il est pété, je l’arrache de mon oreille et je fonce sur Sangoku avec rage pour le défoncer…

Franchement j’espère que je vais gagner!

Ou es-tu?

Dans ces nuits d’errances, j’arpente d’étranges endroits.
Je tombe dans de grands trous tordus, dans des crevasses.
Les murs y sont brillants, et la pluie s’y fracasse, comme la mer sur les roches des plus hautes falaises.
Et je crie pour qu’on vienne, oui, mais sans conviction,
car je sais qui j’attends, et qui ne viendra pas,
et parce que ceux qui viennent sont ceux dont je ne veux pas…

satiété

Satiété ?

Des mètres cubes d’un bonheur sans faille pourraient lasser. Qui peut supporter la satiété aujourd’hui? C’est comme le mp3 ou les films à télécharger: longs à fabriquer, rapides à consommer et à oublier. Mais trop de mp3, trop de films, ou trop de l’autre c’est pareil: c’est saoulant.
Alors l’autre s’en va. Voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Et quand on met son appartement en vente, et qu’on vient voir un an plus tard si on pourrait le racheter, la serrure a changé, le prix a doublé, la déco n’est plus la même. Ce n’est plus chez soi, et le mec qui sort la poubelle a une clope à la bouche, un débardeur sale; et le bruit du sac qui tombe au fond du bac vert est un bruit de verre brisé.
Revenir vers son passé n’a jamais été miraculeux. L’avenir est incertain. Mais qu’advient-il pour le cas de ceux qui n’ont jamais vraiment quitté nos vies?

au sommet

Il buvait son coca zéro, débraillé, en retard, et se posant ces questions inutiles qui polluent un homme, l’éloignant de ce qui le fait vraiment vibrer…
Il suivait des formations de pointe, dans lesquelles il apprenait que l’oeil au sommet de la pyramide, c’est le business. Pour les besoins de cet oeil, il fallait, lui au milieu de tout, qu’il observe les hommes se dépêtrer de ce grand chaos. Pire, il fallait, on le lui imposait, qu’il y participe… Il savait que tout avait été bancal, pour des raisons d’argent. Il savait que les « ressources » sont des pions qui n’ont pas de noms. Il savait qu’au stade où il était, il était une ressource lui aussi. Un pion… Un cavalier plutôt, ou un fou. Mais ces pièces, aux échecs, peuvent être imprévisibles, galoper au sommet du système, ou le prendre en diagonale, et lui crever un oeil!

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Mon mugu

 

 

 

Voici ma correspondance avec celui qui est devenu mon Mugu (merci à Mozinor!) Lui en rouge, moi en bleu.

Tous les documents qui se sont échangés en pièce jointe dans ce message font l’objet d’un lien, ainsi que (pour la culture) certaines des références que j’ai utilisées dans ces échanges.

Quelques leçons à retenir de ces échanges avec le Mugu :

1) les banques écrivent toujours en majuscules (c’est plus autoritaire)
2) Les Mugu voyagent dans le temps (envoi d’un bordereau de dépôt d’espèces AVANT d’être allé déposer l’argent).
3) Les Mugus ne savent pas utiliser Photoshop, où alors leurs passeports sont vraiment très très chelous!

Lisez, ça vaut vraiment le coup on voit jusqu’à quel point l’arnaque peut aller :)

 

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le complexe de l’autruche*

* Quand la mélancolie vous gnacque comme un pittbull gnacque un yorkshire

Certains ne comprendront pas les changements qui s’opèrent. Ceux qui me connaissent savent que je suis le même, et me trouveront tel que j’étais. Ceux qui ne me connaissent pas je les perdrai en route, pas le temps d’expliquer. Pas envie surtout. Tant pis pour eux, s’ils refusent de me voir grandir, s’ils se sont noyés dans leurs nombrils et qu’ils n’ont pas choisi de prendre la marée. J’ai sans doute mal choisi autrefois. Quoi qu’il en soit, j’irai, quoi qu’il arrive. Cet endroit m’appelle, et s’il faut devenir plus fort, plus intransigeant, laisser derrière moi des gens circonspects, égoïstes et vénaux, cela se produira, sans que je me retourne. J’ai un dernier conseil à donner aux autruches. Il est une constante inévitable, vérifiée, lorsqu’on met la tête dans un trou:  le coup de pied au cul.

laisse passer la vague

Laisse passer la vague…

Alors j’approche en rêve de ce vieillard, au sommet d’une montagne. La neige s’abat partout, ses vieux cheveux volent aux grands vents, et il est imperturbable, l’oeil bienveillant, il semble ne souffrir d’aucune température. Mes rêves m’envoient souvent dans de vieux clichés des films de Karate. Je regarde le vieux et je lui dis :
« Qu’est-ce que je fais maintenant? ».
Il allume une vieille pipe en terre cuite, il fait des gestes très lents, exprès pour me forcer à être patient, il me regarde:
« Pardonne la longueur de mes répliques, jeune ignorant, j’entretiens le suspense qui va avec cette scène…
- mais j’ai besoin de savoir maître…
- dans cette situation tu es bien trop fébrile et ton coeur est bien trop noyé. N’accepte rien, recentre toi sur toi même et laisse passer la vague. »

Il sourit. Je ne suis pas certain d’avoir compris mais c’est normal. Parce que je rêve et parce que les vieux sages des histoires ne parlent jamais que par énigmes…

La troisième…

Tout va très vite. Ce monde est un tourbillon qui peut vous emporter à peu près partout. Des méandres aux sommets, en une fraction de secondes. Il le fait à une vitesse telle qu’on n’a pas toujours bien le temps d’encaisser… Et puis encaisser quoi? Les trois mois de travail, malgré soi, malgré le froid, malgré la pluie? La première, tellement intense et stressante? La peur de l’avenir qui se profile? L’inquiétude de savoir ce qu’on sera capable de faire après, et si la source est tarie ou non?

Ce monde, c’est des montagnes russes émotionnelles, compliquées à gérer, compliquées à vivre, c’est une incertitude permanente qui vous oblige à naviguer, même si l’on n’aime pas l’eau.
Cette troisième était comme un coeur qui battait. Ce soir là, dans la salle, c’était un phénomène étrange: c’était l’émotion qui l’emportait sur le rire dans le regard des gens. Un public décalé, des battements de coeur, des silences, des chuchotements. Il s’est comme passé quelque chose d’inattendu. Cette troisième là m’a fait prendre conscience que quelque fois les mots peuvent prendre vie, et avoir une existence propre, grandir, vous échapper, troubler ceux qui les écoutent. Quelques fois, les mots glissent de soi, et frappent le monde sans qu’on n’y soit plus pour quoi que ce soit. J’ai la chance d’avoir rencontré ces quatre comédiens là, la chance qu’ils m’aient fait confiance, la chance qu’ils aient tant de talent, qu’ils aient transcendé 32 pages du bazar que j’avais dans la tête, pour en faire une alchimie qui, sans eux, aurait le même gout que le potage de tomate à 15 centimes que fabrique la machine à café du travail. Le travail…

La porte du bureau qui me sera demain matin ouverte (avec une ferveur tellement perverse au regard de ce que je vis en ce moment) me semble un avenant ridicule au contrat de travail que peut être ma vie…

 

 

Je ne suis pas:

  • Capable de t’écouter trop.  Mes lèvres sur les tiennes, c’était pour te faire taire.
  • Très doué pour dire « je t’aime ». J’espère que mes yeux m’ont trahi.
  • Arrivé à t’en vouloir.
  • Le pape, même si je suis un saint.
  • Stupide. Tu ne peux pas me la faire à l’envers.
  • Un ange. Tu es passée à deux doigts du dérapage…
  • Aveugle, et tes yeux t’ont trahie!

Il fait si beau déjà. L’été sera resplendissant. Des gens viendront de loin pour fêter l’événement. Tu seras toute en blanc. Le soleil jettera sur toi des rayons d’une chaleur insolente. Le soleil te va beaucoup trop bien. Tout ça sur fond d’acdc.

Ca te ressemblera. Tu seras magnifique.

  • Je ne suis pas invité.

 

Zero six quinze

Les souvenirs prennent parfois la couleur des regrets. Changer de numéro c’était tourner une page, se transformer soudain, prendre un virage grandir, me separer de ce qui m’a conçu pour devenir qui je suis vraiment. Tout ceci est abstrait. Plus rien ne se dresse plus entre le futur et moi même, plus rien qui vienne du passé n’a d’importance. Je ne garde en moi que deux choses, la flamme brulante de mon inspiration, et ma marche radicale vers l’horizon. Le soleil brille, j’ai vocation qu’il continue.

 

Mathématiques appliquées

Le temps flétrit les femmes et change en loups les garçons… Plus le temps passe et plus il altère la condition des femmes. « Roses de la vie » à 20 ans, elles s’inquiètent à 30 désespèrent à 40, se résignent à 50. Les hommes, eux, puceaux maigrichons à 20 ans deviennent des loups à 30 trompent leur femme à 40 se calment à 50 avec des femmes résignées. Ils se rejoignent à ce moment là.
Les combinaisons peuvent alors se multiplier et on peut faire beaucoup de maths :

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Visions…

J’avais eu ce flash. J’avais vu cette créature qu’est la civilisation s’enliser en elle même comme en des sables mouvants. J’avais conçu l’idée que la finance était devenue une tumeur incontrôlable qu’aucune chimio ne pourrait plus détruire. J’avais compris qu’injecter des milliards d’euros pour sauver un pays en faillite, c’était donner un doliprane pour soigner un cancer. J’avais fait l’estimation que nous étions entrés de plain pied dans un futur qui allait nous réserver ses pires humeurs et j’avais émis l’hypothèse insensée que la rémission n’était pas envisageable. J’avais supposé et présupposé que ce monde courait vers une catastrophe écologique certaine, et la seule inconnue qui persistait était de savoir qui de la civilisation humaine où de la planète mourrait en premier. Dans les deux cas les composants de cette civilisation (nous) allions passer un sale quart d’heure. En substance j’avais vu tout cela et bien d’autres choses encore, et j’avais eu beau le faire savoir dans un souffle, dans un espoir dans un sursaut d’agonie vivace, on avait préféré rire, et s’amuser, arguant que le Titanic est un insubmersible…

Exception…

J’explique ici souvent comme ce monde est empli de schémas similaires, de copier-coller, de photocopies… J’explique souvent comme l’absurde peuple tout, remplit tout, renseigne tout, jusqu’à faire perdre pied les observateurs dont je fais partie, et les noyer dans l’absolution l’écriture. Alors, dans ce marasme, la présence de quelqu’un d’unique est tellement significative qu’il est impossible de passer à côté.

Pourtant je ne l’écris jamais…

Je n’écris jamais que tu es l’antithèse de ce que je raconte. Que chacun de mes mots n’est motivé que par l’âpre constat de ton absence et du vide inspiré par ton lointain charisme nordique. Un souvenir tellement vivant (le souvenir de toi) qui suffit à me faire savoir ce dont je ne veux pas.

Mes fondamentaux se résument en trois lettres…

Je n’ai jamais connu qui que ce soit de plus libre que moi. Tu l’es. Et je ne puis jamais que te faire la promesse que jamais tu ne seras quelqu’un d’ordinaire, de banale, ni de fade, même si tu essayais très fort!

Les héros de rien…

Ils sont héros de rien. Ils sont maîtres des chiens.
Ils dansent avec les fous, et rient avec des mots qui cinglent, ils claquent des langues.

Ils sont petits, mesquins, ils sont loups en dedans, mais gros chats sans destins, pouilleux qui se croient malins. Ils sont comme ces enfants qui se croyant cachés ont le sourire aux lèvres, tandis qu’on les regarde en ne leur disant rien pour leurs laisser leurs rêves.
Des pourceaux sans valeur, qui attaquant les cœurs, attaquent la poussière.

Ils ne bâtiront rien, ils tomberont de haut, car leur petit royaume fait de vents et desseins finira un beau jour dans le vent du matin…

Si tous les cons pouvaient pleurer dix minutes..?*

*histoire à suites

partie Itoute ressemblance avec le style d’un auteur populaire est plutôt évidente

Les arbres sifflaient leur bonheur. Un air de jazz me semblait-il, qu’ils répétaient inlassables. Au bout d’un moment, c’était chiant!  »Changez de disque! » Je leur criai.  »Qu’est-ce qui vous ferait plaisir? » Avait-elle rétorqué. Je savais à l’instant ou j’entendis cette voix que se tenait face à moi l’amour de ma vie. Face à moi pas exactement. Elle était haut perchée: »Qu’est-ce que vous fichez là haut? On peut difficilement faire une première rencontre aussi hurlante » lui criai-je. Elle descendit: »C’est mon jour de congé; les arbres ont la voix qui fatigue alors je les relaie.- vous sifflez souvent les airs à leur place?- oui, est-ce réussi? - on n’y voit que du feu! »
On alla dans un piano-bar, elle fit composer « tomorrow is my turn » sur le jukebocktail. Nina Simone… Le meilleur choix qu’elle eut pu faire pour me faire perdre mes moyens.Il était difficile de retenir mon coeur en cet instant précis. Il allait ou il voulait, battait en moi n’importe comment, mes artères perdaient leur boussole, les flux et reflux étaient soumis à un grand n’importe quoi. Ca faisait ce que ca voulait, ca n’allait pas du tout! Ce grand n’importe quoi, c’était elle… Je lui dis: « vous êtes un grand n’importe quoi!- ah bon? »

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Assis sur les cendres du trône de ton règne…

Ainsi partent en fumée les conforts d’autrefois.
C’est la petite mort, la disparition des privilèges.

Toi qui as cru pouvoir rester assis, confortable, toi qui as cru pouvoir tourner le dos aux valeurs que tu disais vouloir défendre, toi qui es le plus égoïste de tous, parce que tu as le recul de l’expérience pour savoir ce que « vivre autrement » veut dire, toi qui as renié tes amis, qui as fait l’américain, tu as été le plus actif à détruire ce que d’autres avaient construit pour eux et pour toi; et te voilà assis sur les cendres du trône de ton règne.

Et voilà qu’en plus, tu es trop bête pour te rendre compte que tu es responsable de ta propre débandade…

Je crois que j’ai saisi…

Lorsque, amené à revenir à des horaires normaux, je me « sociabilise », c’est à dire que je me retrouve assis à coté de six fois plus de gens que d’habitude dans le RER, je comprend quelque chose sur les relations hommes-femmes. Quelque chose de fondamental. Et je le comprend par l’exemple de deux demoiselles différentes. La première un ange tombé du ciel, un regard qui foudroie, une allure qui attire l’attention de tous, un mélange entre Vanessa Paradis et Natalie Portman. Et puis elle parle au téléphone, et immédiatement un son de K7 audio abimée retentit dans ma tête. Le fond n’est pas à la hauteur de la forme. C’est comme trouver le contenu d’un skyblog dans un bouquin portant la couverture de Saint Exupéry. Ce n’est pas décevant, c’est insupportable. Et puis une autre du même genre, du genre « petit ange », un peu plus tard, qui sort de son mutisme pour décrocher son téléphone et aussitôt un petit canard en dessin animé flotte derrière moi suivi de pointillés. Elle est totalement banale. Elle s’adresse à son copain, parle d’une routine terre à terre, commune et inutile, d’une soirée chez Steph (c’est tellement banal déjà d’avoir un pote qui s’appelle Steph) qui ne doit pas finir trop tard car demain matin on doit faire les courses car maman vient déjeuner, n’oublie pas.

Une femme insaisissable, avec un regard de louve, une fois apprivoisée perd tout mystère et toute attractivité, pour devenir aussi profonde qu’un parking.

Le rêve pourtant d’accueillir belle maman en slip, après qu’elle a attendu vingt mn devant la porte, le temps de baiser un coup, a un côté terrible-magique. Au lieu de cela on ira boire juste une bière chez Vincent, pas deux parce qu’on conduit, on rentrera a 22h on dormira sans niquer, on se lèvera tôt (un samedi) pour acheter six sortes de fromages différentes et un vin middle-class pour aller avec qu’on puisse proposer aux beaux parents. Cela sentira le propre, la quiche lorraine dans le four, pas de vêtements de la veille qui gisent parce que le moment interdisait de les plier dans l’étagère, et on dira bonjour en souriant, et en portant une chemise bien repassée arborant le sourire du bon gendre alors que ce sera fini dans six mois…
Tout le monde répond aux codes.
Les hommes (ou peut être seulement moi?) caressent un rêve d’absolu et de transcendance que les femmes déçoivent, et les femmes caressent un rêve de routine et de stabilité que les hommes (ou peut être seulement moi?) déçoivent.
Eux ne comprennent pas que recevoir beau papa, choisir un papier peint, un meuble ikea, et aller dans un groupe d’amies pour être sociables et bon représentant du petit copain par rapport au petit copain des autres copines, ce n’est pas un moment ponctuel de la vie du couple, c’est le projet en entier du début à la fin, se ponctuant par les enfants en général. Et elles confondent irrascibilité et charisme, confondent rêve de transcendance et rêve d’engagement (l’un est intense et probablement certainement éphémère l’autre est chiant et probablement certainement éternel). Elles attendent le même enthousiasme pour l’apero dinatoire que la copine margaux organise samedi a 18h avec son nouveau copain golden boy, qu’ils en attendent la nuit pour avoir une pipe avant de s’endormir…

Le futur?

La vie vous met face a des choix. Les choix sont liés à l’information, et l’information c’est le nerf de la guerre. Que faire? Valeurs? Rancoeurs, principes? Choisir entre soi et les autres, entre soi et la cause, entre soi et soi, entre deux parts de soi…

Le futur parfois, on s’en échappe avec du rêve, avec du théâtre, avec autre chose que ce qu’on possède de plus terre à terre et de plus concrès, c’est à dire au fond de plus inutile…

logobilletreduc

Sombre héros !


Mercutio est atteint de ce qu’il appelle « le syndrome du poisson rouge ». Personne ne l’écoute ni ne le remarque jamais… Mais il ne désespère pas ! Soir après soir il déploie des trésors d’énergie pour commander sa boisson favorite: un demi-pêche !

Dans ce pub mexicain, quatre personnages partagent leur temps libre, et s’entrecroisent autour d’un verre, assis à table, ou accoudés au bar. Mercutio, que le monde a choisi d’ignorer, Elise, une cliente naïve et désemparée, Luis Miguel, le barman latino, toujours enthousiaste…

… et la mystérieuse Viola !

Qui est donc cette jeune femme, froide et indifférente, que tout le monde regarde avec des yeux brillants de désir ?
Une comédie de Mickaël Dion & Allis

Avec Sophie Di Malta, Hélène Ridel, Nicolas Soulié, Yann Toullec

http://www.sombreheros.fr

 

Toute impression

L’illusion, une composante importante dans une vie d’homme. Notre corps est composé à 80% d’eau, notre vie est composée à 80% d’illusions. Autant alors faire de ces illusions quelque chose de joli, de sublimé, d’inhabituel. Etre ici et maintenant, attentif au monde, puis transcender ce monde et lui donner des ailes imaginées. Nous ne supportons pas de vivre dans la réalité, et nous avons raison, mais nous avons la chance de faire de notre vie absolument ce qu’on en veut.

« The dark passenger »

Il est celui qui vous dévore tout soudain. Celui qui, en une toute petite, infime, imperceptible inflexion change votre Yang en Yin. Vous passez du film « The Mask » au reportage « nach und nebel ». L’inverse existe aussi, lorsque « Nirvana » devient « Mika » d’une ligne à l’autre dans votre Ipod. Une rotation, une guerre du mouvement, car c’est ce qu’il incarne, (en bonne complicité avec son jumeau béni): le mouvement!

Il est ce personnage qui vous montre que le monde bouge, que l’éternel n’existe pas, et que la lumière n’est pas une fin en soi, mais un moment, voué à aller et venir. Il n’est pas négatif, il n’est pas malheureux, il n’est ni méchant ni agressif, il est ce qu’il est, une composante de notre psyché, il est celui qui enterre ce qui doit être enterré, pour permettre à l’aurore de venir faire briller la route à emprunter.

Il est le fossoyeur de nos moments éperdus, celui qui creuse, il est celui qui prépare l’euphorie, il est celui qui s’est échappé de la boite de pandore, et il a bien fait. Il est celui sans qui le monde serait fade et sans saveur, car il est celui qui vous ferait oublier quelle est la joie estivale s’il n’existait pas : il est l’hiver. Il est l’effort douloureux, il est le mawashi qu’on a pris dans la gueule parce qu’on n’avait pas monté sa garde, il est la fausse note qui nous amène à l’indépendance des mains, il est l’accord une octave trop haut qui vous fait dire qu’il faut peut être appuyer sur la pédale de gauche… On a tendance à le combattre, à ne pas accepter sa présence, à déprimer dans les tréfonds parce qu’il est là. On ne parvient pas à comprendre qu’il n’est qu’un passager, un sombre héros qui passera sur vous comme un ange déchu mais indispensable. Lui faire une place, comme dans un bus, avec la conscience qu’il descendra à la prochaine station, c’est savoir s’équilibrer simplement, naturellement, c’est avoir compris l’ordre des choses.

 

Une étape…

En attendant que tous les sites de billetterie de France soient à jour de l’annonce qui va bouleverser le théâtre parisien moderne (hum…) le Laurette Théâtre a déjà fait son job, en publiant sur sa page la comédie qui marque une étape de ma vie dans l’accomplissement. Je suis fatigué, instrumentalisé brutalisé par le texte, par les personnages, je navigue au milieu d’un flot perpétuel d’émotions différentes, qui devient un océan parfois en pleine tempête, j’ai la patate et puis je doute, et puis je redeviens serein, et puis le temps passe (beaucoup trop vite, maudite soit sa fuite), et la charge d’endosser chaque semaine  le costume du metteur en scène m’amène vers quelque chose que je voudrais à la hauteur de mes rêves, devenus accessibles alors qu’ils paraissaient chimériques ; je me dis que je voudrais faire naître de tout cela bien plus que moi même, que l’on devrait chercher à caresser au moins l’exceptionnel, dans ce genre, avec ce budget, et dans ces lieux. Qu’est-ce que cela donnera ? Que ferons nous de la première, le 7 avril ? Je sais qu’un texte prendra vie, qu’on dépassera le matériel, que l’homme n’existera plus, et l’on vivra une heure d’exutoire, une heure de sentiments, une heure de tentatives émotionnelles, et peut être quelques larmes. Je suis fort, solide, mais qu’est-ce que je suis allé foutre ? Je n’ai aucune idée de ce qui se trame, au delà de moi, à travers moi, je n’ai aucune compréhension, juste des ressentis, et l’impression ferme et définitive du devoir à accomplir. J’écrivais il y a quelques temps quelque chose à peu près comme cela:

Je me destine à l’écriture comme d’autres à la prêtrise, ce n’est plus maintenant qu’une certitude absolue, qui devient presque facile : le voile clairement se lève devant mes yeux pourtant si éblouis par la douleur du flash… Le moyen même m’est apparu entre deux mauvais rêves par une nuit désastreuse, un soir pluvieux, au milieu de rien.

Comme j’avais raison, et comme il est parfois difficile pour moi de définir cette prescience, sans fausse modestie (j’ai un égo démesuré). Le monde m’étonnera toujours, aussi les éléments, aussi la malédiction dont je peux parfois souffrir, mais qui ne m’empêche ni d’être heureux, ni de rire de tout, ni d’attendre secrètement qu’on me comprenne et  qu’on me fasse rire. La solitude est un purgatoire et un purgatoire qui ne me dérange pas, qui semble plutôt nécessaire que tortueux, et qui semble le seul chemin vers un absolu lumineux, coloré, drôle et irradiant tout…

Navigateurs

Je mesure l’efficacité des saisons sur l’humeur. J’ai remis ma pierre autour du cou, celle qui exacerbe tout, celle que je ne puis porter longtemps sans qu’elle exacerbe aussi mes craintes et mes démons. Comment prendre une distance respectable avec ce monde? J’ai tant de questions à lui poser…

Pourquoi j’aime Imany, alors que sa voix est nasillarde? Pourquoi j’emporte partout avec moi bien plus que ma sacoche ? Pourquoi j’ai hâte d’avoir mon chat? Pourquoi ne suis-je pas désolé par la solitude? J’écrivais voilà peu de temps que j’avais désormais la certitude de savoir où j’allais, et combien le chemin allait-être facile. Pourquoi est-ce effectivement le cas? Si l’on ne navigue avec le courant, on pourrait devenir fou face aux tours que vous joue le destin. Il peut à loisir faire surgir sans prévenir un iceberg, ou tout à l’inverse une crique à nulle autre pareille. Notre mission en ce monde consiste donc à naviguer, et à naviguer bien. Armés d’instruments modernes, il conviendrait donc d’aller (d’être lâchés) dans cet espace avec la liberté engoncée dans des règles immuables ; une liberté parfois vide de sens, qui peut vous pousser à pousser les murs…

Vivre ici bas consiste finalement à essayer de sentir au mieux ce qui est juste, on pourrait traverser cette vie les yeux fermés, faisant confiance à son instinct, aux sensations, aux éléments…

 

Je ne serai jamais une star du rock

C’est a 6h28 lorsque « allelujah » retentit dans le casque bien équilibré de ma vieille pute de Ipod (dont certaines musiques reviennent comme un client préféré) que je fais le constat suivant : je ne serai jamais une star du rock.

Je ne sais vibrer à l’unisson de ma guitare, je ne sais enflammer par mes silences, car les seuls silences que je sais pratiquer sont des silences téléphoniques, et qui n’ont pas le même effet que celui d’un chanteur qui ferme les yeux et respire sur une scène, devant une salle de 2000 personnes.

Je ne serai jamais non plus un acteur célèbre. Mes silences n’auront pas la classe des silences de Mozart…

Il me reste ma grotte, le refuge de mes rêves, le lieu dans lequel je forge ce que je peux, pour l’exposer ensuite, vitrine vivante de ce que je suis, témoin muet, registre devenu poussiéreux à force de n’être jamais consulté, mais qui s’emplit tout de même encore et encore par l’intérieur, et le fera encore et encore a mesure que je vivrai. La mort m’arrêtera sans doute? A moins que la prochaine vie soit pour moi, à moins que l’accomplissement ne vienne, dieu sait comment, perturber ma tortueuse quiétude…

 

Ca marche à travers vous…

Il semblerait parfois que l’on ne soit que l’instrument d’un tout plus grand qui nous emporte vers une destination inconnue. Une destination qui paraît briller, flamboyante, qui semble un début de quelque chose qui nous dépasse. Comment savoir si c’est du fantasme, du rêve ou autre chose? Parce que cela marche à travers vous. Cela vous transforme en une entité qui navigue automatiquement sans avoir son mot à dire. C’est presque simple, évident, facile, cela semble se servir de vous comme d’un réceptacle, comme d’un outil. Cela vous prend tout entier, vous envahit et ne vous lâchera pas avant que tout soit parachevé…

Il semblerait parfois que l’on devienne tout entier ce qu’on cherche à atteindre, il semblerait qu’on devienne la montagne que l’on gravit, avant même d’en avoir découvert le sommet, il semblerait que lorsque tout sera fini, il faille aller vers d’autres batailles et d’autres conquêtes pour que les choses aient encore du sens…

Le tragique destin du lama Péruvien

Alors que, profitant de m’être levé tôt en un de ces dimanches hivernaux du moment, je me décide, comme cela est parfois le cas, d’aller au marché, m’acheter un poulet et quelques clémentines, car c’est la saison du poulet et pourquoi pas des clémentines. Et là, sans être sous l’effet d’aucune substance, je tombe sur un lama. Je ne comprend pas. Que vient faire un lama ici? C’est anachronique! Je ne comprend pas! Et je ne parviens pas non plus à comprendre comment je peux être le seul que cela choque… Les gens font leur marché imperturbables, comme si couramment on croisait des lamas. Peut-être au coin de la rue se trouve aussi un éléphant ou un orignal? Peut être, comme dans les romans et séries d’anticipation, type sliders ou stargate, je me suis propulsé dans mon sommeil à l’intérieur d’un univers parallèle, en tous points identique au mien, sauf que lamas et humains coexistent naturellement ? Non… Je vois après qu’une grosse dame ait acheté ses légumes et se soit éloignée nonchalamment qu’une partie du mystère m’était dissimulée: le lama est tenu par une laisse, mené par un homme portant sur son t-shirt l’enseigne d’un cirque. Me voyant, sans doute afin de m’informer, il hurle dans un mégaphone que l’on peut aller cet après midi au chapiteau. J’imagine donc le tragique destin de ce lama péruvien, capturé sur les sommets éternels, aux abords du Machu Pichu, emporté à des milliers de kilomètres de chez lui, par avion, pour déambuler au mois de décembre, au milieu des tomates dans le marché de livry gargan.

Ce pauvre animal ! La vie s’est vraiment foutue de sa gueule…

 

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ZZ Top !

Il se promène dans les couloirs, repère ses proies et se jette dessus. C’est un aigle, un aigle qui cherche à dévorer la brebis. Mais l’aigle est miteux et la brebis trop forte et trop rapide. C’est un aigle décharné, ringard, nigaud, qui porte une chemise jaune pour faire original, mais qui ne sait parler que travail. Il décale des formations et des réunions pour prendre en charge personnellement l’arrivée de la petite nouvelle. Il transporte sur son épaule un énorme zizi, et semble le proposer à chaque fois qu’il parle d’un dossier, d’une procédure, ou d’une entité. Il ne se tait jamais, car le silence est d’or, et il est constamment en train d’essayer implicitement d’opérer un rapprochement qui se solde par l’échec flagrant de l’indifférence. Il passe des nuits au fond du lit, à imaginer un monde parallèle, un monde dans lequel elles veulent de lui, dans lequel il n’est pas Jean-Claude Dus mais Popeye, dans lequel il est G.O et non pas client désespéré. Il est l’homme à la bite à la main…

c’est mon banc*

[Extrait]*

Dans la grande salle qui surplombait de sa haute position le monde aux cent falaises, un homme priait, sur le banc le plus central de la cathédrale. Il avait les yeux fermés, et les luminoles qui volaient tout autour de lui témoignaient de sa ferveur et de la force de ses voeux. C’était un empathe. Alaïse s’approcha.
« C’est mon banc… »
Il s’éveilla doucement. Elle reprit avec dureté:
« C’est mon banc, c’est là que je viens me livrer. Rendez moi mon banc » il s’écarta doucement, sans hâte, sans peur:
« Veuillez m’excuser…
- D’ici, dit-elle, j’ai pleine conscience de ce qui se passe dans ce lieu de culte. Depuis ce banc, je suis plus forte contre les surprises…
- Quelles surprises peuvent vous attendre dans une cathédrale à la gloire de Gaïa?
- Croyez moi, on peut toujours être surpris. »
Elle s’agenouilla. Comme il s’était dissimulé sous cape, Alaïse ne vit pas son visage – et elle s’en moquait – il mit sa main sur son épaule, et ouvrit le contact avec elle. Elle ne le tua pas. Prise de stupeur et retenant sa réaction pour ne pas détruire l’essence vitale de cet homme au flegme si arrogant. Elle se raidit, et sembla bouillonner:
« Lâchez moi! Je ne le répèterai pas une seconde fois. »

Il la relâcha:

« Je vous ai laissé mon empreinte. Si vous le souhaitez, il vous suffira de penser à moi et vouloir me parler pour le faire…
- Je sais!
- Puisse cette prière vous éclairer, Alaïse, et prenez garde aux surprises… »
Elle ne le tua pas. Essentiellement parce qu’il s’échappait de lui une mystérieuse bienveillance qu’elle n’avait jamais perçu chez quiconque. Les empathes avaient le don de connaître un prénom en touchant quelqu’un.
Des semaines entières s’écoulèrent. Dorian, chaque fois qu’il allait prier, emprunta désormais le banc d’Alaïse, espérant entendre de nouveau la voix qui lui avait inspiré tant de curiosité. Il savait que jamais elle ne le rappellerait, que peut être elle s’était débarrassée de son empreinte alors même qu’il venait de la lui laisser, mais il se disait que peut être là, sur ce banc, il aurait une chance dans l’immense temple au culte de Gaïa, d’entendre à nouveau le son de la voix d’Alaïse, ce son qui l’avait fait sentir si vivant…

Rencontres nocturnes

Parfois, alors qu’on s’attend, comme c’est le cas toujours, à somnoler dans un train, à se perdre dans ses propres pensées dans son tram, et à rentrer chez soi, ouvrir une canette de coca zéro et remplir virtuellement un écran de lettres, de virgules et d’apostrophes, en luttant avec violence contre soi même pour ne pas ouvrir le paquet d’m&m’s, on fait des rencontres surprenantes. Des rencontres qui savent vous mettre de bonne humeur, sans que vous compreniez pourquoi, qui vous donnent le sourire, vous rafraîchissent, et vous plongent dans la certitude que ce monde n’est parfois pas si mal…

Neo-religion

 

Les événements m’ont amené à visiter récemment un lieu de culte d’un genre nouveau. Une neo-religion au sens propre du terme, remplie de ses adeptes, fervents, et réguliers, venus rendre dû sur les marches de cette cathédrale d’acier. Cette endroit irréel semblait comme un vatican inédit. Autour de l’arche, dressées comme autant de soldats au garde à vous, les tours de travail des plus gros groupes implantés en france. Et saupoudrées dans ce paysage brumeux et Asimovien, des statues modernes: le pouce sfr, en l’honneur du sms que plus personne ne peut éviter d’envoyer ou de recevoir, le visage dépossédé de son cerveau, semblant incarner à lui seul ces fidèles, actifs et comme dépersonnalisés qui évoluaient autour de cette ambiance surréaliste.

Habitué depuis trop longtemps à un monde fait de décalages, mes trains étaient jusque là toujours vides, mes promenades toujours paisibles, mes errances toujours calmes. J’appréhende désormais un nouveau monde, fait de milliers d’individualités concentrées en un but unique: servir et adorer une machine qui les dépasse, et dont ils n’essaient plus de définir la nature ou de la comprendre. Savons nous, après tout, comprendre et définir dieu? En récompense les prières sont exaucées: le salaire est palpable, immédiat, mois après mois, un peu de la gloire de cette nouvelle divinité revient aux fidèles qui croient en elle. Et comme cerise sur le gâteau, ils peuvent immédiatement jouir de cette récompense en dépensant cet argent dans un des plus grands centres commerciaux d’europe, juste sous leurs pieds, sans attendre, réinjecter dans le capital ce qu’ils auront extrait du capital. Cette mécanique, rôdée, inébranlable, a des antennes un peu partout. Comme un haut lieu de pèlerinage, qui aurait son lot de petites églises de village, l’esplanade de la défense, défendant vigoureusement une certaine vision de la civilisation humaine et de son évolution, revêt, en ces périodes automnales brumeuses empêchant de voir le sommet de ses plus hautes tours, un mystère bien réel: tout comme la foi en dieu a pu permettre de réaliser des ouvrages comme la mosquée de Kerouan, la cathédrale notre dame, la basilique du sacré coeur, ou les dizaines de synagogues de prague, la foi en l’utopie libérale et ses bienfaits sur l’homme dans nos sociétés a permis de bâtir ces constructions brillantes, qui assoment les pigeons qui s’y jettent, confondant le reflet du ciel sur les hautes vitres avec le ciel lui même…

 

Journal de Dorian

[extrait]

Les tunnels, les galeries, les mondes, les microcosmes tortueux que j’arpente tous les jours, ainsi qu’un vieux capitaine qui ne sait plus faire autre choses que prendre la mer, semblent aujourd’hui me parler. Ils chuchotent à mon oreille, tintent comme une clochette, ils me disent qu’il manque une partie de moi dans mes parcours silencieux. Il semblerait que je sois l’ombre, uniquement. La carcasse vide. Il semblerait que le goût ait disparu, en même temps qu’elle a pris un chemin que je n’ai voulu prendre…

Il semblerait qu’Alaïse me manquera toujours, que sa morsure silencieuse me brûlera à jamais. Et il semble même que me séparer de cette marque si profonde serait une douleur plus grande encore que la garder vivace.

Ces jours ci avaient été si longs. Mêlés de tout. L’écriture faisait fuir l’ennui, le désir gonflait chaque ligne, l’émotion battait sur chacune des mesures du morceau que je jouais. Elle me manquait aussi sûrement qu’un rêve qui ne s’éteint jamais vraiment mais qu’on ne trouve pas chaque nuit, aux portes de nos paupières. Impalpable, réelle et si fugace, furtive, ainsi qu’un renard dont on n’aperçoit que l’étoffe orangée, elle était mes soupirs. Dans mes nuits solitaires elle prenait toutes les formes, et elle mutait, et je l’entendais frémir jusque dans mes os, jusqu’au plus profond de moi. Elle avait cette étincelle qui brûle éternellement, elle était cette marque qui tenait bon, qui battait la mesure, tenace, au dessus de mon oeil, elle était la dose qu’on ne regrette jamais d’avoir prise…

Elle était la cause de mes soupirs, la source de mes pulsions, elle était mes désirs les plus profonds et les plus violents, elle était comme l’alcool pour un ancien buveur: une goutte d’elle suffisait à replonger pour toujours. La caresse de ses lèvres contre les miennes, le ryhtme de sa respiration haletante et si douce, il n’y aurait plus sans elle de ces instants magiques qui donnèrent à ma vie cette couleur si primaire, elle était tout.

 

Blobfish et Axolotl

Tu essaie de sonder les affres de mon esprit, alors que j’ignore moi même ce qu’elles contiennent et vers quels dangers elles nous emportent; inventerons nous quelque machine qui soit capable de s’enfoncer en soi, comme un sous marin d’aller chercher les créatures englouties sous des millions de mètres cubes d’eau… Blobfishs et autres araignées translucides qui parcourent la surface noire et incolore du sol des tréfonds, paraissant sorties tout droit de l’imagination d’un créateur aussi fou que tordu. Quelques bestioles se nourissant d’hydrogène, supportant la pression, pouvant porter sur leur dos bien plus de malheurs que je ne le pourrai jamais. Elles sont dans le fond du monde, et elles sont paisibles. Chimères aux yeux vitreux, elles ont appris à composer avec ce dont elles sont faites et traversent ces vies en quelques centaines d’années sans comprendre ni chercher. Elles sont peut être l’essence du monde, et peut être que sous elle, le noyau de la terre, bouillonnant, chaud, comme un graal insondé, caresse leur amertume et la transforme en douce torpeur…

Je rêve parfois d’être un axolotl, parfois d’être animal, vivant, épicurien, comme un chat qui appartient à un maître qui ne s’appartient même pas lui même. Régner sur le monde avec l’assurance d’un félin, persuadé que tout est immuable, et que rien ne changera jamais…

Lettre à ma tante : discours sur l’apolitisme

Hello teutan,

Je pense que tu es allée dormir, et je voulais te faire ce mail car je n’aime pas rester sur un malentendu avec toi. Je sais que l’implication politique est pour toi quelque chose d’important depuis longtemps.

Déjà je suis désolé pour mon manque de courtoisie. Je pense que je vais arrêter de me connecter à facebook, parce que je ne suis jamais vraiment totalement dispo. Ca reste vrai pour internet en général, je crois que je ne suis pas totalement de cette génération, ou que je suis trop dispersé, je ne parviens pas (plus ?) à tenir une conversation sur écran sans faire un autre truc en attendant la réponse, le ptit message ou la pop-up.

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Retiens les griffes de ta patte…*

* Extrait

Journal de Dorian, jour 4

« Je trouvai ce soir là un mystère inédit. Je trouvai que les arcanes de son esprit échappaient à ma perception. Je trouvai qu’elle ne se laissait pas lire, et instantanément j’eus envie de tout lire. Tout savoir. J’avais soif d’elle car elle était la seule qui nécessita plus d’une minute pour en faire le tour, la comprendre, la transformer et la laisser s’envoler. Elle était trop complexe, elle était présence et absence, virtuelle et palpable, elle était une anomalie dans le schéma de ma tranquille existence d’empathe. Elle ne me blasait pas, l’ennui ne venait pas frapper à la porte de mon cœur, me poussant à la fuite. Mon imagination s’agitait en tous sens, mais elle restait imperceptible. Son esprit était un fort en pleine mer, et mon empathie était la vague qui tantôt en caresse les remparts, et tantôt les frappe, l’érodant, le rendant lisse et doux, mousseux, mais n’atteignant pas le cœur de l’édifice… Je ne savais que faire sinon prendre un peu d’élan, au risque de trouver le fort un peu trop secret pour n’être pas dangereux. Aurai-je le loisir de me sentir au milieu d’un planétarium, vivant la plus belle expérience de mon existence, ou bien allai-je ouvrir une boîte de Pandore ? Le monde avait une couleur qui ne m’échappait plus, la couleur du défi, la couleur du désir, la soif… J’étais passé de l’ennui à l’intensité. J’avais en face de moi cet animal sauvage, non apprivoisé, ce renard qui n’était pas semblable à cent mille autres renards, cette rose, unique au monde au milieu du jardin des roses…

L’avenir allait être vraiment compliqué pour moi… »

Mêle toute poussière*

*Lao Tseu, Tao

Est-il possible de créer cette alchimie ? Peut-on mélanger les genres et les générations, sommes nous capables de trouver comment réunir les particules ? L’énergie que les chercheurs s’échinent à trouver, la fusion, existe-t-elle réellement ? Peut-on fédérer ? Peut-on associer les divergences et écrire un tout cohérent, créer cette formidable explosion de couleurs basée sur l’union, l’éternité, le mouvement perpétuel, ce qui semble l’essence de la nature, et n’avoir été réussi que par la nature elle-même ? Il semblerait qu’il y a du boulot ! Nécessaire, semblerait-il pour mêler toute poussière, de se dépouiller d’abord de tout. Combien sont assez proches d’eux-mêmes ? Combien n’alimentent pas leur propre tourmente, combien font l’effort d’être francs, nus à ce qu’ils sont, à leurs émotions, sentiments, sensations ? A part l’eau qui contraint par la force les particules, et qui mêle toute poussière par la souplesse et la violence, je vois mal comment s’y prendre. Peut-être est-ce la raison primordiale pour laquelle les taoïstes se retrouvent anti-Confucéens. L’art de gouverner la cité, aussi profondément sage et maîtrisé soit cet art, semble si ridicule en comparaison de ce que recherche le Tao avec la pratique si difficile à cerner du non-agir… Les inventeurs des principes d’unité, les philosophes Taoïstes et Confucéens eux-mêmes ne savent pas mêler toute poussière. Peut être cela appartient-il seulement au grand horloger…

 

Il avait goûté le baiser d’amnésie *

* Chère Alice

Elle s’était mariée presque sur un coup de tête, aussi libre en se liant qu’on l’est en se déliant. Elle était le paradoxe plein de légèreté qui lui avait fait réaliser à lui, qui la regardait elle, qu’il avait goûté le baiser d’amnésie. Qu’il se tenait devant une mer calme, aux vagues bien rangées et régulières, aux flux et reflux minutés comme une horloge Suisse; après avoir vécu la fête, les youyous, la levée des mariés dans les grandes envolées des grands palais indiens, avec les musiciens l’orchestre et cette grande salle emplie de gens venus célébrer deux êtres qui avaient pris une décision qui transformait leur vie. Ca avait un côté majestueux, grandiose, et pourtant simple…

Elle avait toujours été comme une soeur qu’il voulait protéger, et il passait désormais le relais, elle avait épousé quelqu’un qui semblait quelqu’un de bien, et ce mariage était comme lâcher un oiseau et le voir s’élever, haut haut, dans le ciel…

Elle était tout en blanc, elle était belle, et se dégageait d’elle une fraîcheur absolue. Elle semblait avoir toujours grandi à l’ombre de la lumière, et son bonheur était aussi palpable que l’était l’acte qu’elle avait choisi d’accomplir. Lui, au milieu de la foule, frappant dans ses mains, souriant, se surprenant, comme toujours, de la manière dont les moments de l’existence vous en apprennent plus sur vous même que les plus longues et tortueuses paroles. Il était serein, teinté d’un bleu-nuit mélancolique et pourtant si simplement construit. Il savait qu’il n’avait pas pris cette route, mais ne regrettait pas ce monde qui n’était pas le sien. Ici, au mariage de son amie, il célébrait un bonheur naissant, en même temps qu’il pensait à sa propre résurrection, à son désir de création, à cette naturelle pulsion qui semblait vouloir le mener au delà de lui même, vers les contrées les plus lointaines… Il ne savait pas si un jour elle assisterait à son mariage à lui. Il savait être loin de cela. « Peut être » se disait-il « quand j’aurai noirci assez de pages, la verrai-je apparaître au détour du cahier ».

Il lui sembla, en cet instant, qu’il trouverait un jour la formulation parfaite, la parfaite et incisive beauté, la phrase magique, qui transcende, qui amène vers un jardin qui s’il n’est pas l’Eden, se rapproche de sa copie la plus parfaite…

La route était là, et il y marchait seul, le sourire sur les lèvres, les mains dedans les poches, écrivant dans sa tête les pages de sa vie…

Forgeron de sa propre existence…


Se construire, battre le fer, modeler les arcanes de soi, et réaliser dans cette quête que l’autre souffre, vous regarde monter ce chantier au milieu des pelles, des clous, des vis, des planches de bois, et n’est pas concerné par ce projet d’envergure. Je n’assume pas. Je n’assume pas de blesser l’autre, fut-il en partie responsable de ses douleurs, je n’assume pas d’avoir part dans le mal être d’un être…

Comment se forger en se préservant des conséquences douloureuses qui pourraient survenir lorsqu’on prend dans ses bras quelqu’un, mais qu’on au aussi en tête de monter cette grande croix de bois qu’on a vocation ensuite à porter toute sa vie. Comment expliquer qu’on puisse parfois préférer l’écriture, la construction du monde (le nôtre et celui qui nous entoure) mais que ça ne veuille pas dire qu’on soit indifférent ? Comment ne pas être bouffé par sa propre sensibilité ?

Comment associer tous ces éléments antinomiques, comment rendre le monde coloré si les événements les plus inattendus surviennent comme une grande vague de 10 mètres, et vous envahissent de mélancolie ? Il est dur d’être forgeron de sa propre existence, car cela doit nécessairement impliquer une solitude difficilement supportable…

 

Tendance à tout exagérer…

Le matin est sur-réaliste, trop difficile de se lever, trop difficile d’aller se botter le cul, la moindre épreuve devenant une épreuve. On se croit parfois le matin dans fort boyard, on croit affronter les salles successives, et pourtant tout cela n’est rien. Hormis les bénéfices que l’on retire de ce que l’on entreprend, il n’est rien d’autre qui soit jouissif que la création, que le fait même d’entreprendre. Que restera-t-il à raconter quand nous aurons 80 ans? Quand, assis sur nos fauteuils électriques, nous fêterons avec l’autre nos noces de chêne? Quelles anecdotes sinon celles qui arrêtent le temps, sinon les années de galère, de colère, de lutte, de travail, et ce qui en aura naturellement surgi. Au sommet de nos montagnes, nous ne serons fiers que de deux choses: s’être battus et les avoir franchies. Le reste c’est gnognotte. Si nous ne luttons pas, si nous ne franchissons pas, nous végèterons plus tard sur les cendres de l’inachevé, de l’inaccompli, du foirage, du « si j’avais eu plus de chance »…

La colère des anges…

La destinée parfois vous met face à des anges. Et ces anges vous transforment, ils vous montrent un paradis qui vous semblait inaccessible, vous font entrevoir ce qu’est l’intemporel, vous donnent une raison de poursuivre votre vie, vous prouvent par leur être tout entier que « ça existe », sont votre voix intérieure, votre souffle, votre force, et ces anges vous restent même après qu’ils s’éloignent, semblent motiver le reste de votre existence, semblent être devenus les moteurs en vous, semblent une partie de vous…

Les anges sont comme le loup qui est en Fitz dans les bouquins de Robin Hobb. Les anges sont comme le souffle glacé de l’hiver, juste après l’été, celui qui vous fait aimer le changement, celui qui semble vous dire « prépare toi à affronter le froid » celui qui a sans doute inspiré « l’hiver vient » de J.R.R Martin.

J’ai rencontré un ange, autrefois ;

C’était il y’a longtemps, il y a si longtemps…

Et pourtant la jolie cicatrice, toujours vive qu’elle m’a laissée bat en moi comme le faisait déjà mon cœur. Je porte les stigmates heureux de son passage dans mon existence. Elle m’a donné vie, elle m’a donné naissance, elle m’a inspiré, et c’est à travers elle que j’atteins (que je cherche à atteindre) quoi que ce soit.

Comme un fantôme qui ne mourra jamais, j’ai rencontré un ange aujourd’hui en colère, et la colère des anges a la forme terrible d’une pluie d’été :

Elle est blanche, violente, lumineuse, elle semble le mouvement de dieu, l’élan de lumière qui s’abat sur le monde, la colère des anges, si on n’en est la cible, est majestueuse, magique, déployée dans un ciel grisâtre, pour le changer en intense révélation.
J’aime un ange, et sa colère me transperce, j’ai mal pour un ange qui souffre, et ce n’est pas juste. Peut être, malgré elle, malgré moi, ne se laissera-t-elle pas apaiser. Mais je ferai ce que toujours j’ai su faire : avoir de l’espoir en lieu et place du monde.

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L’éveil des consciences ?*

* le soulèvement des masses

Mon pessimisme heureux a tendance à surprendre. Rien n’a grande importance à mes yeux, tout est d’une absurdité indéniable, et il me semble que la clé du bonheur réside dans le dépouillement de tout ce qui n’est pas soi et qui est crée artificiellement. Mais la germe de l’espoir a poussé en même temps que l’idée a été plantée en moi qu’existerait peut être l’éveil des consciences. Alors j’ai pensé à ces consciences étouffées par la télé, par la démagogie, par la consommation, comme enchainées, mais je ne les percevais plus après réflexion comme ces âmes stupides, s’abreuvant ainsi que des cochons de tout le porridge qu’on puisse leur donner; je voyais désormais des âmes n’étant pas complètement éteintes malgré le porridge, des âmes comme brûlantes au fond d’un feu qui pourrait un jour entrer en éruption ainsi que l’ont fait les volcans islandais. Le verre à moitié vide devient à moitié plein. L’image claire d’une flamme enterrée mais qui ne s’éteint pas, la vision limpide d’un mégot écrasé mais qui provoque tout de même un feu de forêt. Peut être… Peut être que le rapport de 10% de personnes possédant 90% de richesses ne suffira pas à faire taire la masse silencieuse éternellement. Peut être que les 60% d’abstentionnistes ne sont pas résignés mais dormants et décus, peut être que 2012 n’aura pas lieu en 2012, ni en 2032, ni même jamais. Peut être que tout le monde ne gobe pas le 11 septembre, que tout le monde ne pense pas que c’est très bien comme cela, et peut etre qu’il reste un aiguillage avant le fossé vers lequel le train que nous avons pris fonce à toute allure. Reste à savoir ou est l’aiguilleur et comment le réveiller…

Car il est évident pour moi que ni notre démocratie, ni notre propension à faire du syndicalisme ou du bénévolat ne suffiront encore. Peut être que les artistes, les littéraires, les objecteurs de conscience seront la voix du monde de demain, et il est probable qu’à l’image de kaddhafi, ben ali, bagbo et autres fuyards, nos dirigeants aussi, avant de plier baggage, détruiraient ce qu’ils pourront détruire. Car si l’espoir revient, reviennent avec lui les constats les plus pragmatiques : l’entreprise est d’envergure, les hommes ne sont pas fédérés, et par quel bout doit on commencer pour faire prendre une révolution, comme on fait prendre un barbecue ?

 

What i s love (part 3)?

Habituellement, j’observe le monde. Le train est mon camp d’entrainement sociologique, c’est là que je fais mes classes; les visages figés me parlent, témoignant, malgré eux, malgré le masque du mutisme affiché, des stigmates de la vie, que chacun affronte à sa manière. Et aujourd’hui je m’interroge. Le pourcentage de femmes accompagnées par des connards, est tellement élevé, qu’il ne peut être un phénomène naturel…

Cette jeune demoiselle, que j’appercois au détour d’un trajet, par exemple, n’est pas heureuse. L’homme qui l’accompagne est nettement pas sympa, regarde de travers ceux qui regardent l’élue de son coeur, sa « moitié ». Il a un visage de fouine, et elle un visage d’ange, elle a un sourire simple, lui fourbe et immature, enfin il perd ses cheveux, alors qu’elle est si belle. Mais les voici ensemble. Ses grands et beaux yeux, inconsciemment, trahissent ce qu’il y a dans son coeur: une détresse inassumée, alors que lui, tel un lion dans la jungle urbaine, semble attendre une occasion de rugir, surtout contre elle…

Alors je m’interroge sur ce qu’est l’amour. Et je parviens à l’idée que c’est la probable conjuguaison du moment et de la (mal)chance. Le désir d’amour, c’est l’émulsion chimique produite avant tout par la torpeur de la solitude. Qui sait ce qu’est aimer? Comme nous semblons concus pour ne pas supporter de nous retrouver seuls, ou bien que nous sommes lâches, sinon inaboutis, nous sommes désespérés par cette solitude pourtant si salvatrice. Alors nous nous hâtons de rencontrer les femmes, et elles n’ont de hâte qu’etre rencontrées par les hommes. Et ce n’est pas, lorsque je suis avec une nouvelle conquête, parce qu’elle est mon âme soeur, parce que je lis en elle comme en un livre ouvert, parce qu’elle m’apaise d’une caresse, ce n’est pas parce que c’était elle, parce que c’était moi, non! C’est plus bête que cela, moins noble, moins glorieux!

C’est avant tout parce que je l’ai pécho au bon moment: au moment où elle refuse de réfléchir, cherche une échappatoire, et la trouve dans les bras velus et pleins de sueur d’un homme médiocre, sinon méchant. La pomme magnifique et délicieuse était si haut perchée, qu’il n’eût jamais pu se hisser dans l’arbre, avec sa grosse bedaine, sans se casser la gueule, les dents le cul, pour renoncer enfin, et prendre un fruit pourri, un rat crevé, une « charogne infâme », en bref quelqu’un de sa valeur. Mais voilà, les pommes tombent des arbres, et il suffit alors pour certains qui passent là, de se baisser, de ramasser, et de savourer ce doux fruit…

La femme est une pomme, et l’amour est juste le moment ou elle tombe sur la tete de celui qui passait. Il peut être un cafard, un soldat, un voyou; quand elle est déséquilibrée (et c’est souvent!), elle choit, et c’est au petit bonheur de celui qui la recevra sur la tête; cette loi est vieille comme Newton!

 

L’agonie du vieux ballon *

*Le ballon d’eau chaude est mort, longue vie au ballon d’eau chaude.

Comme on dit d’un malheur, il n’arrive jamais seul. Ainsi qu’un roi qui traîne derrière lui les crevards de sa cour, un malheur traîne toujours derrière lui son cortège de petits malheurs. C’est une forme de purge, un peu comme quand on a mangé un truc pas frais, et que le corps vous en nettoie par tous les moyens que l’on peut imaginer…

Après une intoxication alimentaire due probablement a une poêlée de légumes mal congelée par Carrefour, c’est un fusible qui saute à la maison. Mon corps nettoie mon corps, lui faisant évacuer tous les résidus de stress qui pouvaient lui rester encore, et ma maison nettoie ma maison. Car ce fusible n’était relié à rien. Toutes prises fonctionnaient, toutes lumières s’allumaient et tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce n’est que trois jours plus tard que s’insinue l’horrible vérité: il n’y a plus d’eau chaude, c’était le fusible de l’eau chaude…

Alors viennent les réparations et le prix qu’elles coûtent, et se lever tôt pour acheter un ballon neuf, et le monter sur 4 étages, et l’épreuve pourtant, n’était ni laborieuse ni compliquée…

J’en ai  vu tellement d’autres que changer ce ballon était comme tourner une page, comme supprimer d’un bloc ce qui me reliait encore à mon ancienne vie. Aussi bête que ca puisse paraître, il est des phases dont on est vite guéri. Il est des moments où l’été qui succède à l’été est  une réelle euphorie…

Je me sens comme le patron de la société post-it, cet été, pendant la guerre éponyme

Et je comprends plein de choses. Je comprend surtout que j’ai passé un cap, que bien que je ne m’y sois pas du tout attendu, je suis fort, très fort, et que mes fondations sont tellement solides que je suis déjà prêt à une autre bataille, et à d’autres frissons. C’est le temps de ma vie durant lequel les malheurs et leurs cortèges de galères ne me font plus rien, s’ils m’avaient jamais atteint.

Comme les balles qui rebondissent sur le cuir insensible de king kong, les difficultés sont des cure-dent lancés par de tout petits guerriers, tandis que je me sens l’envergure d’un géant!

 

Introspection…

Pourquoi faut-il toujours aller dans les déserts américains pour faire une introspection?

Ma rue est propice. Animée, agitée, le jour par les commerces et le marché, la nuit par les hommes des rues, ivres et incohérents. Les RER valent la route 66, les couloirs du métro valent les plaines de la Pampa. Nul besoin d’aller à moto pour trouver qui l’on est. La carte orange comme unique compagne, fidèle, en poche, toujours si proche…

Paris est vaste, paris a ses soupirs, paris respire la mélancolie nécessaire au questionnement de soi. Entre la tour Eiffel, Montmartre, et Saint-Michel, on a le temps de se retourner vers soi. Dans le ventre de la cathédrale notre dame, respirant le même esprit-saint que trois cent allemands et six cent japonais, arpentant les terrasses de bistrots, on trouve en soi ce qui est caché de prime abord, et pourtant si présent quand on regarde bien. Pas besoin d’un désert, pas besoin d’une Harley, ni de sa Davidson. Besoin de personne; c’est ainsi que je me suis vu moi même, au détour d’une rue parisienne, me saluant, me souriant, me disant : « continue, tout est en bien ». Et j’ai soudain compris qu’en cet instant, tout n’était qu’ordre, et beauté!

 

L’été s’en vient, après l’été…

Je travaille à ce morceau:

“ I heard there was a secret chord / That David played and it pleased the lord
But you don’t really care for music, do you / Well it goes like this the fourth, the fifth
The minor fall and the major lift / The baffled king composing hallelujah”
()

 

Il est des moments, parfois, dans lesquels on avance à la mesure des accords du piano que l’on joue, inlassables. Il est des moments ou apprendre une chanson devient une route vers le salut, devient l’essence de ce qu’on est ; il est des temps au cours desquels les paroles vous caractérisent, et vous devenez, l’espace d’un instant, la création même. Empli de cette énergie si forte d’aller vers l’avant, cette énergie si forte qui n’a pas disparu, qui, simplement, s’était tue, tapie, au fin fond de soi, et qui ressurgit, vous faisant peur, vous faisant voir la lumière vive de la vie et son jaillissement…

Les seigneurs de Winterfell ont pour devise « l’hiver vient » mais il est des temps ou l’été s’achevant, un été lui succède, qu’importent les saisons…

« Dieu s’est fait pain »

Au détour d’une discussion sur la religion en général, et la consubstantialité en particulier, j’ai entendu cette phrase surréaliste (et pourtant très sérieuse): « Dieu s’est fait pain ». J’ai eu envie de comprendre.

La sentence concerne Jésus, pain de vie, et la pratique de l’eucharistie dans les rites catholiques; l’eucharistie est un rituel qui consiste, en général en fin de messe, en une communion avec Dieu (dont Jésus est part consubstantielle) dans la consommation du pain (sous forme d’ostie) et du vin (le sang du christ).

De manière très sérieuse, un chrétien considère qu’ingérer l’ostie, c’est ingérer dieu, s’approprier une part de son énergie céleste, et communier ainsi directement avec le seigneur.
D’un point de vue théologico-scientifique, il s’agit de considérer que les molécules du pain, au moment de l’eucharistie, se transforment en molécules divines en quelque sorte (corps et sang du christ), palpables, physiques. A partir de là, les nombreux croyants qui, au fil des dimanches, ont consommé semaine après semaine une ostie, se sont divinisés de manière concrète, autrement que par la prière et le cheminement spirituel: ils l’ont fait par le phénomène qui s’appelle la transsubstantiation (conversion d’une substance en une autre).

Evidemment cette transubstantiation laisse aux aliments leur apparence et leur goût de pain et de vin. Il n’est pas question, au moment de mettre l’ostie dans sa bouche, de se retrouver avec un lambeau de chair décrépit difficile à machouiller et porteur de bactérie vieilles de 2011 ans proprement indigeste. Il n’est pas question non plus que le goût du vin prenne cette saveur ferreuse chère aux vampires de france et de Navarre; il n’a pas non plus une saveur de vin de 2011 ans (cela vaudrait pourtant une fortune sur le marché de l’oenologie). Le divin est bien fait, car la transsubstantiation se fait sans aucune différence avec la consommation normale du pain et du vin traditionnel, de marque Carrefour, Auchan ou Baguépi.

A partir de là, il est impossible de savoir quand a lieu la transsubstantiation. On part du postulat que c’est pendant l’eucharistie, mais ça peut aussi bien être dans un moment Nutella ©, aucun réel moyen de le déterminer.

Peut être le pain de boulangerie opère-t-il cette métamorphose au nez et à la barbe de tous, et manger un bout de pain, ou boire une piquette comme le beaujolais pourrait donc s’avérer une méthode de divinisation tout à fait cohérente; considérant cela, l’image la plus réaliste que vous puissiez vous faire de dieu (qui a fait l’homme à son image) se trouve au troquet du coin devant un énième verre de Bordeaux.

J’en conclus donc, et je m’en doutais déjà un peu, que les brèves de comptoir sont la parole de Dieu!

J’en veux pour preuve cette phrase de pilier de bar, qui est pleine de bon sens:
« Le monde est tellement con, on dirait que c’est moi qui l’ai fait ! »

Longue est la route par le précepte, courte et facile par l’exemple. *

* titre: Sénèque

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Il fronce les sourcils, lève la tête, regarde vers l’horizon, et y va. Son baluchon sur l’épaule, il marche, laisse derrière lui ses illusions, emporte avec lui tout ce qu’il a, son courage, sa force, sa ténacité, et se remet, mieux qu’il aurait cru en être capable. L’avenir est pour lui une porte ouverte, lumineuse, salutaire, une marche qui au lieu d’être funèbre porte les stigmates d’un bonheur futur dont il ignore tout mais qu’il sent palpable et accessible, tout près, comme un rêve qui se concrétise.

Il est comme l’arbre qui a survécu à l’hiver, il ne lui reste qu’à pousser, et le temps s’approche où il sera totalement accompli. Les murs ont tremblé, mais les fondations sont fortes, le bâtiment a tenu malgré les embruns, malgré la violente grêle (sorte de pluie paranoïaque) qui s’est abattue et qu’il a du combattre…

Son univers est là, qui n’attend plus que lui, et lui est là qui n’attend plus que mettre en chantier les derniers remparts encore branlants de sa vie, de sa pensée de sa philosophie. La vie va lui apprendre encore, mais il sent qu’il est prêt à son tour à enseigner. Il n’y a pas de règle, il n’y a pas de situation unique, il n’y a rien qui soit identique, il est franc, il est en phase, aligné à lui-même, il en sait plus qu’on pense, et cela lui suffit, il n’a pas besoin de le dire, de le crier à la face du monde, il n’a pas besoin d’assouvir de vengeance. Il a réussi son pari. Il n’a pas de haine, il n’a pas de colère, il veut juste tracer son chemin, sans utiliser sa machette s’il n’en a pas besoin, il veut voir le monde à sa manière…

Il ira seul sur les sentiers de terre, par delà le visible, et cela sera bien !

Mon monde de couleurs…

 


Un mur solide, qui me soutient, et lutte contre l’obscurité qui envahit l’espace et tente de tout bouffer. Mais je dois être plus fort que ça. Je tâche à son image d’être solide, et j’y arrive plus que je l’aurai cru ; je suis entouré par ces figures bienveillantes, bien plus que je l’aurai pensé ; et même si ces nuages sont une épreuve violente, ils ne me tueront pas. Mon avenir se dessine sur un horizon qui très étrangement n’est pas si flou… Etrangement !

Le destin me demande soudain de lui montrer qui je suis. Il me demande soudain, sans m’avoir préparé, d’affronter mon pire ennemi : mon imagination, mes principes, mes rêves, mes illusions… Moi-même, en fait ! Etre son propre adversaire, osciller comme une poulie sur un câble vieilli.

Il y avait Socrate qui buvait la cigüe, et qui devait croire en lui malgré tout, en l’autre, aussi malgré tout ; il y avait Sénèque qui reçut un poignard comme cadeau du prince, dont il n’était définitivement plus l’ami, alors qu’il l’avait chéri tellement.

Tout ce qui reste au philosophe, lorsque le monde lui tourne le dos, c’est la cohérence. C’est le devoir certain d’appliquer ce qu’il a toujours défendu, d’être fort autant qu’il a demandé aux gens de l’être, et de croire encore à tout, de croire encore à ses propres paroles, même lorsqu’elles partent en fumée, du moins en apparence. Et il le fait. Aussi difficile soit-il de joindre les actes à la parole, il est une différence fondamentale entre la fierté et la futilité. Il est qu’au moment de flancher, on aille de l’avant, encore plus vite, et encore plus fort… Ce n’est pas quand tout va bien que la vie est compliquée, pas quand la mer et calme, que l’on se plaint du navire et qu’on doit dire au monde qu’on a le mal de mer. Il fallait même, alors, ne pas choisir le métier de marin. Et si j’ai mal compris, et si je n’ai pas vu, l’erreur alors venait de moi, et c’est à moi seul que je dois mon sort, et aussi mon salut.

Ainsi se dessine, dans un optimisme qui est pourtant tellement extérieur à moi, et qui ne compense pas pourtant la lourdeur des nuages, le plan de ma future existence. Je pars à Bucarest, comme ça, sur un coup de tête, pour fuir un peu, pour me prouver un peu que je sais partir seul, que je sais être seul. Les voyages, en ce monde, sont les moments uniques de ma vie dans lesquels je me sois jamais senti totalement en paix ;  des portes vont s’ouvrir, au prix de la sérénité du cœur et de l’esprit. Je me destine à l’écriture comme d’autres à la prêtrise, ce n’est plus maintenant qu’une certitude absolue, qui devient presque facile : le voile clairement se lève devant mes yeux pourtant si éblouis par la douleur du flash… Le moyen même m’est apparu entre deux mauvais rêves par une nuit désastreuse, un soir pluvieux, au milieu de rien.

Quelques clichés dans un vieil entrepôt, quelques larmes, un peu d’informatique, et me voilà représenté par une image qui qualifie tellement bien mon chemin dans cette vie. Le mur n’est pas assez haut, pas encore assez classe, pas encore assez coloré, mais il l’est tout de même, et c’est le mien, et c’est celui qu’un jour ou l’autre on acceptera. Le mur et le mec assis dessus feront leur place et s’imposeront, et il sera bâti si haut qu’on ne verra plus ma tête, qu’il couvrira l’espace si bien que les nuages ne pourront rien lui faire que sembler ridicules…

Le Noctilien et le fly-tox

Il se trouve que des concours de circonstances, qui ne sont en réalité jamais vraiment dus au hasard, modifient vos soirées de manière plus qu’inattendue…

Lorsque vous vous trouvez à 3h00 du matin à bord d’un Noctilien (nouveau nom du Noctambus, que je trouvais d’ailleurs beaucoup plus poétique), c’est que quelque chose a capoté dans la vision espace-temps que vous pouviez avoir de vous même, et du jour présent, en vous levant le matin…

C’est un peu comme un type qui va à la banque, et qui se retrouve dans une prise d’otages. Il était peu probable qu’il eût envisagé cette hypothèse au lever, en buvant son café, en se rasant avec un gilette trois lames, puis en mettant sa cravate à 50 euros.
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Plus banal et raciste, qu’un poster banania dans la cuisine…

Le sentiment nationaliste retrouve encore de la vigueur. Avec un président en fin de mandat qui ne sait plus quoi faire pour récupérer des voix, avec la banalisation du racisme, avec une stigmatisation électoraliste de populations que personne ne connaît, n’a envie de connaître, où d’écouter, nous avons atteint un paroxysme post colonial comme ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu…
Une partie des Français est devenue plus banale qu’une pub Banania accrochée dans la cuisine, et plus raciste que le slogan qui va avec. On est arrivés avec l’arrivée au pouvoir d’une « monarchie démocratique » (j’ai piqué cette expression dans un article du courrier international) au sommet de la dégueulasserie. « Un bon candidat, un mauvais président » disait je ne sais plus quel journaliste, et il a raison.
Petit, sans envergure, rongé par les tics, les trucs à prouver,  dévoré par l’ambition, le bling bling, incapable de parler un français correct, limpide, de s’exprimer sans faire de fautes, nous nous retrouvons avec quelqu’un qui a divisé par quatre la classe de Miterrand, et par deux celle de Chirac…

Sous Chirac on regrettait Miterrand, et sous Sarko on en vient à regretter Chirac. Ce qui rend insupportable le personnage qui nous gouverne n’est pas tant sa propension à mentir au peuple français, à lui donner l’impression vivace d’être une merde, que son manque permanent de discrétion et de simplicité. Comme un tyran qui vous opresse avec les flics et avec l’armée, et qui vous fout sa photo sous le nez partout, que ce soit au resto ou chez le coiffeur (attitude Benaliste) cet homme vous oppresse avec les médias et l’arrogance de son discours tantôt indécent, tantôt insultant, tantôt populo-raciste, si c’est nécessaire à ses objectifs…

Il n’a rien à envier au Kadhafi qu’il défie aujourd’hui, (alors qu’il l’a reçu en grande pompe à l’Elysée hier), pour des ambitions affichées, et visibles : tout est purement électoraliste mais il y a une manière de le faire…

Quand on transige avec les porcs…

J’ai connu des gens qui transigent avec les porcs. Attention, je ne parle pas du noble animal (pas moi l’autre) illustré ci dessus, mais bien de ces personnes qui, mues et émues par l’ambition et le charisme inatteignable du porc qui s’est hissé au sommet de la porcherie, va dans son sillage:

« Ou tu vas?
- Traiter avec le roi des porcs…
- T’es sûr de vouloir faire ça?
- Bien sûr, imbécile!! »

Et vient alors la désillusion. L’air est vicié, les cadeaux aussi. Le monde qui est fait de rêves, d’intentions pures, de douceurs, d’amitiés, de collaborations fraternelles n’est que celui que vous créez. N’attendez pas d’un porc qu’il vous offre des fleurs, n’attendez pas d’un lion qu’il ronronne à vos côtés.
Le manège a commencé. Le défilé des porcs et leur cortège de rats vient de monter sur scène, chacun son numéro, et vous devrez voter pour lequel décidera de votre piètre destinée…
Je laisserai la politique aux politiciens cette année, et je croirai en moi, plutôt que croire en eux!

Qui est Jean Brut?

Je suis tombé sur une publicité, dans la rue, de bon matin, que j’ai eu du mal à comprendre…

Je me suis demandé qui était ce Jean, qu’on qualifiait d’indémodable?
Le paysage audiovisuel français ne comporte pourtant personne qui lui ressemble (à part peut être Anthony Cavanagh, qui pour le coup est bien démodé).

Je ne crois pas que la publicité manque de pertinence, à mon avis j’étais juste fatigué, à 5 h du matin, sur le quai de mon tram!

Y’en a qui peuvent *

*(suite de la suite)

- mettre du Nutella dans le frigo
- avoir un fond d’écran EDF sur leur ordinateur personnel
- ne pas faire la vaisselle et avoir de la mousse et des pousses de plantes dessus
- acheter une télé cathodique dans une brocante
- se bousculer pour faire une photo avec François Hollande
- être fans de Coluche et voter à droite
- mettre des boules quiès dans une bibliothèque
- boire le jus des haricots verts en boite
- mettre des tongs en hiver
- négocier au restaurant
- regarder vivement dimanche ET vivement dimanche prochain
- mettre des tongs avec des chaussettes
- regarder un porno avec leurs parents
- mettre du vernis à ongles bleu ou vert
- chier chez les autres

Tunisie

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La Tunisie est pareille à ce qu’elle était. J’ai pris un coup de vieux. Mon village est le même, mes oncles ont dix ans de plus, et une révolution est passée sur le pays. Une révolution qui laisse aujourd’hui derrière elle une liberté quasi naturelle. Comme si 20 ans de dictature et de silence n’avaient jamais existé, les gens parlent de tout cela comme si cela faisait déjà cinquante ans, comme un événement historique lointain, qu’on a appris autrefois à l’école…
Si la population n’a plus peur, les touristes après les événements, ont le trouillomètre à zéro. Du coup les tunisiens survivent. Le tourisme a pris un coup dans la gueule, les visiteurs désertent Nabeul, Hammamet, et Sousse, les prix des souvenirs, dans les boutiques, dégringolent, et les vendeurs espèrent (ou prient pour) que la saison entière ne soit pas ainsi.

Sur l’avenue Habib Bourgiba à Tunis, une ébulition palpable, des tanks au milieu de la rue, comme pour montrer que le pays a retrouvé son oxygène, des tunisiens qui arpentent la place, des terrasses pleines des locaux, qui flânent, en ce début de saison estivale.
Les peuples reconstruisent leurs avenirs et leur vies, et la terre continue de tourner. Moi, égoïstement, j’ai retrouvé mes racines, j’ai revu les montagnes, cueilli le thym et le romarin, et observé que le printemps, comme à chaque fois, se moque bien des histoires des hommes, et bourgeonne de vie et de simplicité.

Le charisme du winner

Voilà la culture qu’il faut apprendre à développer. Voilà ce que le néo-libéralisme moderne cherche à obtenir de tous : le charisme du winner. L’œil du tigre au fond de vos yeux, le menton relevé, la mine déterminée, vous devez être prêt à entrer dans l’arène, à fouler au pied le sable du Colisée, à regarder dans les yeux votre adversaire, et à lui dire « je te bouffe pour mon petit dej ».
Voilà le tempérament qu’on attendra de vous lorsqu’on aura décidé de vous donner votre chance. Voilà ce qu’il faut être aux yeux de tous, voilà l’essence de l’ascension sociale, voilà le vrai secret enfin dévoilé. Il faudra s’employer à employer tous les moyens, pour faire ployer le moyen…

Car on ne peut se permettre, dans un monde ultra-libéral et mondialisé de garder des moyens. Le moyen, ça coûte cher. Le moyen, c’est celui qui veut un salaire sympa, des horaires sympas, des loisirs sympas, le moyen, c’est un connard. Il ne connaît pas la cause, il n’a pas d’ambitions, le moyen n’est pas celui qui ploie, le moyen devrait comprendre que la concurrence nécessite plus d’efforts que des efforts moyens. Mais le moyen, jamais, ne sacrifierait son dimanche. Sous prétexte qu’il est sacré…
Le moyen compatit aux malheurs du Japon, alors que le Japon, c’est le plus fervent acteur de notre déchéance. Le moyen n’a conscience de rien, et il est de bon ton de l’insulter comme on veut, il est de bon ton de le déconsidérer, de le « placardiser » le moyen est trop moyen pour s’élever plus haut que le genou du bon.
Dans la hiérarchie professionnelle sociale, vous avez le mauvais, le moyen, le bon et le très bon. Le mauvais devient moyen, le moyen ambitieux devient bon, quand au très bon, c’est une élite. Le très bon bénéficie de tout ce que veut le moyen (loisirs, temps libre, argent et vacances) mais il est respecté pour cela. Quand le très bon va quelque part, on lui déroule un tapis rouge, et s’il coupe des têtes, on est ravis que ce ne soit pas la sienne, et si c’est la sienne, on n’a plus le pouvoir, les moyens techniques ou la force de lui en vouloir.

Le roi de l’arbitraire, le charisme du winner, c’est ce qui est nécessaire à un homme parmi d’autres dans un monde absurde, qui veut que dominent la cruauté et la sournoiserie.

Notre président, chef de file de ce qu’il croit être le graal, est à la tête d’une montagne de merde, sur laquelle il trône avec la fierté du coq, persuadé d’avoir tout compris, alors que des gens, parfois, ni moyen ni élites, en dehors du système, le voient tel un fantoche, s’agiter sur son siège, et se disent que le monde est quand même bien malade…

De mon petit village…

Et voilà que s’approche la date d’un grand départ. Les lieux me seront à la fois bien connus et tout étrangers. Je retourne à mes origines, je vais dans le pays qui m’a fait pousser, je vais puiser dans la terre qui sait nourrir les vignes et puis les amandiers, qui fait les figues de barbarie, les mûres et les cactus.

Voilà neuf ans peut être que je ne suis retourné là bas. Et en neuf ans peut être, j’en ai l’expérience, tout change. Les hommes vieillissent, les enfants grandissent, et les saisons se succèdent bien des fois.
Neuf ans et une révolution après, la maturité de mes 28 ans, en lieu et place de mes souvenirs d’enfant, et une route goudronnée en lieu et place du sable et des cailloux. Neuf ans et une révolution après, l’eau courante et l’électricité, le confort moderne, mais peut être, peut être, les montagnes n’auront-elles pas changé ?
Il me vient ces quelques vers à mesure que je repense à autrefois :

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

La réponse est jamais. Je vais vers des lieux qui ont grandi, comme moi. Nous n’irons plus à la fontaine pour chercher l’eau, en plein cagnard, nous n’irons plus en bus à la mer, et nous n’irons même plus en été.
Il fera beau, c’est le printemps, et un vent nouveau, que je n’ai jamais vu, viendra je l’espère  effacer sur ma joue les larmes de la nostalgie…

Histoire d’un mec…

C’était le printemps. On avait changé d’heure, il était donc minuit, au lieu de 23:00.
Et a minuit, quand on prend le tramway, quand on est baladés à travers les rues de banlieue, on a le temps de penser…
Retrouverai-je un jour, ailleurs, en d’autres lieux, en d’autres temps, au delà de tout, cette électrique tranquilité? Et puis pourquoi suis-je fait? Quelle est ma destinée? Je partage un carosse (aux couleurs crème et mer, taggé, qui annonce souvent les stations qui jour et nuit le voient toujours passer) avec des toxicos, des alcolos, des ouvriers. Je suis un témoin invisible, l’oeil plus qu’inquisiteur de toutes vos destinées…
Quel est mon potentiel? Je ne saurai le deviner. Il était tard et ce soir là, comme à mon habitude, je cherchais. Quoi? Je cherchais quoi? Les clés de qui j’étais? J’essayais à loisirs de me réaliser, mais le doute frappait à ma porte, comme un ami collant, dont on ne peut se débarrasser, comme un témoin de jéovah…
L’histoire de ce soir, c’est mon histoire à moi. Celle d’un mec (c’est l’histoire d’un mec) au milieu des rues de banlieue, perdu au fond de lui même, ne sachant où marcher, et qui parfois se dit qu’il aurait mieux valu être  bête, éméché, plutôt que torturé, et qu’à se perdre soi, mieux vaut perdre ses clés…

Lorsqu’il vous dira non, vous perdrez bien du temps à forcer le destin…

L’univers vous parle. A sa manière, avec ses mots. Il vous indique parfois la route à suivre, et parfois celle à ne pas suivre. L’univers chuchotte les bons conseils…
Seulement il est des fois, mus par l’obstination, ou par des sentiments qui ne sont pas les bons, et qui souvent vous sont dictés par la raison, que l’on n’écoute pas l’univers…
On est alors freinés dans notre élan, un élan créateur, une euphorie, freinés par des parasites, des sons étrangers, des importuns…
Il y a une méthode: comme sur une vieille radio avec un gros bouton, il faut tourner, tourner, et changer la fréquence, jusqu’à entendre une voix mélodieuse et limpide, claire… Et puis c’est elle alors qu’il faudra écouter!

J’ai une bonne carcasse…

Les épaules carrées, solides, on peut s’appuyer sur moi. Je rend les mêmes services qu’un pied de chaise…
Bon conseilleur et bon payeur, invisible au delà de ma fonction de filtre entre les gens et eux mêmes. Je suis né avec cet absurde super pouvoir de décoder les situations, les impulsions et les gens…

Et j’ai une bonne carcasse…

Mais avoir une bonne carcasse ne signifie pas que les choises soient faciles. En apparence peut être, en apparence. Une écriture en germe, une personnalité intérieure que personne ne voit. Personne ne voit ce qui bouillonne, comme ça va vite, comme je retiens les choses, comme j’absorbe… Ainsi qu’une pierre de mémoire, ainsi que les murs d’une vieille maison où se sont succédés les joies et les malheurs. Tout est parfois si limpide, et tout soudain si flou!

C’est comme une boule de granit, ronde, et de deux fois ma taille, brute et rugueuse, que je pousserai toujours devant moi, et qui m’importerait plus que moi même, et qui serait mon véhicule, mon moteur, ma force et mon bourreau.
Et cette boule de granit est comme une boule de neige, elle grossit à vue d’oeil, à mesure que j’avance…

Le hasard de la quête

La route que l’on suit, les gens que l’on rencontre, les phrases que l’on prononce, c’est parfois l’ego trip, on dit « moi je… ».
Et parfois c’est plus noble, ca dépasse tout ca transcende. C’est rare. Ca demande de l’énergie, du travail, de la passion et de la foi. Ca vous renvoie à la chanson d’Anis qui dit qu’il faut rêver…

Les mains sur le blackberry, dans le train vous menant vers une formation professionnelle qui va vous ennuyer une journée entière, alors qu’une journée entière vous auriez tellement pu faire… Mais rien ne vient comme ca. Tout est un jeu d’équilibres, de vases communicants, tout est histoire de ying et de yang…

Munis de baguettes d’achillée et d’un gros bouquin millénaire, c’est peut être là chercher sa route: essayer de voir dans un enchevêtrement de mots au sens imperceptible un chemin perceptible, un moyen d’arriver ou l’on va, de s’en approcher du moins… Mais à la différence du chemin de voyage balisé, connu, celui de l’existence change en cours de route, il est muable, se transforme au gré des choix, des décisions qui sont prises…

Vous qui pensiez faire paris marseille, vous pourriez vous retrouver soit à melun, soit sur la grande muraille…

Le fantasme et la mi-moche…

T’es avec une mi-moche…

Je suis dans le train aussi, et t’ai vu toi, là bas regardant d’autres filles. T’es avec une mi moche et tu n’es pas content… Potentiellement, elle est jolie ta meuf, mais si on la regarde, en fait, on voit que oui mais pas tout à fait. Elle a les mains d’un homme, ou les oreilles en chou fleur, ou une bosse imperceptible dans le dos. Vue de profil elle a une moustache transparente abondante, ou un oeil qui regarde à droite et l’autre à gauche. Toi tu rêves de la bombe! De celle qui est parfaite, qui a tous les canons de la beauté moderne. Tu crois qu’ainsi faisant, tu ne te lasseras plus.

Alors tu cherches du regard, celle qui n’aura pas un nez un tout petit peu trop large, créant ce défaut d’harmonie indéfinissable au premier abord, mais qui met mal à l’aise. Et alors tu trouves! Et, le bras autour de ta mi-moche, tu envoies des signaux à l’objet de tes fantasmes, en face de toi. Et elle t’ignore, et c’est bien normal, tu n’as pas le charisme pour lui plaire, tu es maqué mais en demande, tu te promènes avec un  »chambellan du presque » en lieu et place d’une femme accomplie telle que tu la perçois.
J’ai un conseil pour toi: laisse tomber ta mi-moche, d’autres la trouveront belle, c’est une question de regard. Cherche toi celle que tu convoites, sois honnête avec ta moitié et avec toi même; ou alors fais toi à l’idée qu’au lieu d’une demi moche, tu es avec une demi belle !

La mère de Dario est très efficace!

Alors qu’elle essaie, sur son fils de dix ans, d’asseoir son autorité, la maman de Dario part du constat sans équivoque et tragique suivant: il refuse d’obéir. Il préfère courir entre les gens, faire des barres de métro un tourniquet improvisé, et crier haut et fort, méprisant avec innocence et malice les gens autour.

Refusant de le laisser dépasser les barrière sociales, refusant qu’il refuse de jouer le jeu des codes de la société, elle lui apprend à se tenir convenablement, à avoir un surmoi… Elle gueule pour qu’il comprenne, et, tant bien que mal, il comprend.

Je me dis en voyant comme nous nous comportons tous, sages, polis, rangés et frustrés, que la mère de Dario est tout de même très efficace!

Sublimation du quotidien…

Plus fidèle qu’une femme amoureuse, plus présent qu’une femme sangsue, plus âgé qu’une femme cougar, mon vieil Ipod 3g noir et blanc. Je ne m’en séparerai jamais. Il est comme un vieux frère, comme le sou fétiche de l’oncle picsou, il donne au RER un autre éclairage, résiste à tout, transforme en clip ma vie entière…

C’est lui qui donne à mes nuits leur couleur, lui qui me connecte aux artistes, et me libère du terre à terre du quotidien. Aussi important aujourd’hui qu’à pu l’être hier le baladeur à K7 auto reverse avec equalizer que Zaza m’avait offert. Comme on dit d’une souillou, « y’a que le train qui ne lui soit pas passé dessus ».
Il a tout subi, rap, variété, nouvelle scène, chanson baveuse…
Il a connu l’intégrale de François Pérusse, des émissions de philo de france culture, des livres audio, etc.
Au gré de tout, humeurs, temps qu’il fait, bons et mauvais moments, il était là!
Il motive mon écriture, déploie mon romantisme, aiguise mon désir de rébellion, et ouvre mes chakras. Il est le meilleur ami de l’homme qui circule, ainsi qu’un rat des villes, dans les souterrains de la capitale…

courir après les aiguilles…

Le temps fuit. Je n’ai jamais cru en l’éternité, mais l’éphémère vous revient tout de même parfois en pleine gueule, comme la balle d’un jokari qu’on oublie avoir lancé…
Ma mère a eu 60 ans, mon frère va partir en Inde pour un an, et à mon grand étonnement j’ai réussi à construire quelques trucs. Mais le revers de cette joilie médaille est que rien ne peut jamais rester comme maintenant. Je n’aurai pas toujours 27 ans, mon frère ne sera pas toujours un étudiant constamment disponible, et mes parents ne sont pas éternels. Mon coeur me dit que je n’ai pas envie de passer la barrière. Il me crie d’arrêter le temps, mais je n’ai pas ce pouvoir… Tout au plus le figer un moment en écrivant ce texte. J’ai toujours avancé vers demain avec optimisme et exaltation, même si demain, parfois, ressemble à un futur dans lequel je regretterai fort les moments d’aujourd’hui, parce que j’aime tellement vivre…

Les toxicos (inspiration du 14 février)

Il y a ceux qui cherchent à décrocher de la clope, de l’alcool, de la coke, du crack ou de l’héro… Il y a ceux qui cherchent à décrocher de l’autre. C’est pareil, ils font ce qu’ils peuvent pour se défaire, se retenant d’appeler, d’envoyer un sms, un mail, de « poker » sur facebook. Parfois ils tiennent bon, parfois ils replongent. Comme celui qui, après six mois, tire une taffe dans un joint, il y a ceux qui, six mois après, appellent pour demander des nouvelles. Ils le savent bien: aucun intérêt, aucun sens à cela, ils le font quand même. Ca les rassure, ça les ramène à leurs habitudes, au terrain connu, au café/clope d’antan. Comme quand on est au quick, qu’il y a un nouveau burger, mais qu’on a la trouille, et qu’on tape dans le bon vieux giant de peur d’être déçus…

On fête aujourd’hui les amoureux du monde… Aujourd’hui, la France va baiser. Mais pense-t-on aux amoureux déchus, à ceux qui cherchent leurs petits, alors qu’ils sont déjà loin, ceux qui poursuivent un idéal, à jamais disparu, mais qui y croient encore?

Kinder symbole d’évolution des sociétés…

Dans notre prime jeunesse, alors que nous étions en cours préparatoire, puis élémentaire, puis moyen, nous avions plusieurs chouchous. Un certain Ronald Mc Donald, grand clown en plastique qui nous disait bonjour à l’entrée de la fameuse chaîne bien connue. Non sans une certaine excitation, les mioches que nous étions étaient plus intéressés par les jouets type frite ou boisson robot qui se changent en personnage avec des pieds et des bras, à la façon des transformers, que par les hamburgers qu’on ne finissait jamais.

Et puis parfois, le soir, lorsqu’il rentrait du boulot, ou le samedi lorsqu’elle rentrait des courses, papa et/ou maman vous apportaient des Kinder surprise !! C’était chouette d’ouvrir le petit œuf jaune, et d’y trouver un petit puzzle, une mini catapulte, ou bien, le top du top : un homme grenouille à fabriquer soi même, avec lunettes, casque, etc.

Et puis, en vieillissant un peu, on s’en bat l’œil du jouet, et on ne désire plus que le chocolat. Alors surgissant de nulle part, Kinder Chocolat vient sauver vos envies d’équivalent de grand verre de lait… Intrinsèquement lié à cette dernière version du best seller de Ferrero, comme scotché à elle ainsi que de la patafix, il y avait ce gosse, le même, décliné en plusieurs versions :

 

image004Le pur produit de la cible visée par kinder. Le petit prince du chocolat a désormais 47 ans, et s’appelle Günter Euringer. Dents blanchies par la retouche photo, chemise de bon garçon, coupe de cheveux du bon garçon, et probablement les mères du monde entier avaient le désir secret de transformer leur progéniture en ce bon garçon, ignorantes par ailleurs du fait qu’on n’a pas des dents aussi blanches avec du chocolat.

image006Peut être en mangeant des kinder, les gros pulls mauves achetés chez C&A allaient-ils se changer en cols amidonné à rayures, bien repassé et sans faux pli ? Toujours est-il que les temps changent, et le petit aryen Allemand ne peut plus avoir la côte 32 ans après… Car cela fait 32 ans que kinder exploite cette photo, au point que les enfants du monde entier avaient l’impression d’avoir un vieux copain avec eux dans leur cartable…

Mais un copain de 47 ans dans le cartable d’un gosse de 11 ans, c’est tout de suite un peu tendancieux. Alors, pour aller avec l’époque, pour dire que les temps changent, pour montrer qu’on est ouverts vers l’extérieur, vers l’autre, qu’on tend la main à une cible marketing plurielle, on a changé les valeurs de kinder. Aujourd’hui, et on peut en trouver dans les magasins, les paquets de kinder ressemblent à cela :

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Voilà un parfait exemple sociologique, une sorte d’excuse de l’enseigne. Ainsi qu’une entreprise automobile qui fait dans l’écologie, qu’un fabriquant de cigarettes qui investit dans la lutte contre le cancer, Kinder devient adepte du Bennetonisme, et colonise d’autres horizons…

Alors que Günter Euringer a perçu 150 euros en tout et pour tout, pour avoir consenti à mettre sa gueule sur tous les paquets de chocolat pendant 32 ans, le site internet de la marque propose un casting géant qui a pour objectif de trouver le nouvel enfant kinder. C’est ainsi que, flattées par l’idée de faire de leur mignon bout de chou un nouvel Euringer, des mamans de France et de Navarre envoient par centaines des photos plus ou moins réussies de la chair de leur chair. De quoi assurer la relève, et promettre des crises de foies à répétition pendant encore des années de plaisir…

Devenir lui… (200 ème article)

cravate-le-chatParfois j’ai peur… La vie est une machine qui absorbe les hommes. Les rêves s’oublient bien vite quand vient l’heure redoutée de payer ses impôts. Ils deviennent accessoires lorsque, devenu cadre, on est promu à un bel avenir; un avenir corporate, avec un bon CE, des tickets restaurant, un treizième mois et des bonus. Sous mon blouson de cuir, mon écharpe à la main, mon piercing à l’arcade, j’ai peur de devenir… Peur de devenir lui. Lui, c’est cet homme dont l’unique fantaisie réside en sa cravate. Celui qui, lorsqu’il s’assied, doit écarter les jambes pour faire pendre son ventre, sinon il fait des rots. Lui vêtu en pingouin, dégarni sur le haut du crâne, qui lorsqu’il est assis, a l’ourlet de son pantalon qui remonte, et qui laisse apparaître de fines et disgracieuses chaussettes noires. J’ai peur de cet homme assexué, qui ne touche plus sa femme, et dont l’image imposante envahit l’avenir. Il semble dire « tu seras moi ». La malette à la main, il a une réunion demain et y pense aujourd’hui. Alors que demain est pour moi le plus lointain des événements, je me dis que peut être, un jour prochain, si le triste bonheur d’avoir un peu de chance devait me frapper de plein fouet, je prendrais le chemin de ce sombre modèle qui parsème d’amertume mon futur insouciant…

On se lasse même de la révolution…

istockphoto_5528427-revolution-fistAprès le peuple Tunisien, c’est le peuple Egyptien qui offrait à son tour au mousquet de l’opression une poitrine généreuse, une poitrine qui disait : « allez, tire, je suis fier! ».

Et dans les rues du Caire, devant le parlement, se massent encore ce soir des milliers de personnes. « La révolution est comme une bicyclette. Quand elle n’avance pas, elle tombe! » Disait Ernesto Guevara.

Et alors que, comprenant cette maxime, la révolution s’acharnait à ne pas faiblir, il semblait qu’à paris elle avait disparu. Les titres des journaux étaient plus muets qu’un oeuf. Ils évoquaient tout sauf ca. Tout avait sa place, les réformes, les finances, Sarkozy dont le nom vient polluer jusque sur mon blog… Tout sauf la révolution. Comme si, à l’instar de ceux qui tiennent encore sur le front de la colère populaire, on mettait en pratique la vérité du Che: ne retranscrivons pas les nouvelles d’ailleurs, taisons tout et ainsi nous arriverons peut être à éteindre le feu. Et si elle n’avance pas, elle tombe! Ou alors les francais trop blasés, trop atteints d’hollywood et de téléfilms ne s’émeuvent pas longtemps de ce qui, même réel, peut être remplacé par des effets spéciaux. Peut être se lasse-t-on même de la révolution..?

Madame scream…

Paris permet des rencontres étonnantes. A moitié endormi, perdu dans les semi songes qu’une nuit de veille apporte, je croise une femme dont le visage a la forme du masque de scream. Le contact visuel eut été anodin si, le matin aidant, elle n’avait baillé sans courtoisie (c’est à dire sans mettre la main devant la bouche), affichant ainsi le faciès inquiétant qui a fait des millions d’entrées…

Le rêve et ceux qui le vendent…

aninebingIl y a ceux qui rêvent de faire fortune grâce à Herbalife, parce qu’on leur a dit qu’avec le système pyramidal de parrainage, ce serait bientôt cinq, six ou sept mille euros par mois sans rien glander qui tomberaient dans la caisse, pour peu de vendre, d’avoir des filleuls qui vendent, et que ces filleuls aient des filleuls qui vendent…
En réalité ceux qui font fortune sont ceux qui vous vendent le rêve de faire fortune…

Il y a ceux qui rêvent de rabattre leur caquet à tous ces immondes qui se moquent, parce qu’ils perdent au PMU. Ils rêvent. Ils rêvent au jour où leurs 150 euros investis sur trois chevaux leur rapporteront 15.000 euros. Au jour où ils pourront appeler leurs détracteurs et dire « j’ai gagné, salopard, j’ai vraiment gagné ! ». Alors ils perdent, mais ils sont patients, tenaces et endettés.
En attendant, celui qui gagne au PMU, c’est le PMU…

Il y a ceux qui se voient promu, dans un mois, deux maximum. Qui attendent, obéissent, travaillent comme des fourmis, pour s’élever un peu, encore, gravir un échelon, et se sentir uniques. Acceptant tout ne disant rien, ils espèrent, dans leur profonde envie d’ascension, qu’on les remarque et qu’on les aime.
En réalité, celui qui sera promu, c’est l’ami du patron…

Il y a le rêve, et celui qui le vend. La pub vous vend des femmes nues, mais ce sont les stars qui se les tapent, le musicien vous vend de la morale puis il sniffe de la coke, le design vous vend de grands espaces feng-shui, mais vous vivez dans un studio, colgate vous vend des sourires blancs immaculés, mais vous avez les dents jaunes, macdo vous vend de la camaraderie et de la simplicité, mais vous chopez des ulcères…

Comment trouver des rêves sains, dans un monde plein de réclames, dans la mesure où peut être vous avez lu cet article parce qu’il était bien illustré, et dans la mesure ou peut-être, je l’ai fait exprès..?

Le Golem et le cimetière de prague…

golemJ’avais toujours été contestataire. D’aussi loin que je me souvienne, les inégalités m’avaient toujours soulevé le coeur. Sans doute y avait-il là un rapport à l’enfance, quelque chose que je comblais encore et encore. C’était en moi, intrinsèquement, la lutte du juste contre l’injuste…

Je prenais naturellement la tête des causes, et naturellement les causes, me demandaient à leur tête. J’organisais les forces en présence, redonnais confiance, énergie, courage à ceux que la peur paralysait… Mais tout cela n’était rien. Tout cela ne changeait pas la profondeur des êtres. Parés du manteau de la justice sociale, ils éteignaient la flamme de la révolte, qu’ils avaient laissée s’allumer en eux, dès qu’ils obtenaient ce qui leur revenait de droit mais qu’ils n’auraient espéré obtenir. Pire, une fois acquis les privilèges demandés, ils devenaient fondamentalement égoistes, capitalisaient, ne tendaient plus la main, trouvaient injuste que d’autres exercent le même droit qu’eux. J’échouais après chaque succès. Après chaque guerre menée tambour battant, je trouvai dans la victoire des vainqueurs la triste saveur de l’égoisme. Ce n’était pas un problème de juste ou d’injuste, mais un problème de nature humaine. Le bourreau pouvait à tout moment devenir une victime, et la victime un bourreau de choix. En ce monde, les personnalités des hommes sont interchangeables et interchangées à loisir…

Alors que je visitais prague, préoccupé par mon devenir, par ces questions de nature et de justice, par ma propre névrose toute aussi égoïste que celles que je réprime, et alors que nous arpentions les dalles inégales du vieux cimetière juif, j’appris qu’un rabbin, alchimiste et magicien, avait conçu autrefois un Golem. Fait d’argile et de terre, cette chimère devait être une arme redoutable, destinée à rendre plus égale la lutte entre opresseurs et opprimés. Cette créature obéissait au doigt et à l’oeil. Ayant figure humaine, mais dépourvue d’âme et d’esprit, la chose agissait mécaniquement. Les pensées de la chose étaient celles de son maître.

Et mes pensées, alors, tournées vers les personnes qui peuplaient ma réflexion immédiate, m’ont amené à conclure que les hommes sont façonnés comme le Golem de la légende. Si je peux éveiller en eux la flamme de la révolte, d’autres peuvent très bien l’éteindre, pour allumer celle du conformisme, et ils iront, tout droit, sereins, aussi déterminés à aller dans un sens qu’ils pouvaient l’être hier à cheminer vers l’autre…

seul, inconnu, les mains croisées, le dos courbé… Triste.

vieux

La nuit éreintait cet homme, qui dans les rues miteuses, semblait la porter sur son dos. Il avait le regard tranchant, aussi vif que le froid que charriait l’hiver. Non qu’il fut fort, grand, ou athlétique, il inspirait la crainte. On pouvait lire en ses yeux les représailles violentes qu’on risquerait à l’emmerder. Alors on ne l’emmerdait pas. C’était un homme solitaire, dont la vie triste et désolée n’inspirait rien à personne. Après avoir déchargé des camions toute la journée durant, il rentrait fatigué vers sa sombre masure. La nuit qui l’entourait semblait vivre de lui, comme on vit d’une vache qui donne toujours du lait. Entré dans son T1, il allait au frigo et ouvrait une bière. Et puis assis, tout seul, sans télé, sans radio, au bureau insolite qui trônait dans la pièce, il écrivait, en arabe, pour calmer son malheur…

«
Aujourd’hui, de nouveau, j’ai arpenté les rues…
Elles sont longues, les heures, qui me séparent de vous,
Si j’avais l’assurance de vous avoir perdus,
J’en finirai demain, comme finissent les fous…
Mais du lointain pays que j’ai quitté un jour,
En ces temps incertains pour sauver ma carcasse,
J’entend encore vos rires et je sens votre amour…
Alors que la rumeur du jour me voit, qui passe,
Elle a l’air de me dire  «ils sont toujours vivants »
Et l’espoir si petit que peut-etre le temps
De retrouver ma vie surgira du chaos,
Je trouve la force vive de soigner mes vieux os…

2558 ème complainte »

Et puis, fermant le livre sur lequel il écrit, pensant sa vie volée par des hommes avides, il s’endort et oublie, pour quelques heures, les malheurs de sa vie.Celui que nous croisons et que l’on ne voit pas, est peut être plus riche et torturé que vous, et son coeur a peut être en lui les doux délires qui lui permettent de survivre à ce monde sans logique…

source de l’image: cliquez ici

Prague

P1070541Avec l’avènement des compagnies low cost, et si on fait l’effort d’accepter d’être envahi de réclames et de propositions de sandwichs à 8 euros durant toute la traversée, traîner ses guêtres par le vieux monde devient aussi facile que de respirer. Pour peu qu’on aie du temps, un tout petit peu d’argent et  de courage, pour peu qu’on n’ait pas d’erruptions urtiquantes quand il fait froid, et pour peu qu’on veuille voir l’ailleurs avec le regard vif d’un jeune chat égaré dans un nouveau jardin, on peut se retrouver en république tchèque, comme ca, en un instant… On y arpente le pont charles, le vieux quartier juif, la ville fortifiée… On y assiste à un concert de musique classique pour bourgeois qu’on paie le prix d’un menu au macdo, et on y apprend l’existence passée du golem, un monstre de légende, à la solde des hommes, fait d’argile et d’incantations. Là, au pays du cristal, des marionettes, et des jouets de bois, entre les ruelles millénaires, il vous neige sur la tête. Engourdi par le froid, réveillé par l’hiver, absorbé par l’architecture, vos pattes, rompues à l’exercice, échappent à l’ennui des couloirs du métro, pour vous montrer des parcs et des pavés chargés d’histoire, semblant faire planer autour de vous l’aura d’un glorieux et éclatant passé… Et les pays de l’Est ont cette dignité toute chargée d’histoire, cette pudeur olympienne et ce calme céleste. On y ressent la paix, loin de nos brouhahas urbains et mécaniques, et on veut y rester, y vivre, y travailler…

Le meuble infernal…

meuble

L’entreprise était d’envergure. J’avais acheté sur internet, à un prix sympa, un meuble sympa, en bois massif. Un secrétaire très joli, faisant office de bureau, et pouvant trôner dans le salon. Tout cela en prévision de la seconde vague de travaux qui arrivent en mon appartement. Alors que j’obtiens l’aide gracieuse d’un ami déménageur, et que, dans l’incompréhension des discussions, je ne réalise pas qu’il eut fallu que j’obtienne également les services précieux de mes deux frères, nous sommes allés à deux chercher l’objet. Première constatation de taille : ça pèse lourd lourd le bois massif ! Ca porte bien son nom…

Courageusement, nous traversons le jardin de la bourgeoise qui a vendu l’objet, et c’est là que mes coudes et mes genoux m’ont lancé un premier S.O.S. Ils semblaient dire : « ooooh làà !! qu’est-ce tu fais on a pas été conçus pour ça nous! »

Le chargement du meuble, qui tient à peine à peine dans un utilitaire Vito me fait augurer du pire. Comme un message lancé à l’égard de ma maigre condition, le meuble me toisait froidement, pensant tout haut ce que j’avais l’impression d’entendre tout bas : « je suis fait pour ne jamais être déplacé, tu as réveillé les démons de la menuiserie, tu vas souffrir dans les escaliers de chez toi ! » Nous arrivons donc devant les escaliers de chez moi après une bonne heure trente de trajet (c’est loin sa race Saint Germain en Laye…). Mon ami déménageur, confiant, me regarde et me dit :

« tu es prêt je le bascule vers toi? »

Tout aussi confiant, je répond : « ouais ! C’est parti »

J’ai la vigueur d’un taureau qui entre dans l’arène, l’énergie fougueuse d’un jeune chevalier lors de son premier tournoi. Ce sera moi contre la force brute (le bois…). Autant dire en fait que jle sentais pas du tout dès le départ, mais quand on est aux côtés d’un ami déménageur dont les avant bras font trois fois les vôtre, on se sent obligé, par fierté toute masculine, de faire semblant d’être Hulk Hogan… La simulation ne dure pas longtemps, et c’est, en général, une mauvaise idée. Un conseil à vous qui lisez : ne prétendez pas maîtriser un ordinateur, si vous avez déjà des difficultés devant une machine à café senseo. Ne faites pas semblant d’être au courant de l’actualité récente devant un érudit qui lit cinq quotidiens par jour et qui est abonné au monde diplomatique. C’est l’assurance d’une honte bien en règle…

Bref, je tiens le meuble par un bout et on monte les cinq premières marches. Ca va, ça va, je gère ! Puissant comme Hercule, droit comme un i, c’est pas si difficile en fait…
Et là  l’escalier tourne. Evidemment, arrive ce qui doit arriver avec un meuble en bois massif d’au moins 100 kg dont on avait sous estimé le gabarit : le cassecouillomètre monte dans les graves, et encore plus lorsque le déménageur, une cigarette à la main, le meuble sur l’avant bras, comme s’il était en train de bronzer tenant un cocktail, en posture de mode sur une plage de sable chaud, me dit : « soulève le très haut pour qu’on le fasse tourner »

là  je perds toute dignité, et je pousse le cri de Rocky dans « Rocky 3″ quand y’a la chanson « California… Californiaaa… » :

« AHHHHH »

Dans cet élan on soulève le meuble, on le fait tourner, on le désoulève et là  mes bras tremblent comme la braguette d’un obèse qui met du 42 pour essayer ; mais je tiens bon ! A ce stade de l’histoire, nous avons gravi un étage, et j’ai perdu 80 % de ma force physique. Moi qui étais si fier de ma silhouette athlétique, et de ma carrure…
Deuxième étage : j’envisage l’idée de me relancer dans ce projet gargantuesque, et l’idée seulement me fait transpirer comme un moniteur d’auto école qui donne sa sixième heure de cours en plein été dans une voiture sans clim.
Rassemblant mes maigres ressources, je parviens dans un effort titanesque à porter l’armoire aider le déménageur à porter l’armoire jusqu’au pallier du second (j’habite au quatrième).
Pressé comme un déménageur, et confiant comme un cycliste en échappée, il me dit « allez, allez, on y va ! »

Et moi de répondre « on y va ! »

Même tarif. A peine essayai-je de soulever le lourd et imposant secrétaire, que mes bras m’interpellent avec vigueur. Ils semblent me dire « t’es optimiste mec, t’es un putain d’idéaliste ! ».

Bien sûr, arrive le moment fatidique où il faut le « soulever très haut » pour le tourner, ce connard de meuble en bois massif de la Roche Bobois …

Et là, c’est knock-out ! Le gong retentit ! Foreman contre Cassius Claye, Rocky contre Apollo Creed dans Rocky 2 : mes cuisses tremblent mes bras dans un élan de survie retiennent le meuble qui tombe sur le haut de ma cuisse (pas tout a fait sur le genou).

Et lui en bas, frais comme un gardon, les six cent kilos dans un bras, une cigarette dans l’autre :

« t’es tombé?
- pas du tout, je teste le confort de l’escalier, et je vois si on peut détourner l’usage original d’un meuble de deux tonnes en bois massif pour en faire un édredon d’hiver…
Je confirme, c’est pas faisable !
- essaie de le soulever un peu je le tire !
- euh, non c’est pas possible… Jvais rester une petite demi heure comme ça jpense, et  quand j’ai des escarres on essaie de me sortir de là tu veux bien ? »

Il rigole. Par un procédé dont j’ignorais être capable (un ultime effort de volonté venu du fin fond de mes entrailles) on remet le truc sur le palier du second, j’avais monté… trois marches avant de m’effondrer comme une nonne qui se promet à Dieu!

L’idée du siècle, alors, me vient, et je lui dis « jvais appeler Beufa ».

Beufa c’est mon frère (http://beufa.fr) que j’appelle au téléphone. Bonne nouvelle, il venait me rejoindre, on avait prévu d’aller voir un spectacle :

« t’es ou?
- j’arrive jsuis en bas »
Il tombe bien ce con! Il arrive il nous voit, il sent venir le traquenard…
Et en fait c’est Beufa, l’homme qu’on appelle « le lutteur
malgache », qui finit la livraison du meuble au 4ème

Et on arrive en haut, éreintés et suant, puants comme des boucs. Ma chère et tendre me regarde alors d’un air méfiant et désapprobateur : « mais vous l’avez pas mis à  la cave comme prévu ??? »

Là, la fulgurance de la colère est venue surpasser la tendresse de la raison ; j’ai dit « écoute moi bien : ce meuble, ne bougera plus jamais d’ici, même le jour ou on déménagera pour aller ailleurs. »

Puis le déménageur et ami nous fait un signe de main, et s’en va trottinant, comme au sortir d’une douche…

Les adeptes du diy

Voici une secte qui a de plus en plus d’adeptes comme les managers, les syndics de copropriété, les flics…
Diy, nouveau prince du monde. N’attendez pas le soutien de quiconque, faites les choses comme vous pouvez. Etouffée, la tunisie a fait sa révolution diy, puis elle fera sa reconstruction diy, et les témoins muets applaudiront ces tours d’équilibristes. La dignité, la liberté, l’égalité sont des mots bien trop grands pour que des ong ou des politiques soient en mesure de les faire valoir, au regard des pertes sèches qu’ils engendrent.
C’est valable au travail.
A celui qui veut une formation, qui a une question de proximité, la réponse est aussi désagréable que celle qu’on vous donne lorsque vous voulez joindre un service client: « consultez la faq ».
Si vous avez un plancher qui s’effondre, le syndic dira « vous n’auriez pas du le dire… »
Qui appellera la police, se verra rétorquer « veuillez ne pas quitter »…
Et celui qui lira cet article sans comprendre vraiment de quoi il retourne, devra assumer son ignorance ou taper trois petites lettres dans google…

Big Ben s’est fait sonner les cloches…

Après les événements récents en Tunisie, il s’élève des gros titres des phrases choc comme: « le peuple tunisien peut enfin s’exprimer librement », ou « Leila Ben Ali, la coiffeuse qui a ruiné la tunisie ». Comme si la france avait toujours dénoncé ce fait, comme si la situation n’était pas taboue, voire encouragée depuis 20 ans, comme si nous avions toujours su et clamé qu’une dictature stalinienne faisait loi dans ce pays, aux portes de chez nous, et comme si nos gros titres étaient régulièrement ainsi. Ben Ali n’est donc pas l’enfant de la france! Omar et Ali Bongo non plus; et elle n’a rien à voir non plus, la france, avec ces histoires de Bagbo et Wattara…
Dans une démocratie assumée, libres penseurs issus des lumières et politiciens nourris au sein par Marianne, au berceau de la poudre à canon de 1789, jamais ne se sont tus!

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Les hommes, les femmes, les grandes idées…

vitruveJe ne sais plus qui disait « les femmes vous inspirent souvent de grandes idées, qu’elles vous empêchent ensuite de réaliser ». Il avait raison. Les femmes semblent avoir compris que la pure exaltation, chez l’homme, vient du jeu: Il joue sans cesse. Il joue au poker, il joue à la guerre, il joue aux échecs, il joue sur internet. Parfois il le fait de manière ludique et pacifique, dans un parc, dans une salle de jeux, ou entre amis avec des jetons en guise d’argent…

Parfois en revanche, il le fait à plus grande échelle. Ses pions, ses tours, ses cavaliers, ses fous sont des hommes et des femmes du monde, les enjeux de son texas-hold-em peuvent le mener à la ruine, ou à se faire couper des phalanges par les yakuzas, et sur internet ce sont parfois des agents du fbi (en train de jouer eux aussi au gendarme et au voleur) qui lui répondent…

Pourtant, les jeux des hommes sont parfois des mondes imaginaires, des idées révolutionnaires, des tentatives d’élévations spirituelles et/ou idéologiques. Et face à cela, il y’a toujours une femme, maternelle par essence, pour qui la révolution, le rêve, la liberté d’expression, et toute la panoplie sont un simple obstacle entre elles et un dîner à l’heure, plutôt que des idées qui bâtissent des civilisation.

Je suis certain que lorsqu’il rentrait, le fusil dans les mains, les yeux brillants d’émotion, le coeur et le corps tremblant, en disant « ça y’est, le gouvernement est tombé, Castro a pris le pouvoir, Cuba est libre et le monde suivra, demain, son exemple » il y avait une femme pour lui répondre : « j’ai nettoyé le sol il y a 10 mn Ernesto! Enlève tes chaussures et lave toi les mains, tu mets de la poudre à canon partout! ».

Le chambellan du presque…

Celebrity-Image-Simpsons---Da-Vinci-72159J’étais le chambellan du presque, le prince de l’à peu près, le comte du c’est pas mal… J’étais l’avion qui s’arrache puis retombe, l’apprenti jongleur, qui fait tomber deux fois sur trois. Sur les bords du bassin j’apprenais à nager sans pouvoir aller au milieu ou faire des longueurs. On m’aimait bien sans m’adorer, j’étais mignon mais pas magnifique, j’étais talentueux mais non génie. Ma vie traînait dans le chemin vers de la réussite, mes yeux voyaient bien, après correction, j’étais celui qui fait des régimes, et non celui qui les réussit, l’homme qui rêve d’un jukebox mais ne peut s’offrir que les disques, qui a une maison mais qui aime les châteaux… Je vivais dans le P+ , j’avais la note du mec qui est un peu mieux habillé que les autres mais pas assez bien encore… je portais du zara alors qu’il faut du lafayette. J’étais l’acteur conscient d’une vie réussie mais pourtant pas parfaite, d’une existence heureuse mais pas encore magique…

Un arôme de fin du monde…

Les informations de France 2, hier, avaient une odeur de fin du monde.
J’allume si rarement la télévision, et pourtant, hier, les informations de David Pujadas avaient un air de film de SF. Il commençait par des conflits sérieux d’Afrique du nord, guerre civile, éclatement, montée de la violence, débouchant sur la déclaration affaiblie du président Tunisien, annonçant le retour à la démocratie, avec baisse du prix du pain, ouverture des réseaux internet, et libre pensée autorisée. Après 20 ou 30 ans de dictature, cela sonnait un peu comme Louis 16 aux états généraux, écoutant les doléances.
Alors j’ai imaginé la faiblesse du pouvoir, menant à la montée de l’islamisme fondamentaliste qui commence à être bien présent dans ce pays, puis le renversement du gouvernement tunisien, et la création in fine d’un état religieux aux portes de la France…
Un scénario de SF, un truc à la Bordages peut être. Et puis l’âpre constat de la situation du monde : des inondations, liées à des pluies diluviennes, à divers endroits du globe. Des coulées de boue, des affaissements de terrain, un vrai « jour d’après » version réaliste.
On n’était plus très loin des visionnaires. Asimov prévoyait le déclin de l’empire de Trantor, puis le chaos pendant des siècles et des siècles. « La route » contait l’histoire de la survie post apocalyptique, et bien d’autres films et bouquins encore.
Un grondement sourd à l’orée du bois de nos existences d’hommes, et nous montons le son du baladeur, pour n’entendre plus rien des malheurs de la terre…

Seront-ils touchés par la grâce..?

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De toute évidence les combats sont vains, les recherches infructueuses, et la nature humaine désespérante à souhait… Ceux qui, du côté des victimes, se sont levés à mes côtés, pour combattre une oppression que j’aurai eu la force de combattre tout seul, sont aujourd’hui aussi égoïstes que ceux qu’ils ont vaincu.
Ceux qui, dans leur faiblesse, ont écouté ma voix, suivi mes pas, rentré la tête quand je leur ai fait signe, et combattu comme des seconds, autour de moi, autour d’une idée, autour d’une volonté de grandeur, d’association, « d’ensemble contre la force qui nous domine et nous écrase », sont aujourd’hui dans le camp des gagne-petit. Aujourd’hui, alors qu’ils ont obtenu ce que jamais ils n’auraient cru rêver gagner, parce que portés, et parce qu’ayant eu suffisamment d’opiniâtreté pour se ranger derrière un capitaine qui a pris tous les risques, n’ont tiré de cela aucune leçon. La libération obtenue, ils ont rompu la communauté, et pris pour eux la liberté de faire comme bon leur semblait, sans penser à autrui, sans se dire qu’après tout cela, un peu de distance, un peu de réflexion, pourrait les amener à ouvrir la flamme de l’humanité dans leurs cœurs étriqués et sombres, et à partager cette flamme avec leurs voisins.
Ils partent en vacances jusqu’à plus soif, taxent les voisins, épuisent le système, vont chercher au plus profond les ressources disponibles, et ne les redistribuent surtout pas. Puis ils font l’innocent, celui qui a le droit, qui n’a touché à rien, qui prend parce que c’est possible de prendre… Qu’ils aient été autrefois les victimes d’un système contre lequel ils se sont élevés, ne leur donne aujourd’hui pas plus de compassion pour les victimes d’aujourd’hui que s’ils avaient été leurs bourreaux ; ils sont les acteurs volontaires de la déchéance de leur frère.
Ils sont dégoûtants de bêtise et de médiocrité, et je souhaite qu’ils s’étouffent tous avec leur désir d’argent, qu’ils aillent tous se noyer dans la mer de leur cupidité, gras et impotents, tous aussi cons les uns que les autres, tous aussi bêtes et aveugles, des années après, qu’ils pouvaient l’être au premier jour…

Message aux élites politiques

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A droite, il y a les gaullistes purs et durs, revendiquant la filiation du grand homme aux grandes oreilles. Ils n’arrivent pas à comprendre que ce système politique était valable dans un contexte d’après guerre, qui n’est plus aujourd’hui qu’un lointain souvenir dont les témoins meurent de vieillesse les uns après les autres ; les traces qu’il nous en reste sont désormais dans les livres d’histoire, après le chapitre sur Charlemagne.

J’ai visité Auschwitz une fois, et quelque chose de paisible envahissait le lieu… la nature avait repris ses droits, des arbres, de l’herbe, un grand jardin plein de baraquements témoins pieux d’une histoire horrible.
Bref le temps a passé ! De Gaulle est mort, ses successeurs se sont succédés, et pourtant certains veulent faire de l’image de l’homme une icône vivante…Ainsi qu’un mort dont on refuse le départ, entretenant de manière névrotique un mausolée à sa mémoire, ils semblent ne jamais vouloir faire de la chambre du petit Charlie, disparu depuis un bail, une pièce pour accueillir les amis. Tout est encore là, les maquettes d’avion suspendues par des fils, les lettres de Jean Moulin, les photos de régiment, les lettres d’amoureuses, et ils pleurent chaque fois qu’ils passent devant …

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2011

cotillonsUne nouvelle année qui démarre. Symbole du moment qui est moteur des choses. 2011, ou l’on va recommencer à avoir de la force, recommencer à se battre, comme si on avait arrêté, et qu’un regain d’énergie devait nous reprendre, grâce au champagne, et aux encouragements mutuels.
2011 qui démarre avec un sms de bonne année, envoyé aussi à 40 autres personnes, parce que ça fait chier de souhaiter personnellement les meilleures choses à chacun…
2011 qui démarre aussi avec du changement dans nos vies respectives, qui démarre avec dix mille choses à conquérir… Et puis les proverbes de 2011:
que le meilleur de 2010 soit le pire de 2011. Non, puisse chaque jour être un jour dans lequel nous nous accomplissons, puisse 2011 être la consécration d’idées que nous avons eues en 2010, puisse les micros fonctionner, les lèvres remuer, les cerveaux penser, et imaginer les créations de demain. Puisse 2011 être l’année durant laquelle nous peindrons les toiles de notre vie dans des couleurs vives, chaudes, chatoyantes et qui sentent le jasmin.
Puissiez vous tous être en paix dans vos coeurs, puissiez vous jeter loin aux oubliettes tous les conflits, toutes les douleurs, tout ce qui fait que ce monde ne s’entend pas. Je ne suis pas prophète, il paraît qu’il reste un an avant la fin du monde. Puisse cette année se présenter sous de bienheureux hospices, et puisqu’on reproche à mon blog de manquer parfois de légèreté, d’être sombre ou amer, comme le dessus d’un tiramissus, ou une truffe au chocolat, je conclue ici en vous disant à tous que du plus profond de mon coeur, cet article n’est pas ironique!

Arrête les UV, t’es orange…

imbaOn croise des personnes étranges… Parce que c’est l’hiver tout de même, et qu’on ne vit pas dans le sahel, cette femme a un teint anormal… «Arrête Micka, t’es toujours excessif! Son bronzage serait dû à un voyage récent dans les pays où c’est l’été..?» Je ne suis pas Holmes, mais cette hypothèse est exclue d’emblée. D’abord parce que je l’ai vue dans le bus 617 aulnay – villepinte, ensuite parce qu’elle est orange, la dame. Un peu comme une navajo européenne, une imba qui s’ignore, ou une artiste de cirque qui s’appellerait « Madame FLAMBOYANTE ». Bref si le ridicule ne tue pas, il est tout de même surprenant… Hier c’était la dame pointue, aujourd’hui la daronne de la même couleur que la vigilance de météo france!

Les bons sons, la neige, les gros plans et la chaudière…

 

groplanAlors on a plus d’eau chaude ! Nan, plus un centilitre, l’eau est glacée comme la neige qui tombe, et puis ? Et puis je réfléchis à une photo gros plan à faire pour un concours, et puis ? Et puis j’écoute les bons sons de ma playlist, en réfléchissant au site de Gulabi…
Des projets, du rêve des moments d’art qui transpercent ma tête et je ne pense plus à autre chose. Pourquoi ne pas se doucher à l’eau froide, pourquoi refaire le joint de la fenêtre, sortir de chez soi, pourquoi aimer les conventions sociales ? Restons dans notre petite cave, sculptons avec nos mains les textes de demain, sculptons avec nos corps les amours du futur…
Créons, passons nos vies à cela, puisque rien n’a trop d’importance !

Plaidoyer pour le rêve

Rz_45Lever 6h30, par une alarme de SmartPhone, vendu seulement 70 euros, pour peu que vous acceptiez de vous ficeler à votre opérateur téléphonique pendant 24 mois. La musique désarticulée vous fait hurler intérieurement de douleur, vous allumez la tévé, vous regardez tévé matin, et vous voyez que le fondateur de wikileaks est arrêté et mis en examen pour une affaire de viol, à la suite d’un mandat d’arrêt international orchestré par Interpol.

L’information n’est même plus secrète, cachée, on vous la met dans la gueule ouvertement tant on sait que vous avalez sans régurgiter (l’obésité devient le mal du siècle, la connerie aussi). Puis vous vous lavez, puis vous vous habillez, puis vous partez, vite, parce que vous êtes en retard.

Dans le train, vous êtes debout, serré, au milieu des gens, qui sont debout, serrés…
Une femme éternue, elle donne à l’assemblée une bonne douzaine de grippes en incubation. Voilà quelque chose de gratuit dans ce monde plein de payant ! Et puis vous voilà à la gare de Lyon, bon an, mal an, après avoir aperçu les gros titres du 20mn : « manteau blanc, journée noire » parce que la neige, phénomène ô combien naturel, ô combien poétique, et ô combien original en ces temps d’effet de serre, a perturbé le pays, quelque chose de bien. Constat âpre et sans équivoque : quand elle veut, la nature nous baise !
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Autoportrait

autoportrait3Ci contre une participation à un projet photo initié par mon frère cadet, moteur récurrent d’idées soit débiles soit géniales, et partie du constat tout simple que les gens ont l’impression permanente que je m’ennuie, que je me moque de tout, ou bien que je suis stupide.
Aussi, afin d’illustrer ce que je suis au travers d’une image qui, je l’espère, en dira plus long sur moi que les explications monocordes dont je suis coutumier et qui font chier tout le monde, j’ai fait un petit montage…
Sachez, vous que ça intéresse tant (si si, je le sais!) que mon cerveau est en ébullition permanente, que je suis heureux aussi en permanence, que je ne m’ennuie jamais (privilège de l’ennui auquel j’échappe de par ma nature chanceuse).
Sachez aussi que l’air stupide qui peut par moments se dégager de moi est un leurre, un monument à la connerie humaine, et un moyen simple mais efficace d’éteindre en autrui la méfiance et l’animosité. Un coup de tibia dans les parties sera le résultat consécutif à toute insulte de type « imbécile heureux ». Après je cultive plutôt bien le calme et la distance: comme les roses de la vie…

[pub] Café chewing gum : l’haleine du winner

business_winner_7Winomètre à 35%:
vous êtes crevé, vous avez mal préparé cette confcall que vous vous étiez juré de très bien préparer, vous avez fini par vous endormir à 2h du mat alors que vous vous étiez promis de vous coucher à 20h avant même le JT, vous piquez du nez devant votre écran avant l’heure fatidique, bref la galère.
Une recette miracle existe donc pour vous: café chewing gum!
Si vous êtes dégourdi et muni de 65 centimes (moins de 5 FF) vous allez pouvoir vous en sortir haut la main grâce à café-chewing gum!

 

gobelet-cafeEtape 1: allez à la machine à café, prétextant une gastro pour vous esquiver. Là, prenez le café le plus fort disponible, avec la quantité de sucre maximale possible.
Etape 2: savourez!
Etape 3: faites la confcall (par téléphone on s’en fout de votre haleine).
Etape 4: réveillé grâce au café, vous pouvez rebondir et réagir vivement aux invectives du client pas content!

 

Mais ça ne s’arrête pas là! Le Client en question, ébloui par votre réparti, va faire le chemin d’ici une petite heure pour personellement vous féliciter! Alors, pas de panique!

Etape 5: allez à l’autre machine, prétextant le retour de la gastro
Etape 6: faites la sélection correspondant à la boîte de chewing gum à 50 centimes (voilà, vos 65 centimes sont dépensés)
Etape 7: prenez un chewing gum (Emile!) et mâchez longtemps

3058Le client arrive et là, miraculeusement, vous avez l’haleine du winner, une saveur mentholée avec un arrière goût caféiné! Plus d’inquiétudes pour recevoir votre client! Plus la peine de prétexter une maladie contagieuse tropicale et de porter ce masque blanc avec élastique comme les médecins ont, et qui vous pète si souvent à la gueule!

Café Chewing gum, l’haleine du winner!

* attention, l’abus de café peut entrainer une haleine de chiottes. L’abus de caféine et de sucres est dangereux pour la santé, mangerbouger, sinon risques d’obésité, nous nous dégagerons tant bien que mal de toute responsabilité quant à une utilisation de nos produits entraînant une surcharge pondérale. Les tomates sont parfois cancérigènes mais vive les OGM, les téléphones portables et les micro ondes sont dangereux pour le cigare, et pour le cigare, c’est Cohiba © what else?

La dame pointue…

chaussure-pointue-pointure-50701280a9Ce n’est pas une métaphore pour décrire un état d’esprit. Je n’ai pas encore acquis cette faculté… Cette nana était vraiment pointue. Elle devait cultiver cela ?

Attendant son train sur le quai, de bon matin, sans doute pour aller au boulot, elle avait cette caractéristique physique d’être reliée au pointu :Son nez était pointu, ses doigts étaient pointus, choses qui sont d’ordre naturel, et contre lesquelles elle ne peut rien, à sa décharge. Mais cela ne s’arrêtait pas là. Elle avait également des chaussures pointues. Son sac à main, noir, avait des rebords pointus, et son manteau noir était pointu au niveau du col et des entournures. Son pantalon noir avait une coupe droite qui suggérait le pointu au niveau de la pliure devant, et elle avait un chignon. Ne vous imaginez pas une gothique, ou quelque chose du genre, non, c’était une nana de simple prestige, allant probablement bosser dans une multinationale en échange de 2000 euros par mois. Simplement tout chez elle évoquait la pointe, comme une sado maso qui s’ignore, comme une fan de triangles isocèles.

Je me suis demandé si son esprit avait ce côté pointu en permanence ? Pensait-elle pointu, vivait-elle pointu ? Les stimulis de son environnement étaient-ils des trucs pointus, son appartement, au hasard de la déco, suggérait-il le pointu, dans les meubles, dans les tableaux, ou même dans le frigo ? Peut être dévorait-elle goulûment des samossas au déjeuner, peut être ses coudes laissaient-ils des marques sur le bureau, ou déchiraient-ils les nappes dans les restaurants ?

Je me suis figuré que, peut être, elle avait des collègues de boulot pointus, un lieu de travail pointu genre arche de la défense, des amis pointus, peut être allait-elle, le soir, sur le forum du pointu (forumdupointu.com)…

Je me suis demandé si ses enfants étaient pointus, nez pointus, doigts pointus, genoux mercurochrome pointus, si son mari rentrait avec une mallette pointue, le soir, évitant de l’embrasser pour ne pas lui crever un œil…

Toujours est-il, en tout cas, qu’au hasard de mon interrogation curieuse sur la personnalité intrinsèque de cette femme de 45 ans, sur le quai du RER, nous avons échangé un sourire…

Ses dents étaient pointues !

Chronique: Grand Corps Malade « troisième temps »

931_2884Il était facile d’aimer « midi 20″, le premier album de Grand Corps Malade. C’était nouveau, précurseur, ça lançait un style ; le slam n’était pas bien connu, les textes étaient plutôt bons, et ça respirait un peu l’originalité.
Le discours variait, l’auditeur avait droit à un peu d’optimisme, un peu de couleurs, un peu de « lève toi, et marche ! » plutôt qu’aux langoureuses plaintes victimaires chères à certains rappeurs. L’album disait « c’est possible ! ». C’était un petit vent d’air frais, agréable sur les joues et dans les oreilles. Et puis, un jour, d’autres slameurs sont arrivés sur le terrain, peut être pour récupérer le filon, mais en offrant en tout cas eux aussi des choses sur ce marché naissant. Indépendamment du message proposé, auquel on adhère ou pas, de nouveaux flows et manières de slamer apparurent, via Abd Al Malik, Diamanka, et autres Lucioles. Grand Corps Malade n’avait donc qu’à bien se tenir…

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La chance qu’on a…

corneJ’étais au boulot, j’avais faim comme souvent lorsque je pratique cet horaire. Je finissais ce jour là à 23 heures, et n’avais rien pris avec moi pour subvenir à ce besoin élémentaire, primaire, quasiment instinctif.
Alors, fouillant dans mon casier, je retrouve par magie un sachet de soupe de poireaux lyophilisé, que j’avais mis là au hasard de dieu sait quelle circonstance.
Eh bien j’étais content. Et cette béatitude devant la sainte poudre m’a fait réaliser que si un jour, le hasard de la destinée faisait que nous n’ayions plus rien, nous serons bien content de manger du cassoulet en boite, de la soupe en sachet, ou de boire une brique de lait de soja.
Le moindre rat crevé fera une viande délicieuse! La profusion de tout n’est pas normale, pas plus que cette permanente satiété qui caractérise nos pays prolifiques. La corne d’abondance est comme une boite de pandore, et je crains le jour où, démunis, gras et impuissants, nous devrons lutter contre une nature hostile. On va bien rigoler !

Faire un truc bien avec du slam

1172689359fyLaj1La ville était éteinte, et les rues désertées,
Et la nuit étendait ses mains dessus mon cœur,
Et je marchais serein, mes larmes avaient séché,
C’est tellement curieux quand on pleure…

Elle avait mis sur moi un paquet d’espérances,
De désirs et de vie, elle avait réveillé
La fougue et l’impatience,
Mon cœur s’était violemment soulevé…
Et il avait battu, fort, et dru, comme la pluie
Qui sur mon corps meurtri frappe ici la mesure,
Je marchais c’était tard, et mon âme avachie
Cicatrisait un peu, dans la torpeur impure…

Je faisais mon possible, au milieu d’étincelles
Pour détacher mon corps, pour ne penser à rien,
Je faisais mon meilleur, pour me détacher d’elle…

En vain…

Elle chantait dans mes os, dans ma chair et mon foie,
Et le spleen était là qui gigotait soudain,
J’avais pris son visage comme idole de ma foi,
Elle était si cruelle, je mangeais dans sa main,

Et j’avais mal, enfin je crois…

Je suis devenu, donc, la copie de moi-même,
Je suis devenu un soldat,
Je marchais comme un homme, mon visage était blême,
Et j’étais l’ombre de sa proie…

Mécanique, et violent, dépersonnalisé,
J’ai marché bien souvent aux côté de mes pairs,
Des gens qui étaient rouge et qui, le poing levé,
Donnaient l’impression d’être fiers…

Ca m’a sauvé la peau, de changer de sujet,
D’atmosphère et de lieux, de temps… J’ai dû m’enfuir,
J’oubliais dans ma cause, cette femme et mes regrets,
Ainsi donc, doucement, je pouvais m’anoblir…

Il vient des eaux boueuses, des fleurs d’un bleu magique,
La fierté du labeur sans goût, presque forcé
Est née de la douleur de quelques ouvriers,
J’ai marché avec eux, dans des moments épiques,

Car tout soudain devant, menant comme une armée
Mes amis, mes amours, mes emmerdes et ma vie,
J’avais trouvé un sens à ce que je cherchais,
J’avais, ouvert les vannes d’une douce énergie…

Mais lancinante ainsi qu’une tendre migraine,
Elle me revenait, me parlait, m’appelant,
Et laissant tout tomber, les armes et la haine,
Je me suis retourné, tout tremblant, sanglotant…

J’avais mis du papier dans ses poches et ses mains,
Elle avait pu écrire, alors tout simplement,
L’histoire de ses pensées, l’espoir du lendemain,
Et je suis retombé dans ce triste moment

Où je l’avais quittée, éperdu comme toujours,
Elle est énigmatique, ses mains sont de velours,
Et son corps est toujours trop simple à désirer…
Alors fermant les yeux, comme on s’enfonce en mer,

J’ai replongé soudain dans ses lèvres interdites,
Et je savais pourtant que la messe était dite,

Mais en ce lien mystique j’allai m’abandonner…

Faire de la merde avec du slam…

Micro_-Neumann_BCM104-a6e19Je vais vous parler de chez moi, un pavillon ou j’ai grandi,
Et tant pis si vous aimez pas, moi j’aime bien raconter ma vie,
Devant chez moi, y’a Christophe, c’est un gentil mongolien,
Il a vraiment un cœur en or, mais quand tu parles il comprend rien ;
Au parc urbain, devant chez moi, y’a des gardiens très sympathiques,
Ils sont sympas, ils ont des chiens et ils gagnent juste le smic,
Je vais vous parler de chez moi, et tant pis si ça vous fait chier,
Je fais du slam avec ma voix, même si j’écris avec mes pieds…
Avec mes frères avec ma mère, on fait les courses au super marché,
On s’entend avec les caissières, certains articles elle les font pas payer,
Certains diraient que c’est du vol, pour moi c’est juste de la débrouille,
Et si tu dis que t’es pas d’accord, je te dirais « jm’en bat les couilles ».
Près de chez moi y’a Lucienne, une petite vieille de 80 ans,
Elle a connu les bals de vienne, les tranchées et les Allemands,
Elle est super intéressante, elle a des trucs à raconter,
Même si son disque vynile est parfois un peu trop rayé…
Je fais du slam toute la journée, et les enfants sont mes amis,
Même ceux qui vivent à Epinay et qui ont pas de chance dans la vie,
Mais la maîtresse elle est sympa, elle est courageuse et pas chiante,
Même si tout le monde ne l’aime pas, que certains disent qu’elle est méchante,
Elle boit du rouge à la récré, mais à 8h00 elle est canon,
Elle a des cernes un peu partout, c’est à cause de la dépression,
C’est un peu à cause de l’état, il fait pas les bonnes réformes,
Et moi jtrouve ça un peu dommage, j’ai envie de vivre à Barcelone,
Je fais du slam avec mémé, avec tonton, avec papy,
Dès qu’ils trouvent  un truc à rimer, il me le disent et je l’écris !
Près de chez moi y’a Luciano, c’est un ancien militaire,
Il est un petit peu pédophile, je crois que c’est à cause de son père,
Il suit les enfants du quartier, il leur offre des bonbons,
Mais qui a le droit de le juger ? Il a payé sa dette en prison…
Près de chez moi y’a un sans papier, s’appelle Marcel il est gentil,
Il a été abandonné, il dort dans des cartons la nuit,
Et quand jle vois, Marcel, mon pote, que je lui donne une cigarette,
Il met la lumière dans mon cœur avec sa boite d’allumettes,
Après j’en fais un texte de slam, et je le met dans mes chansons,
Je gagne un fric incroyable, et jlui paie de nouveaux cartons…
J’habite en banlieue et là bas, c’est pas facile tous les jours,
Y’a des barbares et du sida, mais y’a aussi beaucoup d’amour,
J’aime pas les gens qui disent « chez vous, y’a que dla haine et du mépris »
Ils se trompent, parce que chez nous, y’a quand même aussi des gentils.
Bien sûr c’est pas le village des Schtroumpfs, tu peux toujours te faire violer,
Te faire voler ton iphone 4, ton black berry, ou ton PC,
Mais y’a des mecs qui font du slam, et qui achètent même mes CD,
Mais ça bien sûr, évidemment, tu le verras jamais au JT…
Dans ma ville y’a des juifs des beurs, des noirs des jaunes et des poundés,
Qui sont toujours de bonne humeur, et sont ensemble toute la journée,
Moi je met des lettres et des mots sur les malheurs de ma cité,
Et dans une seule et même chanson, je place de nombreuses rimes en « é »
Mais je vieillis je prend de l’âge, mais je vieillis je prend de l’âge,
Et il naît alors dans mon cœur une grande envie de partage,
Le soleil brille, le monde est beau, les oiseaux chantent, les femmes dansent,
Y’a de la lumière dans mon cœur, la vie est belle et quand j’y pense,
Ca fait cinq minutes que j’écris, c’est un peu trop j’ai mal au bras,
Alors j’arrête mon texte ici, y’a pas de chute, mais c’est comme ça

Clipart, pourquoi nous faire ça ?

1Cherchant à illustrer un de mes textes, et rédigeant par ailleurs avec word, je me suis dit « tiens, pourquoi ne pas utiliser une bibliothèque d’images libres à laquelle on ne pense jamais, et que personne n’utilise jamais ? Oui, je vais jeter un œil aux cliparts disponibles dans word, lorsqu’on fait « insertion, images, image clipart » ! » J’arrive au constat sans équivoque que je comprend parfaitement pourquoi on ne s’en sert pas… Si on passe sur le design affreux, le choix surprenant des couleurs, la qualité des dessins, l’incompréhensible de l’objet général, il reste après avoir inséré un clipart dans un texte, un goût amer à la bouche, comme si on avait bu du viandox. Quand on place un clipart sur une feuille, on a tout de suite l’impression qu’il va se mettre à clignoter, et qu’une musique midi ultra bruyante va se déclencher sur un air d’Alexandrie, Alexandra…
Une galerie de dessins douteux, moisis, qui donnent envie de vomir ; des monstrueuses agressivités oculaires (voir ci contre, l’homme aux neuf yeux chez un ophtalmo pour extraterrestres, si on se réfère au tableau de lecture sur le mur)…
Petit florilège de ces barbaries visuelles, commentés par mes soins !

2

Ceci est sensé illustrer l’approche d’une fête d’anniversaire. Destiné probablement à orner les cartons d’invitation imprimés soi même avec une lexmark grand public dont l’encre bave et les couleurs sont mal mélangées (l’accessoire ultime de tout beauf qui se respecte)… Si je reçois une invitation avec ce genre de déco, je crois que j’irai à la fête rien que pour casser la gueule de son auteur, même s’il a dix ans !

13Des gants de boxe roses avec un symbole Sidaction sur la manchette…
J’y vois là du racisme manifeste, la volonté d’association gay/sida, et une forme d’ironie moqueuse
à l’encontre des homos qui monteraient sur un ring. Ce clipart a quelque chose de honteux et révoltant
de par sa nature et sa forme condescendante…
3Le père noël de cette image a quelque chose de flippant.
On dirait un pédophile déguisé pour pécho des enfants…

4Je me suis demandé en voyant cette image : que regarde cette secrétaire au pull méchamment violet sur cet écran d’ordinateur. J’ai pensé d’abord à une vidéo des attentats du 11 septembre, mais y’a trois tours au lieu de deux… En plus elle a l’air en train de taper sur le clavier. J’en conclus donc que ce n’est pas une secrétaire mais une femme qui ne trouve pas de mec (en raison probablement de sa tenue vestimentaire) et que les trois fenêtres sont des conversations msn simultanées avec des hommes dont le physique doit à peu près ressembler à celui du père noël ci-dessus.
5Que je sois pendu si je devine le sens marketing de cette image…
Un type qui fait visiblement beaucoup de muscu, porte une mallette noire dans sa main gauche et une énorme ampoule dans la droite.
Son genou gauche est à terre, il manque un pied à sa jambe droite, il est posté sur un triangle et derrière lui un fond bleu assorti à sa chemise scintille de mille feux… Tout ça n’a absolument aucun sens…

6Ce pauvre monsieur a visiblement besoin d’aller aux wc, et se retient depuis trop longtemps…

7Enfin quelque chose d’un peu joli, en avant plan à gauche, une femme qui, à en juger par sa couleur, doit être une amie de la famille, ou la nounou. Elle fait cadeau à la petite fille à sa droite d’un petit chat gris acheté en animalerie. A noter que la petite fille est habillée comme la secrétaire critiquée plus haut, ce qui confirme l’idée de la nounou qui la garde pendant que sa mère regarde des vidéos sur son lieu de travail. A noter également que la nounou ne sait pas que les chats ne mangent pas d’aliments pour poissons rouges…

8Ca donne plus envie de se suicider que de se marier une image comme ça.
Là aussi c’est destiné à des faire part DIY (Do It Yourself)…
On peut d’ailleurs jouer à « trouver l’intrus » dans cette image :
« Dans la thématique du mariage, entre le voile, les fleurs, la bague et la chaussure, lequel de ces éléments n’a pas sa place..? »

9« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est que les hémorroïdes se soignent très bien. La mauvaise, c’est que je vais devoir pratiquer un toucher rectal pour étudier la gravité de la chose. Otez votre jean et votre slip jeune homme ! »

10Le futur de la civilisation : les machines contrôlent l’univers et les hommes deviennent des esclaves à la solde des robots. Le $ triomphe, et on a construit deux world trade center de plus en arrière plan. Les femmes portent des colliers et les hommes des cravates. Les pantalons bariolés c’est pour le style et la fantaisie…
11

J’invite quiconque comprenant cette image à me faire part de ses explications par e-mail. Un chandelier à neuf branches qui scintille devant une étoile de david sur font bleu/bleu canard… Là encore on surfe sur le racisme…

12La chaumière ci contre est mitoyenne avec une rampe de lancement de fusée orbitale ; ça pue le secret défense aussi mal dissimulé que les tortures à Guantanamo…
Le bleu et noir doit certainement vouloir dire que c’est la nuit ?

errances nocturnes

Mn_31J’allais dans les nuits, éveillé, usant mes yeux sur le monde…
Je me trainais, las, dans une errance mi-torturée mi-salvatrice, pensant tantôt au suicide, tantôt à la liberté, cherchant parfois, avec une violence éperdue, le chemin qui était le mien.
Par où ? Par où pour que les choses aient un sens ? Seul refuge que je connaisse : substituer à la brutale réalité de l’existence ma réalité alternative, augmentée, une réalité dans laquelle tout est tellement drôle d’absurdité, dans laquelle l’utopie existe, crée de mes mains, de mes pensées, de mes idées; je me sentais, bien souvent, comme un guerrier ; abandonner n’existe pas, lutter est aussi vital que l’oxygène que je respire, lutter jusqu’à la fin, travailler la matière jusqu’à la sculpter totalement, définitivement.
Non, cet univers qui est le mien, ce monde du travail tellement théâtralisé, cruel, et doucereux, tellement faux et manipulable, et manipulé, ne me convient pas. Il me laisse du temps mais un temps absurde, un temps que j’emploie à veiller au lieu de rêver, un temps dans lequel l’obscurité, plutôt que me bercer et me faire dormir, me porte comme un dragon noir dans l’atmosphère usée par les gaz toxiques des pots d’échappement. Je crois pourtant, comme Mark Twain, que si l’on ignore que quelque chose est impossible, on peut alors le réaliser, et comme le Che, qu’il faut être réaliste à l’exiger…
Sur les cendres de cette tristesse qu’est le monde dans lequel nous vivons, j’ai la prétention de vouloir bâtir des châteaux d’argent, et des ponts d’or entre les hommes.

Le théâtre, la télé, la romance et les bâtards…

nbCes dernières semaines, je suis allé plus d’une fois au théâtre. Je ne compte plus… J’ai vu Nono, cette pièce dans laquelle Julie Depardieu joue le rôle d’une jeune femme frivole, aimant le luxe, et se servant de ses atouts pour être entretenue par les amants qui veulent, le tout avec une naïveté toute adorable. 
Après c’était la Parisienne, de Henri Becque, avec Barbara Schulz, pièce dans laquelle une manipulatrice manipule mari et amant, et même un peu l’état français, prouvant par la même occasion que les femmes pourraient prendre le pouvoir si elles avaient conscience du leur. Puis c’était une Paire de gifles, des histoires courtes et enchaînées d’amants trompés, de cocottes déchues, tout cela enrobé dans un sucre guitryesque auquel on prend rapidement goût. Entre tous ces spectacles, je me suis retrouvé à un moment donné dans les loges du moulin rouge, devenu pour l’occasion un studio de télé. J’y ai croisé Ruquier et Gildas, le plus naturellement du monde…

La vie est étrange, elle semble parfois bien plus romance que la réalité. Ces pièces qui vous plongent dans des bouts d’existence qui ne sont pas les vôtres, comme si des amis discutaient dans leur salon, et vous y invitaient… ce plateau de TV surréaliste dans un lieu mythique, où des artistes en devenir, des techniciens, et des personnalités du PAF déambulent devant vous comme s’ils étaient dans le même wagon métro…

Et au milieu de tout ça, un peu étonné, surpris, émerveillé, je me trouve, comme pris de toutes parts par des étoiles filantes, ne sachant pas par où regarder. Evidemment, pour saupoudrer sur le gâteau, quelques bâtards qui tâchent de vous gâcher la vie… C’est ainsi. Ils sont risibles, mais tellement drôles, créent un contraste tellement flagrant entre la réalité objective de ce qu’ils sont et la réalité toute subjective de ce qu’ils croient être…
Ceux là écrivent des chansons pour Johnny, et les lui envoient en espérant se faire un nom dans la chanson, vont voir des spectacles, les filment avec leurs téléphones portables, et les diffusent sur internet, ou profitent de ce vecteur qu’est la télé pour faire du buzz sur le dos de gens qui travaillent dur et depuis longtemps (et sont par ailleurs mes amis)…

Tout cela est plus drôle que triste, plus agaçant que blessant, mais tout cela peut déstabiliser… Pourtant, cependant, l’existence humaine est vraiment trop belle, et il ne saurait être un tableau qui ne la peigne si noire que cela…
Que la lumière soit!

L’infiniment petit

infiniment_petit-763796Einstein, émettait l’idée d’une relativité voulant que nous puissions être tout aussi bien grands que petits, que nous écrasions une fourmi, ou soyions écrasés par des montagnes… Une petite peur peut naître alors dans le cœur de qui n’est pas valeureux: l’idée d’une entité créatrice supérieure, d’un Dieu, omniscient, omniprésent, qui viendrait nous sauver tous de la merde dans laquelle nous sommes, ne tient pas si nous sommes infiniments petits. Si notre univers est contenu dans ce qui pourrait être un grain de poussière, pour un être infiniment grand qui nous aurait conçus, une expérience ratée parmi d’autres, mais dont l’impact destructeur type 2012, ou guerre nucléaire, n’aurait pas plus d’impact aux yeux de cette entité qu’une morsure d’accarien, nous sommes bien complètement dans la merde!
Aucun intérêt pour lui, ce Dieu, ce Grand des Grands, de sauver ce qui ne représente pas plus, à ses yeux, que d’écraser un moustique. Degré de culpabilité zéro! Dès lors, si nous provoquons l’apocalypse, le garde fou qu’est la venue prophétique d’un messie annoncé par tous les religieux fanatiques, ainsi que les écrivains de science fiction, n’existera pas, on peut toujours se gratter !

En 2012, nous crèverons tous dans notre merde, et personne ne viendra, comme dans un film de série B, nous en sortir in extremis!

Le sadique est cohérent !

PROF-SADIQUE-1[1]Dans le milieu professionnel, surtout, on se retrouve face au sadisme, souvent. Et ce sadisme, souvent n’est pas combattu. On subit, avec douleur, les méchancetés du sadique…

C’est quoi la solution ? Face à tout ça ? Tina Arena chantait une chanson imbuvable qui dit « aller plus haut », et moi je chante une chanson imbuvable qui dit « aller plus loin ». Mais cela est impossible ; impossible car incompatible avec l’inertie ambiante, avec l’individualisme, avec l’ego. Tous ces gens qui discutent entre eux de combien ils sont harcelés moralement, épuisés, comme ça peut être une honte de se comporter comme cela avec eux, et puis ? Et puis c’est tout… A partir de quel moment la flamme de la révolte brûle-t-elle dans les yeux des hommes ? A quel instant le déclic se produit-il ? Jusqu’à combien de degré faut-il faire chauffer l’eau avant que cela brûle ? Faut-il mourir, à petits feux pour avoir un sursaut d’agonie? Je suis intolérant, certes, dur envers ces gens qui souffrent, qui sont dans un cercle infernal, une boucle, et pourtant, pourtant, je n’arrive pas à m’empêcher de penser que s’ils ne sont pas capables de se révolter, ils sont acteurs de leur malheur, victimes d’eux même… 

Pourquoi ? Parce qu’un sadique est cohérent avec lui-même ; un sadique appuie là ou ça fait mal, et quand tu souffres, il est content. Mais un sadique n’est pas courageux, s’il lui plait de faire souffrir, c’est parce que la souffrance lui fait horreur, parce que la sécurité est une donnée importante de son psychée. Le sadique a besoin de cette sécurité et si tu engueules le sadique, il s’écrase et devient la victime le temps que ça passe.

Le sadique est cohérent ! Ne l’est pas sa victime, qui contient en permanence son désir de lui faire la peau…

dessin Laurent ALAMERCY

Les visionnaires sont des connards…

On peut se le dire, parfois, à la lumière de quelque réflexion, les visionnaires sont des connards…

Ils imaginent le monde de demain. Ils croient inventer l’énergie atomique, elle sert en fait à fabriquer la bombe A, ils croient vous faire plaisir en proposant des princes double saveur (moitié chocolat, moitié lait) et vous êtes juste dégoûtés de ne l’avoir pas remarqué avant d’être arrivés chez vous…
Les visionnaires, quand même, parfois, vous préviennent de dangers imminents qui vont vous tomber sur le coin de la gueule, et là, on les regarde comme des démons. Les visionnaires qui vous disent « attention, là je sens l’enfilade avec du gravillon, et sans égards pour vos hémorroïdes !» et que vous regardez comme des types avec une toge et une barbe blanche, qui marchent pieds nus dans les locaux de votre entreprise, avec une cloche à la main, disant « c’est la fin du monde ! C’est la fin du monde! »
Quelques mois plus tard, cependant, le derrière en chou fleur, vous vous direz « il savait, et il n’a rien fait ». On sait parfois être bien aveugle, et quand cela nous porte préjudice, on sait ensuite ne pas être responsable de nos cécités…

As-tu ta dose?

focacciotto[1]De bon matin, après m’etre pressé de finir un truc pour le boulot, après m’etre douché, habillé, j’ai faim… Mangé léger la veille, besoin d’une dose… Il est 8h00, je me fais un sandwich saucisson et je pars avec. Je me sens euphorique, comme un héroinomane qui vient d’avoir sa dose in extremis, en promettant de la payer demain. J’en salive d’avance, faisant tout ce que je peux pour ne pas me shooter en pleine rue mais jpeux, pas c’est plus fort que moi. Je mange mon dwitche sur le quai du tram, devant tout le monde, comme un exhibitionniste qui dévoile ses vices  et ses parties sans aucune espèce de pudeur… Plus loin, je vois un homme en train d’attendre l’ouverture presque effective du bistrot; alors, par la pensée, je le rassure:
 » t’en fais pas mec, moi je te comprend… »

L’inde et les lentilles et les mecs qui n’adhèrent pas…

lentilles de contact

Les ophtalmos étaient incapables de diagnostiquer d’où provient ma conjonctivite chronique, et incapables également de prendre le risque de m’autoriser le port de lentilles… Me retrouvant, au hasard des circonstances et des occasions, dans un pays où vous achetez vos lentilles pour le tiers du prix, et sans ordonnance, j’ai décidé de tenter le coup… Alors j’y arrive une fois sur deux. Dès fois la lentille adhère, et des fois non… Souvent non. J’ai pas la technique! La lentille de contact me ressemble… Elle n’adhère pas toujours… Elle n’accepte pas toujours le contact, ne répond pas mécaniquement… C’est l’accessoire qu’il me fallait, celui qui, quand c’est possible, m’aide à me départir de cette image fausse de niaise innocence qui semble si souvent me coller à la peau…

La lutte contre les momos…

TRL’intégrité de mon intimité n’a jamais fait les frais d’une quelconque menace. Hormis ces immondes et pourtant universelles mines que l’homme pose oú il peut, et selon les circonstances, rien n’est passé par là, sauf peut etre un ou deux suppos imposés par ma mère quand j’étais petit et malade. Quel ne fut donc pas mon étonnement, en me réveillant ce matin, d’avoir l’impression que le rer e m’est passé dans le petit! Ah, me dis-je? La traduction physique d’une réminiscence d’abus sexuels sur ma personne étant bébé, réminiscence qui se serait manifestée dans mon sommeil par l’intermédiaire de cette balance de subconscient? J’ai pourtant eu une enfance heureuse, et pas le moins du monde le souvenir ni le sentiment d’avoir été approché par un quelconque spécialiste de la profession (profs de musique, pretres, ou militaires en permission…). Qu’à cela ne tienne, je vais faire caca. Mon subconscient se débrouillera avec lui même quand je re-dormirai. Alors, assis et insouciant, je me retrouve devant l’atroce vérité…

Soit j’ai mangé, hier soir, une salade de lames de rasoir, soit j’ai atrappé quelque chose au saint fion. Ayant la pudeur d’une vieille pute en fin de carrière, j’oserai vous dire que la seconde hypothèse était à la fois la bonne, et la plus probable, n’ayant aucun passif de fakir. Désireux de garder intacte ma virginité anale, je redoute donc immédiatement le toucher rectal pratiqué avec tendresse par les médecins de france et de navarre… L’auto médication me semble donc appropriée. Ni une ni deux, j’envoie un sms à deux personnes de mon entourage qui avaient osé m’en parler, lorsqu’ils ont fait face à ce terrible fléau des hommes et femmes du monde, dont on ne doit pas prononcer le nom et qui rime avec tabloïdes. L’une me préconise une pommade, et l’autre de boire beaucoup de jus de pomme. Comme avec tout ca, je suis déjà en route pour le taff, j’achète à franprix une bouteille de 100 % pur jus d’un litre, que je bois en deux heures. Cela a probablement des vertus curatives naturelles, permettant au sang de se fluidifier, et aux momos de se réduire? Non! Me répond-on par sms après que j’ai posé la question, et après aussi que j’ai tout bu. C’est juste pour aller plus facilement aux toilettes…

Effectivement, je confirme le pouvoir laxatif du jus de pomme 100 % pur jus… J’embaume les locaux à plusieurs reprises, espérant que le nombre de personnes présentes et la proximité des bureaux empêche quiconque de deviner qui a pété.

Entre deux accalmies, et non sans avoir vu mes collègues augmenter la clim, et traiter de « vrai porc » celui qui fait tout ca secrètement, l’exhortant à faire montre de respect en allant aux wc (l’est con lui, si je fais ca jme dénonce), je profite d’internet pour chercher une méthode sans T.R. J’en trouve, j’en trouve même trop. Ca va de la pommade aux gellules de phyto thérapie, en passant par le miel, les noix écrasées dans du vin chaud… Et pourquoi pas se tapisser le cul avec du nutella? Je passe aussi sur les gens qui vous diagnostiquent un cancer de la prostate ou une trombose, en se basant sur l’expérience de leur oncle qui a du se faire opérer d’urgence… Sur un site sérieux néanmoins, je trouve une pommade qui semble efficace et que j’achète donc auprès du pharmacien, qui est d’ailleurs une pharmacienne très jolie, qui probablement, au vu de son regard concerné, sait exactement ce qu’est le titanoreine que je viens de lui demander… C’est mal barré pour avoir son numéro! Elle précise par ailleurs, levant ainsi tous mes doutes concerant son ignorance du produit, qu’il contient un anésthésiant qui va soulager la douleur… Effectivement, à l’heure ou j’écris ces lignes, je puis vous assurer que ce n’est pas une mythomane. Arrivant chez moi, accompagné du produit et de mon habileté habituelle, il me manque une main. En effet, après avoir ouvert le tube, je réalise que l’embout de plastique de la pommade est emballé lui même dans un plastique. J’ai besoin de mes deux mains pour déballer, et le tube de pommade aux anésthésiant finit donc entre mes dents le temps d’ouvrir correctement le sachet. Ce qui devait arriver arrive, mes lèvres se retrouvent tapissées d’un peu de crème, étrennant le produit avant même mon annu! Et deux minutes après, les voilà ankilosées comme du poisson pané pas encore décongelé. C’est le même effet que quand on se réveille d’une nuit de sommeil durant laquelle on a dormi sur son bras. Bien sûr le téléphone sonne, bien sûr c’est un appel important et je ne peux de plus pas forcément décrocher vu la position délicate qui est la mienne…

Pour conclure, à l’heure ou j’écris ces lignes, assis dans mon canapé, j’ai le passe muraille anésthésié, et j’espère fortement aller mieux demain. Ce truc touche 80 % des adultes hommes ou femmes, est trop tabou pour etre évoqué; cela se soigne pourtant facilement pour peu qu’on fasse ce qu’il faut faire…

Si demain j’ai encore mal, j’essaiera le nutella!

Dans un sale Etat…

Ainsi au hasard des errances sur le net, les sites de vidéos comme youtube ou dailymotion, que je délaisse en ce moment largement au profit du site de l’INA, je découvre que la personne qui s’oppose le plus violemment à Sarkozy en ce moment au sujet des roms, et de la politique démago nécessitant le gain de voix par avance (même stratégie qu’aux précédentes élections, et on tombera dans le panneau tout comme) est Dominique de Villepin.
Les vautours pour chasser les hyènes… C’est qu’on est quand même dans un sale Etat…

C’est pas mon problème

Nous vivons dans l’ère du « c’est pas mon problème ». Ne dites pas que vous avez eu un souci, car c’est le vôtre, pas celui du voisin, pas celui de votre boss, ou de votre guichetier de la poste ou des impôts.
« Vous auriez dû prévoir », on vous dira.
« Votre courrier n’est pas arrivé ? Il fallait l’envoyer en recommandé, ce n’est pas mon problème. »
C’est l’ère du « pas droit à l’erreur » l’époque du « chacun reste à sa place ». Vous, moi, lui…
N’espérez pas attendrir qui que ce soit, vous vivez dans l’époque du « jm’en bat les couilles ».

Face à soi…

P1070097Le moment crucial, celui qui, sans doute, changea tout, fut déterminant, est celui-ci. Pushkar est une petite ville, à l’ouest de Jaipur, à laquelle on accède en passant par Ajmer, et en prenant le bus. Elle entoure un lac sacré, et possède le seul temple dédié à Brahm?, le dieu des dieux (voir ici). Autour du lac, des escaliers, qui y mènent (les gats) sur lesquels il est interdit de marcher chaussé. J’ai trouvé dans ce lac sacré un écho, un son qui me renvoyait à moi même… Tout alors s’est envolé. Un cadeau du dieu?  Une offrande miséricordieuse, la paix?

C’est donc les pieds nus que l’on vient se poser sur la dernière marche du Gat, contempler la magie de ce lieu qui ne ressemble à aucun autre; et l’on entend les chants sacrés, et l’on se dit: « je vais partager l’eau des tortues ». Alors on descend un peu, marche après marche, sans rien comprendre ou ressentir vraiment et puis soudain tout change. Quelques marches et tout est différent, quelques marches et le lac devient votre égal. Vous avez les pieds dans le lac, le lac réunit tous les hommes le lac vous relie à l’univers, vous entendez les chants, votre horizon devient cette étendue qui soudain devient vous…
Et tout à coup s’envolent vos doutes, vos inquiétudes, votre stress urbain, vos douleurs. Vous planez, étranger à vous même, étrange à vous même, tout devient facile. Nulle épreuve n’existe plus, nulle difficulté, tout s’affrontera désormais avec aisance et agilité. Les vraies valeurs vous apparaissent aussi clairement que le superflu. Il n’est plus besoin de rien, quand on est dans ce lac, et qu’on écoute doucement ce qui vient du fin fond de soi même…

Le tragique destin du criquet indien

criquetLorsque vous prenez un train sleeper class (couchettes) qui roule toute la nuit, et que de surcroît vous prenez ce train dans un autre pays, il peut arriver des choses étranges. Lorsque le train de nuit Udaipur / Delhi, qui met 12h30, s’arrête à une escale, que les lumières à l’intérieur sont allumées, cela attire des criquets. De gros criquets indiens, qui sautent à l’intérieur du wagon, chassés par les mouvements habitués de la population locale.

Quelques touristes aussi, dans quelque obscur wagon, sautent parfois au plafond en voyant l’animal, pourtant inoffensif…

Moi ça me rend triste. Triste parce que de tout le voyage je n’ai pas aimé Delhi, ville pleine de bruit, d’une euphorie stressante, oppressante, où la densité vous bouscule quoi que vous fassiez, et où que vous alliez…

Du coup je pense à ce pauvre criquet, attiré par la lumière, qui saute dans le train à Udaipur, avec l’innocence un peu bête qui caractérise ce genre d’animaux, sans imaginer que dans une poignée d’heures, il aura parcouru 735 kilomètres, et se retrouvera donc à mille bornes de son habitat naturel, dans lequel, peut être, il avait ses habitudes, une vie sociale, dans lequel, peut être, il chantait la nuit, en regardant passer le train que ce soir il aura pris…

S’adapter

Dans le voyage, une des choses qui me frappe le plus, est cette capacité d’adaptation qu’on finit très vite par avoir… On s’adapte aux paysages, aux peuples, à la faune et à la flore comme ça, en quelques jours. Alors même que nous avons vécu trente années de nos vies dans notre vieille europe, avec nos habitudes, avec nos compagnons, on sait délaisser tout cela pour autre chose; tout, ailleurs, devient aussi habituel que si on l’avait toujours vécu ainsi…
Prendre un rikshaw qui roule à toute allure dans les rues de Jaipur, dépasser un dromadaire tirant une charrette, contourner une vache sacrée au milieu de la route, et croiser des touks touks à vélo transportant des grands mères en sari devient tout à fait normal à nos yeux… Aussi simple et banal que de dire «namaste».

De Paris jusque Delhi

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drapeauLe ciel est chargé de nuages, l’air est chargé d’eau de pluie, et pourtant la route est claire. J’ai jusque vendredi à tourner en rond dans une pièce ronde, envahi par des musiques de films, des images pleines de couleurs, en sachant à moitié à quoi il faut s’attendre…

Mon « intuition » profonde de l‘avenir ne m’avait jamais aussi violemment envahi. L’impression que ce voyage va changer profondément mon existence. L’impression que du haut de mon pigeonnier, enlacé par les chants et l’optimisme de Swades, K3G, Rab ne Bana di Jodi, et autres films, l’inde s’invite déjà un peu chez moi, vient déjà me chercher, pour m’emporter… Un appel omniscient… Une impatience qui plane…

Je sais pourtant ce qu’est partir… Mais là, une poudre rouge, jaune, verte, semble, volatile, danser autour de moi.

C’est comme si, du haut de ce perchoir arrondi, la pluie, le gris de ce mois d’aout n’existaient pas ; J’imagine une force semblable à un nuage, multicolore, venant doucement envelopper nos cœurs et nos corps. Tout va tourner, s’engouffrer, ressortir, bousculer…

Je ne sais décrire à l’avance ce que je vivrai dans une poignée de jours, mais il me semble déjà y être, il me semble déjà avoir décollé de cette grise et parfois si mécanique métropole, avoir déjà mis un pied dans la liberté de l’ailleurs…
il me semble, en cet instant, que je ne suis déjà plus là, que je n’écris pas vraiment depuis mon bureau…
Il me semble, en cet instant, qu’en fermant les yeux, je les rouvrirai dans les rues animées de New Delhi…

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Diphtérie, Tétanos, Polio, Palu…

20070102_FIG000000002_22848_3J’ai fait ce matin des vaccins en prévision du départ. DTP (diphtérie, tétanos, polio), et hépatite A. « Cela aura peut être des effets secondaires » avait dit le médecin. Et effectivement, à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai la diphtérie. Maux de têtes insupportable, envie de vomir, fatigue, et une température qui monte…

Sinon c’est l’hépatite, je ne sais pas quels sont les symptômes de l’hépatite ? Ou bien Polio, j’en ai toujours entendu parler, sans vraiment savoir ce que c’est… Polio me fait penser à scoliose, et j’ai toujours eu l’impression d’une maladie qui vous fait marcher de travers ou qui vous rend bossu. J’espère seulement ne pas finir bossu. C’est comme le tétanos, c’est pas glamour, on a l’impression qu’on peut l’atrapper en se piquant avec un clou rouillé… 
« j’ai atrappé le tétanos en inde…
- Mouah ah ah! Je te crois pas! tu t’es piqué avec un clou rouillé, looser! »

A la limite la diphtérie c’est classe, un genre de fièvre, une maladie exotique… A choisir je préfère avoir ça…

On peut se la péter en disant « j’ai atrappé la diphtérie en inde »!

Journal Posthume de Stéphane Shlemhil

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© RDT Info

Voilà trois jours que je sais. J’ai le sentiment étrange que commencer ce journal me précipitera vers sa fin… Si vous lisez ces lignes, c’est donc que je suis mort. C’est étrange l’annonce de la mort… Ca vous tombe dessus en quelques secondes. Un coup de fil et la messe est dite:

«Monsieur Shlemhil?
-C’est moi?
-Ici le laboratoire d’analyses médicales, nous avons reçu vos résultats.
-Ah… quelles sont les nouvelles?
-Eh bien la grande faucheuse passera vous prendre dans moins d’un mois, serez vous disponible?
-Je me débrouillerai pour me libérer…
-Eh bien c’est entendu, bonne journée monsieur Shlemhil, et profitez bien du temps qu’il vous reste…»

Et voilà. Le soleil a rendez vous avec la lune, et Stéphane a rendez vous avec la mort. Mon état m’inspire une étrange mélancolie, teintée de sarcasmes.

Il me vient des poèmes étranges, des parodies de choses acquises durant ma vie, de choses qui, finalement, ne serviront à rien:
«Demain, dès l’aube, à l’heure ou blanchit la campagne, je partirai… Vois tu, je sais que tu m’attends…»

Cette phrase me convient. Je l’ai imprimée, encadrée dans l’entrée. Elle me rappelle que demain, dès l’aube…
C’est étrange, de faire d’un être impalpable, inconnu, sauvage, et méprisé, une compagne virtuelle. J’ai des choses à faire, des notaires à voir, des parents à consoler…
Mourir à 35 ans, quand on a une vie sociale, c’est très fatiguant. On doit faire face à tout un tas de responsabilités…

Lundi 14 Octobre 2013 – 21h

J’ai eu une migraine atroce. Quatre jours d’hôpital. C’est facétieux une tumeur…
Je commence à réfléchir à ma soirée d’adieu. Il serait temps. Le médecin a été franc:

«Monsieur Shlemhil, il serait sympathique de mourir normalement. Cette crise ne correspond pas à mes pronostics! Cela pourrait me porter préjudice, prenez votre temps, on n’est pas aux pièces!
-Je suis désolé, j’essaierai de vous faire honneur, docteur!
-Je l’espère bien! Amusez vous, sortez!
-Merci docteur!»

Alors je réfléchis à ma petite surprise party. Qui est-ce que j’inviterai? Quelle musique jouerais-je?
J’en connais une de circonstance, mais il est probable qu’elle ne fasse pas rire tout le monde. Brel, le moribond.

«Et jveux qu’on, rie, jveux qu’on danse, jveux qu’on s’amuse comme des fous…»

En réalité, je meurs de trouille… Quand c’est qu’on me mettra dans le trou?

Mercredi 16 Octobre 2013 – 19h

Je suis encore dans un lit d’hôpital. Le médecin s’impatiente. C’est ma faute, il m’avait déjà donné un avertissement la dernière fois. Cette fois, c’est de la fièvre. Une bonne grosse fièvre. Le genre que si vous faites pas gaffe, vous pouvez subir une combustion spontanée, avant même de mourir de votre cancer… Ma femme a eu le bon réflexe, encore une fois. Elle a appelé le samu. Ils m’ont mis dans de l’air liquide, ça m’a refroidi.
Le samu, les médecins, sont sympathiques, ils sauvent la vie de ma tumeur. Elle a bien failli y rester cette fois ci. Finalement, cette combustion spontanée aurait pu me décharger du choix cornélien qui me tiraille en ce moment: cage à poule ou incinération?

Jeudi 17 Octobre 2013 – 20h

J’ai un virus.

Voilà: deux méchantes saloperies vont se disputer mon corps. Laquelle l’emportera?
A ma gauche,130 grammes à la pesée, surnommée «la dévoreuse de cerveaux», celle qui a remporté plusieurs millions de victoires à travers le monde, pour un nombre pitoyable de défaites, j’ai nommé Jessie «tumeur» Peur-de-mourir.
A ma droite, poids inconnu, surnommé «l’envahisseur d’organismes», le challenger: virus inconnu, inhabituel, orphelin, rigolo, faisant pousser des boutons dans le dos, et dont tout le monde se fout cordialement:

John «patient zéro» The road again.

Les docteurs cherchent encore, et je m’inquiète moi même. Si Mathilde, ma femme, lisait ce journal, ce n’est pas le samu mais SOS Psychiatrie qu’elle appellerait.

Vendredi 18 Octobre 2013 – 14h

Les médecins ont tout ce qu’il faut pour chercher quel est encore que ce virus étrange, et je peux sortir. Je prend le temps de le griffonner ici: je me sens mieux. Je crois que je vais préparer le marathon de paris, qui a lieu dans six mois.

Vendredi 18 Octobre 2013 – 22h

Ma femme est sortie de la salle de bains, et elle m’a trouvé allongé dans le salon, inanimé. Je me suis réveillé au bout de cinq minutes, sans son aide. Elle m’a engueulé, et j’ai été obligé de faire comme dans les films:

«Je n’ai pas besoin de ta pitié, je n’ai pas besoin de toi! Va t’en refaire ta vie!»

J’ai hurlé et claqué des portes pour faire plus vrai. Elle est donc partie. Je l’ai attendue toute la soirée, et finalement, Mathilde… est revenue.
Mon coeur arrête de brinqueballer…

Samedi 19 Octobre 2013 – 9h du matin

Je suis tombé dans un profond coma, suite à une attaque. A mon réveil un voile nuageux me couvrait les yeux. Tout le monde était flou, voyez vous? C’était rigolo, parce que j’avais toujours rêvé que ma vieille tante Catherine ne m’éblouisse plus par sa laideur insupportable. C’était maintenant chose faite!
Je me rappelle les champignons hallucinogènes que j’avais mangés une fois, ça me ramène à ma jeunesse de dépravé…

Ah 2003, époque bénie. Les voitures ne roulaient pas toutes seules, les téléphones portables n’avaient pas la taille d’une oreillette, les films holographiques n’existaient pas, mais les tumeurs mettaient quarante ans à vous tuer, des virus inconnus ne surgissaient pas dans votre organisme, vous donnant de la fièvre et des pustules sur le dos, et vous pouviez manger du poisson…

Ma vue est revenue assez pour que je discerne ce que j’écris. Les médecins n’ont aucune idée de ce qui m’arrive. Ils envisagent un nouveau scanner, parce que, disent-ils, ils préfèrent analyser mon cas tant que je suis encore en vie, ce sera moins intéressant après.

Ils veulent voir bouger mon cerveau en trois dimensions dans des couleurs chatoyantes et nacrées…

Mercredi 23 Octobre 2013 – 15h

Je tousse, j’éternue, j’ai mal à la tête, et j’ai des courbatures. Le scanner n’a rien donné, je suis retombé trois fois dans le coma en quatre jours, et je me demande bien pourquoi je me réveille…
J’aimerais autant que l’ange de l’apocalypse vienne m’emporter maintenant. Je suis fatigué; là je suis las.
Mathilde me regarde étrangement depuis quelques temps. Peut être a-t-elle eu une aventure extra conjuguale?
Un mec en bonne santé, un qui ne tombe pas dans le coma, qui ne lui hurle pas de dégager, un qui l’emmène en ballade sur le canal saint martin, en lui chantant des chansons mielleuses…
Un plus en forme quoi.

Mes jambes ne répondent plus. Le médecin est venu me voir :

«Alors Stéphane, vous tenez le coup?
-J’apprend l’usage du fauteuil. J’hésite entre le suicide ou le marathon de Paris version handisport.
-Ca existe ça?
-Je ne sais pas, mais il doit falloir une sacré force dans les bras».

Et je lui mime le mec qui sue sur son fauteuil, à donner frénétiquement de coups de roulettes vers l’avant. Ca ne le fait pas rire.
Je ne sais pas si j’ai le moral ou pas. Mathilde m’a dit que j’étais odieux, et que je cachais forcément un sentiment de tristesse, de peur ou de douleur, mais je crois en fait que je m’éloigne de moi même.

J’ai accepté l’idée de partir, mais je commence à penser que le plus tôt sera le mieux.

Qu’ils aillent tous se faire foutre!

Mercredi 23 Octobre 2013 – 20h

J’ai réfléchi. Je n’assisterai pas à mon enterrement, alors autant ne pas le faire en grande pompe. Je mettrais les sous sur le livret A de ma petite soeur Eloise. Mathilde se contentera de ma lucrative assurance vie.
Je dirai à Mathilde d’acheter du pain de mie et de la Rillette chez Leader Price, elle fera des tartines en triangle, avec une olive piquée au cure dent. Moi, dans un coin de l’appart (sans doute le bureau, c’est là que je passe le plus clair de mon temps) je serai allongé (les jambes pliées il est trop petit ce bureau) et les gens pourront me visiter, me baiser le front, ou déposer une gerbe.
Je n’ose pas imaginer la nature de la gerbe, surtout si Laurent, mon meilleur ami, décide de me rendre hommage à sa manière, (avec une bonne bouteille de vodka).
Je serai étendu sur des tréteaux, et dans la cave, six planches de bois à la découpe me serviront de tombes. On pourra me laisser là, ça donnera le frisson aux nouveaux acheteurs de mon appartement, et s’il y a une vie après la mort, et que j’assiste à cela en tant qu’ectoplasme planant, cette blague me fera tordre de rire outre tombe…

Samedi 26 Octobre 2013 – 15h

Les hôpitaux aiment vous lâcher dans l’après midi. Cette fois j’allais bien, mais je trouvais que ça faisait un moment que je n’avais pas fait un petit séjour aux frais de la sécu et de la mutuelle. J’ai simulé une crise, et ça a marché.
Un scanner supplémentaire est prévu, mes analyses de sang dénotent une activité anormale de mon système immunitaire, signe probable de la victoire de la dévoreuse de cerveaux. Je passerai sous le cerceau magique demain matin, à 6h… bande de pervers!

Dimanche 27 Octobre 2013 – 8h

Le scanner est passé, mais il déconne un peu. La tumeur n’apparaît pas bien sur l’hologramme de visualisation en trois dimensions. D’après l’image, elle ne mesurerait plus que la taille d’une pièce de 2 euros.
Si c’était le cas, les médecins pourraient l’anéantir avec la chimio, mais vu mon état, ils pensent que ces foutus appareils «made in china» font encore des caprices. Je repasse demain.

Lundi 28 Octobre 2013 – 8h

Je suis repassé au scan mais Rebelote. J’ai l’impression d’être un vieux cliché argentique qu’on veut travailler sous photoshop. Cette fois c’est une pièce de 10 cents ma tumeur.

Le médecin a réfléchi: il pense que le scanner est magique, qu’il a des vertus curatives, et qu’il crée une faille spatio temporelle qui fait revenir mon organisme dans le temps.

Je lui ai dit qu’il était indécent de fumer du hash en présence de ses patients, et il a éteint sa roulée en grognant.

Mardi 30 Octobre 2013 – 10h

Je ne tousse plus, ne transpire, plus n’ai plus de fièvre, j’ai faim, je n’ai plus mal. Si ce sont là les râles de l’agonie, j’en prendrai bien encore un peu…
Tout ça sans morphine, merci la faucheuse!

Mercredi 31 Octobre 2013 – 15h

Je suis chez moi, dans ce bureau, future chambre mortuaire. Je pense mourir bientôt. De la même façon qu’un ami vous a dit «j’arrive tout de suite», j’attends l’ange de la nuit.
Je n’ai pas envie d’écrire en ce moment. Beaucoup d’hôpital, de temps passé à regarder les médecins passer du temps à étudier mon cas, et l’impression sordide que tout ce que j’ai consigné dans ce carnet, jusque là, fait de moi une espèce de monstre immoral. Je vais tâcher de dormir un peu. Peut être ne me réveillerai-je pas…

Jeudi premier novembre 2013 – 21h

Je suis toujours chez moi. Ca commence à bien faire, il faut savoir mourir!

Vendredi 2 novembre 2013 – 11h

J’ai reçu un coup de fil étrange. Etre le patient zéro d’une maladie orpheline, et avoir une tumeur au cerveau en même temps, crée des scènes parfois surréalistes. Un type, expert et étranger, me parlait avec un accent étrange. J’ai déjà entendu ce genre de chose, quand j’étais petit, et que je regardais Hubert Reeves à la télé, le barbu astrophysicien qui racontait les planètes.

 

J’irai ce soir à l’hopital, pour subir une intervention spécifique, et refaire un scanner. Ils en ont trouvé un vieux dans leur cave à bricoles, ça devrait faire l’affaire.

Samedi 3 novembre 2013 – 9h

Les docteurs sont des incompétents: ma tumeur aurait disparu… Je trouve que c’est un peu fort de balader les gens dans des considérations comme celle là. On ne prend pas rendez vous avec une star comme the Dead one, pour vous le faire décommander au dernier moment. J’ai insulté les infirmières, et craché sur quelques internes.

Et puis Hubert Reeves a débarqué, l’air jovial et plein de bonhomie, je l’ai trouvé indécent. Il m’a déclaré que j’étais totalement guéri, mais qu’on allait se revoir souvent.

Il a dit qu’il avait besoin de moi, que je révolutionnerais le monde de la médecine de ces cinq prochaines années.
J’ai contracté, dieu sait comment, le premier virus capable de guérir. Il se nourrit de cellules malades et anormalement constituées, draine l’organisme, et sur-active les défenses immunitaires.

Hubert me regardait, les yeux brillants, comme si j’étais le sauveur du monde. Il m’a demandé comment ça allait. J’oscillais entre l’euphorie et la crise de larmes. J’ai eu envie de lui sauter au coup et d’embrasser sa barbe généreuse, j’ai eu envie de hurler ma joie de vivre…

Caméléon capillaire – suite

cameleonSelon qu’on les coiffe d’une manière, ou d’une autre, le résultat donne sur la personne une image totalement différente; premier de la classe, relax, psychopate, démodé ou cool… Les cheveux font l’être! 
Essentiellement je leur donne un petit effet saut du lit (coiffé / décoiffé) ou bien je les lève façon surfeur californien. Mais je pars en voyage, et quand je pars en voyage (un grand voyage hein, pas le tour à vélo sur le canal de l’Ourcq, ni la visite de papi, à Melun) eh bien je rase tout. Et ça fait du bien. Les cheveux rasés, c’est comme quand on a payé ses impots, ou déposé ce chèque à la banque: un souci de moins, un truc auquel ne plus penser.
Mes cheveux sont vivants, ils défont régulièrement la forme que je leur donne dans l’objectif pur et simple de me ridiculiser, ce à quoi ils parviennent une fois sur deux…

Ceci pour hommage à ces compagnons de toujours, qui me cassent les couilles tous les matins, mais ont la gentillesse de ne pas vouloir me fausser compagnie, puissent-ils survivre au déluge capillaire biblique qui se prépare, et repousser comme sauvés par une arche identique à celle de Noé ! Et pour ceux qui voudraient encore creuser cette magie crânienne, c’est par là!

Le petit prince…

Le_Petit_PrinceEtranger au jugement des autres, répondant à sa propre logique, amoureux de l’instant, amoureux de sa rose, triste de ce que font les grandes personnes, parcourant le monde, avec un regard curieux, philanthrope et franc, ne s’ennuyant jamais, il finit par s’en retourner dans sa bulle, sur son astéroïde, piqué par le serpent, et préférant son monde à lui, substituant à celle qui existe le filtre de sa propre réalité.

Triste parfois, mélancolique, poétique, il aime regarder se coucher le soleil. Contemplatif à l’extrême, son amour d’être et d’apprendre n’a de limites que celles que le monde lui impose, et le monde n’arrive pas à lui en imposer beaucoup : quelques sentiments humains, l’absurde des choses sérieuses, l’égoïsme, la bêtise…

Il compense… Il est capable de profiter pour son départ, d’une migration d’oiseaux sauvages, de marcher doucement vers une fontaine, de comparer son rire à la roue d’une poulie, au milieu du désert, en puisant l’eau du puits. Toujours ancrée profondément en lui, l’odeur de sa rose, sa couleur et sa voix le lancent comme une vieille blessure, qui se réveille les soirs d’hiver, mais qui lui rappellent qu’il est vivant, et qu’elle est là, jamais loin, toujours fidèle, toujours à lui, triste elle aussi d’être loin…

 Je me sens parfois très exactement comme cet enfant des sables chauds, et si je vais dans le désert, je chercherai la dune où il est apparu…

A l’ancienne (exercice de style)

autrefois« J’avais collé les miquettes à mon tenancier. Alors qu’il voulait m’obliger à rester plus longtemps, comme il avait l’habitude de le faire, je l’avais envoyé sur les roses. Pas méchant non, pas comme un ours qui file un coup de patte, et qui grogne façon carnaval.
Froidement, calmement, à l’ancienne, il a vu qui était Tonton.

Ca a résonné comme un coup de semonce le truc Bat :

« Tu vois cette horloge bonhomme ? Celle qui est là, juste au dessus ? L’aiguille a dépassé l’heure…
- Et alors ?
- Et alors à ct’heure, j’ai plus aucune raison d’écouter tes salades ! »

Ca lui a pas suffi…Comme il insistait, j’ai collé une avoine. Il a compté ses abattis… Il s’est relevé, a menacé de me virer, mais j’avais déjà pris la tangeante… Ca valait largement la sauce. Son boulot cradingue, sa dégaine, moitié pouilleuse, moitié sadique, rien ne m’atteignait plus. J’avais passé l’âge de me laisser emmerder. J’avais remis à sa place, en ébouriffant son toupet, ce blanc bec mal dégrossi qui avait jugé clean de me prendre pour un bleu…

C’était simple, efficace, et rapide, façon commando, aussi tranquille qu’un vieil aristo… Fallait vraiment avoir un grain, pour s’en prendre ouvertement à Tonton… 

Le blouson sur l’épaule, la cravate détachée, je claquai la porte du bureau pour ne jamais y revenir. Mon avenir était devant moi…»

Rajasthan

Sans titre

La date du départ s’approche tranquillement. Cette certitude de s’en aller là bas, les billets étant pris, les accessoires achetés, les visas demandés, tout cela ressemble à une montagne russe qui grimpe à sa vitesse, faisant « clac, clac, clac, clac, clac… »
A mesure que j’achète un sac de voyage, des chaussures de marche, que je vérifie mes vaccins, je réalise ce qui se passe. Assurément la vie d’un homme, sa perception profonde du monde, de la vie, et des autres, change autant qu’il voyage.
La Tunisie, ancrée en moi profondément, comme une partie de ce que je suis, bien que depuis longtemps je n’y sois retourné, l’Irlande qui m’a changé dans ma façon de contempler, dans mon écriture et ma mélancolie, Cuba, gracieuse comme une femme élégante, a aiguisé ma perception du monde économique et politique, et aussi ma vision de l’immense ; l’Arménie, qui est littéralement tout pour moi, la Hollande où j’ai découvert ce qu’était la magie, la Pologne tellement digne, paisible et simple, l’Espagne, estivale, brûlante, impitoyable avec les taureaux, et si belle par ailleurs, l’Italie, l’Angleterre, la France même, Strasbourg, Poitiers, ou les villes médiévales comme le Blanc, aux ruelles de châteaux, qui sont chargées d’histoire…
On change en même temps qu’on découvre, au hasard des pulsions, des rencontres et des lieux, ce qui existe ailleurs. Alors, c’est comme un voyage initiatique, comme ce moment où le disciple traverse le pont qui le sépare du secret, du graal, et de lui-même.
Franchissant ce fossé, il franchit aussi, au fond, les barrières intérieures qui l’empêchent parfois d’avancer…

Le mensonge et la franchise

pinocchioL’homme triste disait à cette femme rayonnante en face de lui:

« J’avais cela pour toute philosophie. Le mensonge était comme une seconde peau. Le déni aussi… Cela induisait le stress, le calcul, la peur… Ma mémoire a fini par me faire défaut. Je ne savais plus ce que je disais, ne savais plus ce que j’avais déjà dit, je me contredisais, comme empêtré dans des fils d’araignée. Je me faisais bêtement coincer. J’ai perdu, parce que le mensonge comme mode de vie, c’est comme une nuit au casino, on en sort plumé… »

Il déglutit, avachi, elle le regarde:
« tu vois ce n’est donc pas la chance qui t’a guidé?
- non, c’est illusoire la chance, ça n’existe pas…
- eh bien si, ça existe. J’ai adopté la franchise moi. Je défais les calculs en disant la vérité. La vérité, c’est comme ton casino: ça gagne toujours. C’est intouchable, c’est juste. Lorsque la vérité est quelque part, elle a l’endurance nécessaire pour qu’au final la lumière éclate aux yeux de tous. Et surtout, la vérité rend serein, la vérité rend libre…
Elle est apaisante et tranquille, comme la force du même nom… »

Elle tourne les talons et s’en va, il s’enfonce dans sa mélancolie.

Les brèves de comptoir

ricardJ’ai découvert chez ma grand mère, par hasard, et le lui ai volé, un bouquin de brèves de comptoir.

On s’étonne autour de moi, alors que j’en commence la lecture, que ça me plie en quatre de rire. On ne comprend pas, on ne trouve pas en quoi c’est drôle.
Qu’est-ce que j’y trouve?
L’absence de surmoi. Les brèves sont des phrases prononcées par des gens qui n’ont plus de limite. C’est parfois raciste, parfois stupide, désabusé, drôle, logique ou absurde, intelligent, mais tout cela sans filtre. Le fait de se retrouver autour d’un verre de vin blanc, dans un troquet, au delà de la dépendance à l’alcool, répond à un besoin d’expression que décidément on ne peut pas retirer aux hommes…
Avec une bonne dose de second degré, un amour des autres et de l’exagération on pourrait passer des heures chez polo, devant une bière, au milieu des vrais gens.
Là, on peut tout dire et entendre sans pleurnicher sur la morale, l’éthique, la bienséance.

C’est le royaume de l’indiscipline, la liberté d’expression poussée à son maximum.

(en italique le nom du bar – sources en bas de l’article)

La Harpe
Les écologistes, ils s’en foutent de la campagne, ce qu’ils veulent c’est faire du vélo dans Paris pour faire chier les taxis.

L’archiduchesse
Ca m’épate toujours le temps que les gens ils mettent à réparer un carreau.

Le gai laboureur
C’est un luxe d’acheter du poisson aujourd’hui. Ca vaut encore mieux d’aller directement à la pêche que de travailler pour en acheter.

Le carillon
Si c’est la télé qui fait les élections, c’est normal qu’on ait un connard.

Le Paillasson
La grèle, c’est une sorte de pluie paranoïaque.

Les pépères
Un con pareil, ça révolutionne le monde de la science!

Au Baby foot
Si c’est pas des pédophiles,  c’est des alcooliques qu’ils recrutent, pour s’occuper des gosses…

Le clocher
Le roi des abeilles il est jamais là.

Le Bar Ba Papa
Quand on a pas de papiers on fait pas des enfants!

Café Piotr
C’est pas la peine de faire un ministère de l’identité nationale, ça se voit tout de suite.

Café des artistes
Plus français que le drapeau, t’as le Ricard.

Source: Jean Marie Gourio – Les nouvelles Brèves de comptoir

Les nouveaux druides…

druidesPourtant efficaces, et rarement inquiétés, les syndicalistes sont moitié craints, moitié pris pour des fous.
Cela tient-il à la télé, à l’imaginaire collectif, à quelques mauvais exemples, à des pseudos supermans ayant oublié leur slip rouge, comme la couleur du drapeau qu’ils arborent, ces néo-druides voleurs d’âmes? Pourquoi des druides ?

parce que ce sont ces guérisseurs dont on ne sait pas s’ils vont nous soigner, ou bien nous jeter un sort. Trouver une solution discrète à nos problèmes d’entreprise, ou tout faire exploser, à l’abri de leurs bunker d’immunité, sans se soucier des retombées…
 Alors qu’il demande parfois simplement si « ça va ? », le délégué du personnel reçoit comme toute réponse une fuite exagérée, mêlée de peur, une réponse inquiète « oui oui ça va, aucun problème » avec un mouvement de recul. L’air de dire « cherche pas, creuse pas s’il te plaît, laisse moi gérer ma vie ! ». Ainsi qu’un mafieux qui poserait une question pour induire une réponse vicieuse, ou un de ces pestiférés qu’on voit dans les films du moyen âge et qui font fuir les passants ; c’est le méchant du western, à cause duquel on peut attraper une balle perdue, et qui fait qu’on claque les volets, et qu’on le laisse se débrouiller avec le vent et les buissons d’épines qui passent devant le cadre. Et lorsque, pesant sur vos épaules comme un lourd fardeau, vous vous laissez aller à lui raconter un peu vos malheurs, vous êtes morts de trouille lorsqu’il vous dit « tu veux que j’essaie de voir ce qu’on peut faire ? ». Là, les yeux exorbités, le manque de confiance, le stress que tout parte en couilles, l’impression d’en avoir trop dit, vous répondez « non non, ne fais rien pour l’instant, je préfère attendre de voir ».

Paradoxalement, raconter vos malheurs sur la place publique, au vu et au su de tous, et méprisant les conséquences et aux oreilles de qui cela arrivera, ne vous pose aucun problème.
 C’est normal, le syndicaliste, potentiellement, va instrumentaliser vos problèmes, afin d’assouvir son idéologie vengeresse, et son désir de voir chuter le système. Il va donner votre nom, vous citer en exemple, comme celui qu’on envoie en première ligne, en lui disant « t’es un héros mec ! ».
Il n’est pas un contre pouvoir, le néo-druide, il n’est pas un élément nécessaire à l’équilibre de la démocratie, il n’est pas celui qui peut répondre pour vous de choses que vous subissez, apaisant le climat négatif dans lequel vous êtes, il n’est qu’un adorateur des conflits, et veut mettre à genoux le patron, l’entreprise, l’état, et instaurer sur le monde l’hégémonie d’un marteau et une faucille, avec l’aide de son complice de toujours, le juge du tribunal des prud’hommes.

 Que cela vienne des employés qu’il défend lorsqu’ils ont besoin de lui, mais qu’ils abandonnent aussitôt après, car c’est le cousin qui pue, ou des patrons qui voient en lui le danger potentiel à l’élaboration de son plan d’enrichissement (aussi illégal qu’il puisse être), le syndicaliste jouit d’une réputation qui bloque son évolution interne, et le transforme en hérisson plein d’épines, qu’on n’approche pas mais qu’on ne nourrit pas. Il est, à lui tout seul, celui qui met son nez dans vos affaires, alors que vous vous faites tranquillement harceler moralement, sans rien demander à personne ; il est celui qui cherche à éveiller votre dignité, alors que vous souhaitez simplement rester dans votre coin, lâche mais à l’abri, dans votre petite cabane colorée ;
Le syndicaliste vous fait peur, pas parce qu’il remet en cause la façon dont les choses fonctionnent, ni parce qu’il espère un communisme strict dans le monde entier. Il vous fait peur parce qu’il souhaiterait un équilibre sain au milieu d’injustices, vous voir réclamer vos droits, sans avoir nécessairement envie de faire la révolution.

Il est des syndicalistes qui ne sont pas rouges, qui ne veulent pas que le monde change, ou ne croient pas que ce soit possible, il est des syndicalistes qui sont darwiniens, s’adaptent à leur environnement, tentent d’évoluer avec des droits sociaux, et qu’on croit assoiffés de malheur et de perversion.
Le syndicaliste vous fait peur, parce qu’il vous demande d’exiger ce qui vous appartient déjà, et que même cela, vous n’osez pas le réclamer…

Hors du temps… (Extrait)

lrg-2135-bs13_240309897Fallait-il qu’elle soit hors du temps?
Un charme magique lui avait été lancé. La peur, les dangers, les intentions mêmes semblaient glisser sur elle. Immunisée, simplement étrangère à ces passions qui n’étaient pas les siennes, elle dégageait la lumière sereine de celle qui ne craint pas le futur, parce que le futur n’existe pas. Etait-ce une sagesse innée, une force subtile, venue du fond d’elle même? Le sourire du soleil, la douceur de la lune, la fraicheur de la brise, et au loin, tout enfoui, l’amertume acide du sel de la mer…

Les choses étaient faciles, mais bien moins que l’épreuve. S’il pensait pouvoir arranger toutes les gammes, il avait là un casse tête à sa hauteur. Et ce qui n’arrangeait rien, c’est qu’il tomba instantanément amoureux du casse tête!

Gare de l’est…

Assis sur les sièges de métal vert, ligne 5, sur le quai…

Les métros se succèdent, les chansons aussi dans mon ipod, et je cherche à me comprendre. Un jour lumineux qui passe sur moi comme un dauphin sur l’eau. Les souterrains abrités, la lumière des néons, les gens sur le quai, et au milieu, tournant et retournant les moments et les mots, je cherche en titubant un éclat de magie, une impression fugace d’éternité au milieu des incertitudes…

Le Balcon – Partie 2 –

puck024Ayant fini de nettoyer mon balcon, et les vitres, après avoir maudit les pigeons, et en avoir chassé quelques uns par mes cris, je m’attarde sur mon piège à rêves. Accroché là, il a pour mission principale d’empêcher les cauchemars d’entrer dans la chambre. Ayant attrapé beaucoup de rêves, et aidé par le vent, il est tout emmêlé…
Là encore, toujours ému par l’envol des oiseaux vers leur destinée, j’ai trouvé de la poésie à dénouer patiemment les différentes plumes qui ornent l’objet… Il fait jour, je suis enfermé dehors, je sais que les rêves ne pourront pas entrer planer dans la demeure. J’ai l’impression, à chaque fois que je dénoue un fil, de libérer un fantôme, coincé jusque là dans les fils tortueux de la mélancolie.
J’ai l’impression, en dénouant, de dénouer aussi les fils et les plumes de ma propre existence…

Le Balcon – partie 1 –

pigeonSe sentir en phase avec soi même, avec les autres, avec le soleil qui brille ou ne brille pas… C’est souvent un bien grand défi! J’ai nettoyé mon balcon hier. C’est l’été, j’aimerais profiter de ce lieu sur lequel je ne vais jamais, pour boire un verre, ou peut être écrire, à la lueur de la lune, admirant la vue…
Sur mon balcon, je suis en guerre avec des pigeons qui vivent au dessus de la charpente, et qui font leurs besoins sur le sol, là ou je marche. Alors hier, comme si c’était le printemps, j’ai tout viré, et lessivé. Il y avait un nid. Un nid avec deux pigeons enfants, déjà grands, assez peut être pour voler, et surtout nicher sur un nid que je voulais virer. Armé de gants mappas, de sacs poubelles et d’une pelle, je leur ai donné un petit coup de balai. Ils ont voleté vers moi, mal assurés. J’ai compris que le jour du grand départ était arrivé. D’une ça me débarrasse, de deux je leur rend service. Le premier, suite à mes petites invectives au balai brosse, panique et passe entre les barreaux de pierre de ce vieux balcon 1920. Il n’a pas le choix, il devra faire le grand saut. Un peut comme un saut à l’élastique, ou quand on se jette dans le vide depuis une tyrolienne.

Je le pousse au cul, et j’assiste à l’éveil de l’instinct animal dans toute sa splendeur. Quelque chose de grandiose, dans ce moment, ou la chenille devient papillon. Etrangement ému par cette expérience, je m’empresse de recommencer : le second pigeon panique, mais j’ai hâte de voir cette panique se transformer en liberté absolue…
Le même shéma, l’oiseau s’envole et ne revient pas vers moi. Sa demeure aura bientôt changé, son nid ne sera plus, mais quelque chose d’optimiste plane avec cet animal…

Le canard digérateur…

200px-Duck_of_VaucansonJacques de Vaucanson a inventé, voilà 272 ans, un canard digérateur :
« Le Canard Digérateur est un automate canard créé par Jacques de Vaucanson en 1738. Alors que les canards ne peuvent pas digérer du grain de céréales, ce canard mécanique cherchait à montrer comment il est possible de les métaboliser et de déféquer.
Ce canard artificiel de cuivre doré boit, mange, cancane, barbote et digère comme un vrai canard[1]. Les ailes étaient représentées, os par os, d’un mécanisme identique à ceux des vrais oiseaux. Il était possible de programmer les mouvements de cet automate, grâce à des pignons placés sur un cylindre gravé, qui contrôlaient des baguettes traversant les pattes du canard. »

Voilà 272 ans, Jacques de Vaucanson a été visionnaire. Il a crée de toute pièces ce que nous allions tous devenir dans la société moderne d’aujourd’hui: des automates purement mécaniques, contrôlés par des fils de marionnettistes, et libres seulement de métaboliser et de déféquer…Voilà 272 ans, Jacques de Vaucanson a fait ce qu’à fait Dieu: créer une entité à son image. Le vide des âmes et des esprits se ressent tellement fort aujourd’hui qu’il me semble être entouré, partout où je vais, de Canards Digérateurs…

Source: Wikipedia canard digérateur

Plan canicule *

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* La compassion par l’enculade

Les chaleurs estivales ont remis à l’ordre du jour le plan canicule.
Il s’agit d’une technique similaire au plan vigipirate, mais ici le pirate c’est le soleil. L’état est très fort. Supprimant un de nos jours férié au profit des personnes âgées, il était parvenu à engranger notre pognon sans que personne ne réagisse.

Ainsi est-on parvenu à faire payer le contribuable parce qu’il fait chaud. D’ailleurs cette journée de boulot gratuite, ils en ont besoin pour laisser mourir les vieux…
En effet, protéger le bien être de nos vétérans, passait par le sacrifice d’un de nos innombrables repos du calendrier religieux au profit de papy, et mamie. Après tout, on nous le répète assez, nous sommes déjà privilégiés, par rapport aux anglais, aux américains, aux chinois, ou aux indiens…

Ce qui est étonnant, parallèlement, c’est le dé-remboursement de nombreux médicaments très chers, l’extension de l’âge de la retraite, le non respect du minimum vital pour les personnes agées, la privatisation progressive des hôpitaux, et qu’on ne demande aucun geste aux multinationales pharmaceutiques que ces mêmes vieux enrichissent, pour cet effort de guerre que tout un chacun devrait soit disant fournir…

On peut bien se consoler en se disant que si la canicule tue massivement des vieux, vu la moyenne d’âge de nos chers politiques…

Divin Michel

universeQuelque chose avait capoté pour Michel sur la fin de son projet, et son développement était en train de partir en couilles, mais quelque chose de bien.
Pourtant les premières étapes de son concours s’étaient déroulées sans accroc. Il avait même obtenu des résultats préliminaires excellent dans les premières phases de l’interro.
Il y a quinze milliards d’années, heure de début de son exam, il avait parfaitement réussi son big bang. Le mélange des particules s’était conçu correctement, tous les paramètres étaient valides. La création de l’univers s’était déroulée sans accroc, il avait apporté ses modifications au fur et à mesure, sous les yeux satisfaits du Jury. Un examen pratique qui lui avait donné bon espoir de devenir diplômé d’administration de systèmes… Et puis était venue l’épreuve de civilisation…

 Michel faisait son footing sur la voie lactée, et réfléchissait… Pourquoi l’épreuve de civilisation était-elle un échec total ?

En théorie, il avait déjà assez de points pour réussir tout de même le concours, la plus grosse part étant la création de l’univers. En gestion de temps, la phase civilisation ne comptait que 4 millions d’années sur 15 milliards. Michel était malheureux! Ce n’était pas un mauvais élève, mais les autres ne le prenaient pas toujours au sérieux. Ils lui avaient donné un surnom rigolo, et ce surnom le suivrait sans doute même dans le monde du travail, vu la catastrophe qu’était devenue sa civilisation, car les nouveaux diplômés sont euphoriques et sont taquins…
A la faculté céleste, on le surnommait « God Michel ». Un surnom qu’il n’appréciait pas trop. Il pensait avoir inventé, via la mise en place de la propriété, et l’établissement d’un système primaire de troc appelé « argent » un concept révolutionnaire. Pour lui, une civilisation basée sur le principe de « chacun possède un truc » et sur l’échange par système universel (monnaie) ne pouvait qu’être en harmonie. Mais les populations avaient développé le facteur cupidité avec le temps et Michel n’avait rien pu faire pour enrayer cette dynamique. Même lorsqu’il avait cherché à recréer les conditions d’une vie harmonieuse, en proposant des prophètes et des religions pour guider, ou tenté d’instaurer un système politique différent, basé sur le partage et appelé communisme, les humains (la race intelligente qu’il avait crée) se focalisaient sur la monnaie, qui donnait accès au pouvoir et au luxe…

Il aurait dû prendre ce paramètre en compte, mais n’y avait pas pensé en préparant son expérience… S’il avait pu, il aurait insufflé plus de compassion et d’entraide volontaire aux hommes, mais les modifications internes au populations ne sont plus autorisées après le démarrage des évolutions de la race intelligente (imposée au programme). Seules les interventions extérieures (apparitions, anges, médiums) permettent d’aiguiller les masses. Il lui restait, pour se rattraper, et espérer la mention, à réussir la phase fin du monde, en 2012, qui concluera d’ailleurs également son expérience.
Ce qui l’inquiétait néanmoins était que sa civilisation pouvait bien avoir détruit la planète elle-même avant, événement rare, mais éliminatoire en gestion galactique…

Sociologie appliquée: la salle de musculation

imagesDevant l’évidente nécessité de ne pas laisser les années entourer mon ventre d’une éventuelle bouée de sauvetage, très utile en pleine mer, mais beaucoup moins quand on s’habille, et souhaitant reprendre le sport de manière semi intensive, je me suis inscrit dans une salle de sport de mon quartier.

La différence entre la salle de sport de quartier et la salle de sport privée, style Moving ou Forest-hill tient principalement à sa population. Au moving ou au Forest-hill, vous avez des gros qui courent et suent sur les tapis roulant, et qui tirent lourdement sur les machines prévues à cet effet.

A la salle de sport de quartier, vous n’avez que des baraques qui ne font rien d’autre que discuter. C’est d’ailleurs assez énervant, car c’est toujours les mêmes ! Les plus balaises du club. Les semi balaises, eux, se contentent de tourner autour des machines, et se balader dans les couloirs, espérant un jour faire partie des balaises. Lorsqu’on a un peu d’ego, qu’on est fiers, relativement du corps qu’on s’est forgé à force de foot, de vélo et de jujitsu, et qu’on arrive là, on se sent comme une crevette au milieu des calamars géants…
Alors qu’on pédale sur le vélo pendant une demi heure, qu’on soulève péniblement 50 kilos en développé couché, que 20 minutes d’exercice suffisent à nous interdire de soulever quoi que ce soit qui pèse plus lourd qu’un verre d’eau, c’est énervant de voir les plus balaises discuter et rigoler, arborant des débardeurs humiliants pour quiconque n’a pas cette carrure et essaie de les porter…
Il m’a fallu du temps pour comprendre : la musculation ne sert à rien, les machines les accessoires non plus, ce qu’il faut c’est discuter au fond de la salle. Là, en quelques mois, la masse musculaire se démultiplie, et on devient Golgoth…

J’ai croisé là bas un ancien camarade de classe de primaire. Il m’a expliqué :
« moi ça fait six mois que je discute, au fond de la salle, ça marche bien, j’ai perdu seize kilos et j’ai doublé de biceps et de pecs. Bon ça n’a pas été facile, j’ai commencé par me promener dans les couloirs et au milieu des machines, c’est progressif hein !»

D’ailleurs, étonnamment, lorsque l’on regarde le programme des cours c’est flagrant :
Lundi :
14h : débat, la dernière coupe du monde
16h : table ronde, les femmes d’aujourd’hui
17h : intensif (cours pour confirmés) sociologie appliquée : la salle de musculation
etc.
Et j’aime autant, parce que je suis meilleur en conversation mondaine qu’en développé couché !

(à suivre…)

La bonne parole…

fixez les trois points 30s puis fermez les yeux et regardez

fixez les trois points 30 secondes puis fermez les yeux et regardez ce qui paraît dans le noir

A 6h30, mu par une énergie qui tient de la transe mystique, un homme s’est levé au milieu des gens, et a pris la parole. Il a prêché. L’évangile de Jésus. Il venait nous annoncer la bonne nouvelle. Dans le rer B, train pourri qui charrie des destins pas faciles, on a besoin de bonnes nouvelles…

Là c’est plutôt important d’ailleurs, il nous a dit que Jésus est parmi nous. Je me suis tourné et retourné, j’ai vu des Indiens qui discutaient en tamoul, un monsieur avec un baladeur, une dame endormie, mais pas Jésus.
C’est sans doute allégorique…
Devant la perplexité affichée des gens dans le wagon, qui les poussait, de honte, à l’indifférence totale quant aux propos relatés, il nous explique : l’évangile est notre salut ! La mission de Satan est de nous pervertir, mais sa propre mission à lui est de nous avertir de cela, pour que nous puissions nous préparer à l’événement. C’est sans doute la raison pour laquelle il le fait dès 6 heures du matin. Pour que nous ayions le temps de nous retourner.

Personnellement j’apprécie le geste. Si Jésus apparaît aux yeux de tous à 14 heures, que personne ne m’a prévenu, je me retrouve pas rasé, habillé comme un sac, ça fait clodo. Là y’a de la bienveillance dans l’air.
D’ailleurs ça ne s’arrête pas là : il nous prévient formellement, ceux qui voudront se tourner vers la parole de Dieu APRES le retour de Jésus, les portes seront fermées ! Il faut le faire avant. C’est un peu un retour sur investissement. Choyer un petit vieux pour être sur le testament, ou faire beaucoup de muscu pour profiter de nos beaux abdos en été.
Aux impurs incroyants qui tabassent des kebabs tout les soirs, ils seront fort dépourvus quand Jésus sera venu.
La réponse est là devant nous : se bouger le cul ! Soyons tous dans les trains à 6 heures, mais pas pour aller travailler ! C’est précisé (j’ai bien écouté) : la place de Satan est en enfer, celle de Jésus est au paradis, et nous aurons tous le choix d’aller chez Satan, ou d’aller chez Jésus.

Cet homme, probablement, sortant de son wagon, se sent investi du vent divin de l’accomplissement. L’impression d’avoir fait quelque chose qui amènera l’humanité à s’éveiller, d’avoir fait ce qu’il a pu pour sauver le monde, et qu’au moins, dans la vérité, lui est certain que l’amour de Jésus l’envahit.

Il ne faut pas moins que l’amour de Jésus, je dois dire, pour avoir le potentiel énergétique d’aller déambuler dans les trains à cette heure ci, au lieu de dormir…

A 5h30…

C’est l’heure à laquelle, demain, mon réveil va sonner. Demain, encore, comme ça m’arrive bien souvent, je me lèverai, pour me doucher et partir. Mécaniquement. Mes sens, alors, sortiront vaguement du sommeil. Ainsi qu’un chat qui s’éveille, et s’étire, mon esprit s’envolera de nouveau réfléchir à ce monde. Essayer d’y déceler quelque chose de valable, d’exploitable. L’idée d’un récit, l’inspiration d’un rayon de soleil matinal…
A l’affut d’une scène de crime qui aurait lieu devant mes yeux peut être ?

Je vois d’ici le truc, un homme avec une grande hache, un imper et un grand chapeau poursuit une jeune fille, pour une raison que j’ignore. Les portes du Tramway se referment, alors qu’elle arrive en courant, vite, très vite. Malheureusement, à la faveur de la chance des tueurs en série expérimentés, qui savent faire concorder les éléments pour que le suspense trucide toujours le personnage secondaire, elle se heurtera à une machine qui démarre son mouvement, et dont les portes sont hermétiquement verrouillées…
Alors elle frappera à mon carreau vigoureusement, le stress aidant, l’instinct de survie la poussant dans ses derniers retranchements. Je la regarderai, sans comprendre, les yeux ouverts de panique, et une flaque de sang viendra gicler sur le carreau, mettre fin à ses hurlements que de toute façon, depuis l’intérieur de mon wagon climatisé, je n’entendrai pas.
S’ensuivra une enquête de toute une vie, parce que, marqué par le regard éperdu qui m’aura transpercé, le sommeil ne me viendra jamais plus. Je finirai par trouver et mettre en prison cet homme sans cœur et sans remords, et m’en irai dans le petit matin frileux, mon vieux, une musique dramatique derrière le dos, et le chemin de la destinée devant moi…

Il peut se passer tellement de choses, à 5h30…

Ressources humaines

planification-ressources« Chaque émotion ressentie me donne envie d’exprimer les non dits, et que justice soit faite dans nos pauvres vies endormies »
Zaz

Pantomimes… voilà le mot. Vous êtes des pantomimes ! Vous vous cachez derrière des valeurs « nobles » vides de sens, des discours tout faits donnant l’impression d’une profondeur qui n’existe pas, d’une implication qui n’existe pas, et vous vous permettez tout. Vous osez tout, et c’est bien à cela qu’on vous reconnaît ! Vous osez appeler les autres « des ressources » remplacer les ressources pour les raisons des « besoins du client », faire savoir aux « ressources » qu’une amélioration de leur attitude professionnelle est nécessaire, et ces « ressources » d’acquiescer doucement, lassés et lascifs…

Les ressources aussi sont des Pantomimes.

Accrochés à leurs petits stress quotidiens, comme des galériens au garde à vous dans les cales d’un bateau, pendant que le capitaine (vous) passe avec un fouet, les regardant de travers. A celui qui se fera remarquer, ou demandera quelque chose : la menace du fouet. Alors ils acceptent, se taisent, rêvent à des lendemains meilleurs, vous maudissent, ou attendent d’être forts…

Vous êtes tous là, à jouer au casino, et votre société c’est la banque. Vous misez sur des chevaux, faites vos pronostics, tentez des coups de bluff, pour faire la baraka…Vous savez ce qu’on dit ? La banque gagne toujours !
Et puis le mensonge a ce défaut de faire vivre le menteur dans l’inquiétude permanente qu’on évente le secret. Bien des hommes qui trompent leur épouse vous le diront. Rien ne reste enfoui bien longtemps. On verra bien un jour que votre fouet est fait de matière friable, ou encore que vous ne savez pas vous en servir. Alors ce sera la mutinerie. Le capitaine du navire, ne sait pas manier le gouvernail, c’est toujours le second qui s’en occupe. Vous ferez appel au second pour qu’il vous aide, mais votre second, cela fait bien trop longtemps qu’il attend dans l’ombre de prendre votre place.
Il ne bougera pas le petit doigt, il vous regardera mourir, les yeux sévères, notant vos incapacités, persuadé qu’il ne reproduira pas les mêmes erreurs. Au moment même de cette mutinerie, il est déjà votre remplaçant, il est déjà le futur chef…

Vous perdrez, tôt ou tard, les batailles que vous menez, parce qu’elles ne sont pas justes, parce qu’elles sont motivées par l’égoïsme, et que l’égoïsme est un mauvais payeur…

Il était une fois…

coyoteIl n’est pas le méchant de l’histoire, Coyote ! C’est le désert, il a la dalle, il répond à ses instincts normaux de chasseur. Il est intelligent, inventif, et il cherche le bonheur, comme chacun est programmé pour le faire sur cette planète.

Il peint une fausse route sur un rocher au milieu d’une vraie route, (il fait fausse route en quelque sorte). Un trompe l’œil parfait, qui en jette. Il se cache, et attend que l’oiseau de malheur dont il voudrait être débarrassé tombe dans son piège. L’oiseau de malheur, lui, ne sait dire que « beep beep ». Cela limite les discussion philo devant un chai tea latte, sur un fauteuil devant une table ronde…Et pourtant l’oiseau a de la chance. Il arrive à tout allure, traverse le rocher et continue sa route selon toute (in)vraisemblance. Alors Coyote se lance à sa poursuite, et se gamelle la tronche sur la pierre! Ca marche comme ça aussi dans le milieu professionnel. Il vaut mieux parader en souriant, arborer des couleurs pétantes, manger les graines qu’on vous propose, n’y connaître que tchi mais faire semblant d’être un as, plutôt que réfléchir, imaginer des solutions, créer des peintures…C’est le temps des cigales, pas celui des fourmis…

feel secure

stop following me

Le terrain n’est pas balisé. Il ne le sera jamais…
Depuis l’instant ou l’on prend notre envol, jusqu’au jour ou l’on quitte cette vie, on fait du hors piste.
On ressemble à ces alpinistes qui accrochent leurs cordages à mesure qu’ils avancent. Au dessus d’eux l’immensité du pic, au dessous l’immensité du vide. Patiemment ils plantent de petits piquets dans la roche, sans être vraiment certains que ça ne cèdera pas en cas de chute…
La vie est pareille à tout ça.
Cela fait son charme, autant que cela terrorise ; et la peur des gens se matérialise par ce qui n’existe pas : la sécurité.
Les gens, on les retrouve à planter dix, douze, quinze piquets au même endroit, et ils se disent « jpeux plus tomber ! ».
Pourtant, les dictateurs les plus prétentieux se sont fait couper la tête, les acteurs les plus talentueux ont fini dans des supermarchés, les rois les plus populaires ont été guillotinés, et les bandits les plus célèbres ont connu la prison …

Combien de cordes ont lâché sous nos yeux ? Pourquoi continuer, alors, à faire confiance à l’éternité ?

Chez les rosbifs…

Chez les rosbifs…

IMG00155-20100702-1937Londres, capitale européenne, semblable mais différente de ses soeurs jumelles.

Ville animée oú l’on peut voir en vrac:
Des boutiques de luxe, des galeries, des produits de grande consommation, des bus rouges, big ben, l’architecture de la renaissance, baker street (là ou habitait sherlock holmes) le tower bridge…  

On peut en vrac: exercer son anglais, acheter un nouveau piercing, trouver un livre d’écriture, visiter les boutiques hippies, manquer d’acheter un tisheurt et un sac, prendre le gouter dans une église, servi par de vieilles paroissiennes qui ont fait elles memes les gateaux…

Londres, peut-être le pays le plus capitaliste après l’amérique.
Outre manche accessible, par un train, qui est dans un tunnel, qui est dedans la mer. Londres, la mégalopole ou l’on peut s’acheter 40% d’un appartement, voir une comédie musicale à guichets fermés, choisie parmi une douzaine d’autres à l’affiche, trouver encore des punks, choisir sa place dans un starbucks, manger du poisson et des frites, nourrir des écureuils dans les parcs, marcher au bord de la tamise, se croire un peu à amsterdam, manger des haricots blancs, des saucisses, des oeufs et des frites au petit déjeuner, traverser des demeures qui ressemblent à des films, voir braveheart en vo non sous titrée à la télévision, descendre dans une station de métro qui s’appelle picadilly circus, voir des magasins de thé de luxe, ne pas se battre pour une place de métro, croiser des gens courtois, faire les soldes, payer en livres, appeler les livres des pounds, changer ses pounds en euros, dépenser les euros changés au duty free. A londres il y a des gens accueillants au delà de ce qui s’imagine, des tickets de métro a 5 euros, quelques vélos, des chinois qui vendent de la paella, des salles décorées à l’egyptienne, des boutiques qui s’appellent luxury, des fast food bio. A Londres le bio s’appelle organic, ils ont un supermarché organic de deux étages, tout fait deux étages d’ailleurs. Les magasins de vêtements, les magasins de thé, même les marchés.

IMG00150-20100702-1922A Londres on s’attarde devant les boutiques à touristes qui nous font chier à paris. On en a mille des Tours Eiffel, mais des mini austin en porte clé, ça c’est rare! On peut prendre un magnet pour mettre sur le frigo, en forme de bus, ou de cabine téléphonique, entrer dans un bus, ou une cabine téléphonique pour le fun, sans nulle part ou aller ni personne à appeler.
A Londres on peut voir à 10h la relève de la garde, mais qui se lève avant 10h?
A Londres, on parle en A.M et en P.M (avant midi / après midi)…
On peut trouver des chaussures à son pied, on peut trouver aussi des anglaises et des anglais, des touristes surtout, des touristes jap, ou français.

A Londres on trouve du soleil, même si on pensait que ça n’existait pas là bas. On trouve des musées, qu’on n’a pas le temps de visiter, des cathédrales, mais qui sont fermées, et on marche, beaucoup, dans la lumière de la métropole…

Chronique: Zaz

zazNaturellement la religion qui plaît le plus à un chroniqueur qui adore les hasards de l’existence, est celle qui consiste à dire qu’on revient dans ce monde régulièrement, après avoir bien vécu. Ainsi l’idée d’avoir la possibilité d’accomplir sans arrêt tous ses rêves devient une réalité éternelle, un paradis sur terre qui a quelque chose de jouissif. Et si la quête de preuves de l’existence de la réincarnation hantent les nuits d’insomnie, en voilà une : Zaz.

Lisez la suite de cette entrée…

Sociologie appliquée: les hôtels de standing anglais

IMG00136-20100702-1805Il se trouve que, faisant un tour chez les rosbifs, je me suis retrouvé à prendre un english afternoon tea dans un grand hôtel de standing anglais. Un english afternoon tea, dans un grand hôtel de standing anglais, en fait c’est le goûter. Mais attention, c’est ZE goûter! Le truc qui se fout pas de vous. Déjà le personnel qui vous sert le goûter est tiré à quatre épingles. Dès l’entrée, et malgré le repoussant t shirt basket que j’arborais (si j’avais su j’aurais mis un pince et une chemise mais jme suis dit pour un goûter…) l’accueil est impeccable.
Un gentlemen souriant demande s’il peut nous aider? S’ensuit l’annonce de la réservation, un coup d’oeil discret à la liste pour vérifier si le client est un mytho, ce après quoi de jeunes gens souriants, tout de costumes et tailleurs vêtus, vous guident vers une table toute prête, et vous invitent à vous asseoir dans de grands fauteuils. De là, premier constat violent pour moi: j’ai des lacunes énormes! L’étiquette! J’ignore tout de comment il faut se comporter dans ce genre d’établissement. Je n’ai pas fait l’école hôtelière, et la galanterie a beaucoup de secrets pour moi.
Une hôtesse cependant, hautement polie, prend les devant, et met sur vos genoux une serviette qu’elle a auparavant dépliée…
IMG00135-20100702-1805J’ai envie de dire qu’il y a du perspicace dans l’air, parce qu’ils auront du bol si je ne renverse pas un truc dans le courant du repas. Sur la moquette si je suis dans un jour de poisse, sinon au moins sur mon pantalon et/ou tisheurt. Mais, imperturbable et confiante, elle apporte votre goûter. Il s’agit d’un plateau à étages. Etage du bas des sandwichs variés de standing, facon pain surprise. Certains au saumon, d’autres au jambon de pays, etc. Etage du milieu des scones, sortes de petites brioches typiques anglaises. Étage du haut des desserts variés. Tout cela, pour le prix (37 livres), est servi avec du thé. Deuxième constat: c’est cher le standing! Mais non, m’apprend-on! C’est à volonté! Ouahhh! Du standing à volonté! Moi qui suis habitué au flunch et au restaurant chinois (voir article connexe)…

Mais comment ca marche le standing à volonté? Déjà je ne vais jamais oser déranger les hôtes et hôtesses pour demander une seconde tournée de petits sandwichs et de desserts, en plus j’ignore tout de la manière…
C’est quoi le code pour demander aux cuisines de faire péter une autre série? Déjà l’étiquette en francais je suis plutot pas calé, alors en anglais!
C’est un coup a se retrouver dans un duel au pistolet ancien, derrière une église, avec un chapeau haut de forme sur la tete, assisté d’un témoin anglais muni d’une plume et d’un registre, parce que j’aurai offensé quelqu’un en oubliant une formule ou une révérence…
Mais le standing moderne c’est hyper classe! à peine la série de petits sandwichs surprise engloutie, une hôtesse (toujours la même en fait) se radine et reprend l’assiette vide.
Une minute après elle revient avec une assiette pleine, et vous dit même merci! Alors que je me dépatouille de mes parts de sandwich avec ma fourchette, ne sachant d’aileurs pas si l’étiquette permet de manger son pain surprise avec les mains, comme un sandwich normal, ou si c’est un manque qualifié de tenue et d’éducation; soudain -aussi soudain que puisse être un anglais- un monsieur va s’asseoir au piano à queue qui trônait dans la salle…
IMG00142-20100702-1829Je pensais qu’il était désaccordé et qu’il était juste là pour la déco. Mais le monsieur commence à jouer, il reprend les standards du jazz, et les joue avec des expressions faciales passionnées; il joue comme s’il était transcendé, alors qu’il s’agit de titres ultra connus, grands public, et qu’il fait ca peut etre dix heures par jour…
Petit constat, même dans un établissement de standing anglais, je crois sincèrement que jouer dix heures de piano par jour me ferait péter un cable. Je finirai par reprendre les vieux standards des chansons paillardes…  »La grosse bite à dudule » viendrait s’élever de l’instrument pour emplir la pièce chaleureuse en acajou.

Toujours est-il que cette ambiance d’un autre temps vous plonge dans la vie courtoise de la noblesse d’il y a cent ans. Pendant quelques instants, hors du monde et de vos habitudes, plongés dans une atmosphère chargée d’histoire, vous vous sentez comme un duc, ou un lord. Des envies de chasse à cour, de cornemuse et de compter fleurette vous prennent. Loin du flunch purée pates sauce au poivre, des plats vapeur, nems et brochette de poulet à 9 euros, quelque part au coeur de londres, vous vous retrouvez à voyager dans le temps!

Le soleil aide un peu…

soleilQuand on essaie de mettre un pied devant l’autre, de lutter contre nos démons, contre nos propres immobilismes, le soleil aide un peu…
La lumière au sens propre, aidant celle au sens figuré. S’apaiser.
Etre plus calme encore, plus patient, plus fort.
Moins atteignable, plus courageux. Affronter encore le courant qui nous renverse…

Le vent, l’eau, les vagues, tout ça n’est pas grand chose, tout ça n’est pas si grave, si le soleil aide un peu…

Trop sensible…

Parfois les émotions sont plus fortes que vous, et semblent secouer vos os, vos entrailes, tenir vos mains, les serrer fort…
Chez certains cohabitent force et hypersensibilité. Un cadeau empoisonné que vous donnent les dieux, un cadeau
accompagné d’une petite carte: prends ça, démerde toi avec, nous on se la coule douce, ici au mont Olympe!

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Fumer tue?

Ils partent parfois, en disant « je vais chercher un paquet de cigarettes » et ne reviennent jamais. Ils abandonnent. Ils laissent tout en plan, à la charge de ceux qui restent. Un jour, 20 ans après, on apprend que leur trace a été retrouvée, quelque part au mexique, ou dans un archipel…
Bien sûr ils démissionnent, et bien sûr il ne faut pas…
Il ne faut pas mais quand même, c’est un peu tentant parfois, d’aller chercher un paquet de cigarettes!

Dans l’obscurité mourante…

daronneLes soleils du matin et les lunes du soir brillent sur les travailleurs courageux. Ceux là meme qui restent éveillés lorsque tous sont couchés, ceux qui veillent sur vos nuits, sur vos trains, sur vos lignes électriques, ceux qui nettoient les bureaux dans lesquels, parfois, vous bossez…

Ceux qui, dans l’ombre, le manteau de la nuit sur le dos, résolvent pour vous des dizaines de problèmes qui, des dizaines de fois, auraient pu vous priver de vos trains, de votre douche chaude, d’un incendie… Le soleil du matin n’est pas levé lorsque l’homme qui vous vend du pain travaille à le fabriquer…
Le tramway du matin filera longtemps encore, tant que celui qui le conduit le conduira, pour vous pour moi, et c’est ces gens là dont on dit qu’ils coûtent cher au pays, lorsqu’ils demandent, pour vider vos poubelles à 5h30 pendant que vous ronflez, pour livrer votre courier, à vélo, sous la pluie, qu’on les paie un peu plus cher, lorsqu’ils demandent, de temps en temps, à pouvoir se reposer de vous…

* photo – Fabien Dion – http://www.beufa.fr

Trouver…

On cherche par la marche à trouver qui on est, on cherche par la marche à trouver où l’on va…

Il y a deux genres de personnes. Il y a ceux qui marchent, et puis ceux qui s’arrêtent… Au pied de ceux qui s’arretent, enterrés sous les couches de calcaire, de cobalt ou de zinc, enterré sous la craie, sous la terre et les arbres, loin dessous: leurs reves. Remplacés, bazardés, envolés… Des années de cyclones, de raz de marée, de tempêtes de sable. Confortables, ventripotents, aisés, assis sur du teck, ils ont enfoui profondément ce qui les porte, loin au fond. Et quand ils passent, ceux qui marchent encore, on les raille… Ils ont les bras chargés de leurs envies, de leurs rêves, et ont préféré abandonner le reste à la providence… On se fout de leur gueule, parce qu’ils sont en slip; mais chargés de leurs rêves, ils avancent quand même, portés par l’horizon. Ceux qui s’arretent n’ont rien compris, ceux qui s’arretent ne sont pleins que d’eux mêmes… Leur ego en a fait des chimères hideuses et sans avenir. Il y’a les roues et puis les freins, c’est tout…

Ou étais tu?

Photo 004« Ou étais tu depuis tout ce temps?
- ici et là, jamais très loin…
- depuis quand?
- depuis toujours je crois!
- depuis ta naissance?
- avant ça…
- et ça fait quel effet?
- Je sais pas, c’est dur, souvent ça fait mal…
- mais tu laisses pas filer?
- non ce serait pire, fatiguant, puis inutile aussi!
- comment ça?
- certaines choses sont gravées dans le marbre…
- depuis quand?
- depuis toujours, je crois…
On ne peut pas tout laisser filer. La neige recouvre, mais ne détruit pas, le sable fait des dunes, mais dessous, il reste ce qu’il reste. Tu sais, des fois c’est plus fort que soi. Tu es lié, et ce n’est ni par un contrat, ni par un accord, ce n’est ni par des codes, ni par le sang… Surtout pas par le sang, parce que le sang peut être souillé. Le lien, parfois, vient de l’âme. C’est là, au fond, intarissable, ça te porte, et ta plus grande peur, ça devient l’oubli.
- Tu dramatises! Tu sais ce qu’on dit! Né poussière, redevenant poussière…
- Peut être pas toujours… Parfois, peut être, c’est par delà la mort, et je préfère que ce soit ça. Se sentir unique, se sentir vivre à travers d’infimes moments, d’infimes soupirs et respirations, se sentir unique et décupler tout, avoir envie de hurler de désir, et de rage, d’emporter loin, loin, ce coffre plein de trésors…
- Ce que tu racontes, c’est pour moi du chinois!
- C’est du chinois pour beaucoup de monde… Il s’agit moins d’être unique que de se sentir unique.
- Toi et ton baratin! Moi je décroche!
- On croit qu’on décroche, mais on décroche jamais!
Demande à un toxico de décrocher de l’héro, à un boxeur de décrocher de la boxe, ou à un fonctionnaire de décrocher son téléphone, et préviens moi si une de ces choses se produit… »

Trop de foi ?

Les musiques, les couleurs, qui se mélangent bien trop…
Un flou directionnel, une tornade. Incapable de communiquer, alors se taire.
Le silence…
Le silence bercé par les musiques.
Ils chantent tellement mieux que je ne parle.
Je ne sais pas dire, je ne sais pas faire, j’attend, en espérant que l’on comprenne ce qu’il y a au fond, mais on ne comprend pas, comment le pourrait-on ?
Je suis à moitié fou!
Pourquoi j’agis, pourquoi je n’agis pas, pourquoi je regrette, pourquoi j’espère, pourquoi j’attends tout, pourquoi je n’attends plus rien….
L’oscillation permanente, entre l’optimisme acharné, et le pessimisme débordant.
Pourtant toujours j’y crois ; trop de foi ?
Pétrir sa vie, son monde, vouloir voir du bleu dans le ciel rougissant, et dire « mais si c’est possible », peut-être bien que ce n’est pas possible…
Imaginer s’envoler, haut loin…
Dépasser les étoiles, dépasser le lointain…

L’intemporel était venu me rendre visite, me replonger dans une mélancolie sans limites… Errer, toujours, seul au milieu de tous, seul avec soi pour compagnon, seul à gérer mes soupirs, à me sentir bête de n’envoyer se faire foutre les principes et la morale… Il arrive qu’on foire ce qu’on pourrait réussir.

Il manque parfois bien des choses à un homme, et parfois il ne lui manque rien, mais la vérité la plus immuable, c’est que se sentir seul est toujours une dynamique…

matins d’été…

 »Il me reste trois sous, on va aller se les boire chez la mère francoise… Il me reste trois sous, et si c’est pas assez il me restera l’ardoise…  »

[J.Brel]

 

Le matin très tôt, le monde n’a pas la même couleur. Le matin très tôt, auquel je suis familier, semble comme un constat. Le train, vide ou presque charrie les passions vécues de la nuit qui se meurt. Les restes d’une ébullition nocturne adolescente, la nuit trop courte d’un ouvrier, le voyageur qui s’en va, emportant de grandes valises, et de grandes cernes avec lui, prendre un avion ou un tgv.  Le matin très tôt, les lumières des souterrains semblent éclairer chacun sur lui même: c’est le bilan fatigué, l’introspection brumeuse…

Identifier les circonstances qui vous ont mené là, près de ces êtres endormis, qui sortent de boite ou reviennent d’un anniversaire. Un purgatoire hebdomadaire dont on sera sorti en sortant des gares, pour retrouver la douce morsure de la fraîcheur de l’aube, et observer le lever du jour sur le silencieux matin d’été.

Alors rien n’aura plus vraiment d’importance, sinon le vent et la lumière du soleil.

Au delà des paradis artificiels qui font bouillonner et vous tiennent en haleine, le matin très tôt n’existe peut-être que pour ces quelques minutes d’extases, pendant lesquelles dieu vous regarde…

Y’en a qui peuvent… (suite)

peuvent- aller à lidl et payer avec une carte gold

- chercher la merde à un gitan

- acheter une baguette avec un billet de 50 euros

- demander un doggy bag dans un resto à volonté

- mettre qu’ils font de la boxe thai et de l’ultimate fighting dans leur CV

- rouler en solex

- manger des cachou

- habiter Melun et aller à pieds à Paris

- regarder le tour de France

- enregistrer le tour de France quand ils ne peuvent pas le regarder

- offrir des godes à un anniversaire

- demander leur chemin à des touristes

Pluie d’été

pluieElle bat comme un coeur. Elle est vivante, violente, elle vibre pour dire qu’elle existe, et qu’elle fait vivre la terre. Elle a plus de charisme qu’un comédien de l’Actor Studio.

J’aurai du mal, un jour, malgré tous les soleils du monde, malgré la douce magie des plages des caraïbes, malgré les horizons qui s’éteignent au crépuscule sur la mer tunisienne, à ne pas trouver la pluie d’été, faisant briller le goudron torturé, plus sublime que tout en ce monde…

Paroles mêlées…

Ton étoile te protège, vieux! Sois patient, tapi et attends! Ainsi que le ferait un grand alligator. Quand la chance est là tu l’attrapes. Si la chance est mauvaise tu la laisses filer, si tu ne la laisses pas filer, ta bonne étoile la fera filer, et autre chose te viendra, si tu es patient, aux aguets, concret…

Prends chaque événement comme une lecon de vie, prends chaque chute comme une bénédiction: c’est simplement parce que la route n’est pas la bonne qu’elle t’est refusée; apprends que c’est l’ordre des choses, et plus que tout, aie la foi: la terre, le vent, l’air que tu respires, l’instinct, l’aura du monde, ce que tu sens voler autour de toi, sont tes parents. Nulle amazone ni divinité concrète, ressens tout! Sois comme un chat qui croit en lui, qui s’adapte à sa vie, et qui, jamais malheureux, ronronne et puis s’endort.
Apprends qui tu es. S’ils le veulent, explique leur. Explique leur, non pas qui ils sont, car jamais tu n’en sauras rien, mais enseigne leur qu’ils doivent apprendre qui ils sont, et puis ensuite, le devenir.  Et toi aussi, deviens qui tu es, sinon c’est que tu le nies.

Et si le sens de tout ceci t’échappe, reviens à moi plus tard, je te redirai cette histoire, l’histoire de l’homme qui a cherché, et qui a trouvé qu’il a encore tout à apprendre…

Sick sad nose…

J’avais un bouton sur le nez.

Quelque chose de gérable, qui se voit si on regarde bien, mais qui passe inaperçu si on ne vous le dit pas, un peu comme un petit détail obsédant qu’on aurait dû ne jamais vous souffler…

Alors, confiant, j’ai entrepris de le percer. Mon acte d’auto chirurgie s’est soldé par un échec cuisant. Je me suis lacéré la peau, griffé l’ épiderme, et ce qui était un petit spot pas très lumineux s’est transformé soudain en ce qu’on pourrait qualifier sans exagérer de pomme de terre à la place du pif…

La tête blanche qui siégeait à l’intérieur, telle la reine cléopâtre sur son trône d’égypte, telle Shaerazade au palais des mille et une nuits, est bien entendu toujours là. Je n’ai jamais compris les boutons… Tant que vous ne faites pas sortir la petite partie blanche et dure de son logement, le bouton repoussera, ainsi que l’hydre des marais. C’est comme prendre le roi d’un jeu d’échecs. Bref j’avais rendu la situation de « tolérable » à « pire que tout ».

Cela peut être rigolo de prime abord, mais pas quand on apprêtait à aller à la poste, à la banque, faire les courses, et sur paris.

J’avais un nez avant, j’ai désormais une entité à part, gonflée, rouge, et qu’Hergé aurait fait visiter à Tintin, en lieu et place de la lune, s’il l’avait connu du temps ou il a rédigé son double album. Le tarin endolori, petites tracasseries quotidiennes d’une vie de bourgeois paresseux, l’événement qui fait la une dans ma journée pourrie, ça fait quand même bien mal au cul.

Désespéré, j’entrepris donc de trouver un plan B à mon programme de la journée: regarder un film. J’achète souvent des dvd par bloc de dix, de films que je n’ai pas vus, et il se trouve que je n’avais pas encore vu Seven.

Ce film m’a amené à ce parallèle saisissant: mon nez c’était Brad Pitt, et moi Kevin Spacey… Et dans le film, Kevin Spacey fait du mal à Brad Pitt…

Evidemment rigoler de ma pauvre situation, c’est tout ce qu’il me reste, car me voilà cloitré chez moi le temps que la quille qui me sert désormais de blaze redevienne un vrai blaze. Je suis passé en l’espace d’une fraction de secondes de l’état de bogosse relatif à celui de modèle pour caricaturiste…

Si mon nez devenait une entité à part, dotée d’émotions, je pourrai avoir cette discussion avec lui:

« bouge pas je vais t’enlever ce bouton qui te casse le couilles

  • pas la peine, demain il n’y paraîtra plus!

  • Fais moi confiance!

  • Ben oui mais tu sais… AAAAHHHYYEUUH, putain fais doucement

  • il veut pas sorti ce bâtard!

  • Ouais ben t’es en train de me mutiler façon film d’horreur!

  • Ah le fils de pute! attend j’appuie très fort!

  • Nan nan c’est pas la p…. utain de ta grand mère mais arrête ça!

  • J’arrive a rien, je t’ai enlevé la couche numéro 1 de ta peau, jsuis directement sous épiderme et ce bouton est toujours là

  • Touche plus arrête le carnage!

  • Ok, ok, jmet juste un peu de parfum pour désinfecter… »

S’ensuit un hurlement indéfinissable et en choeur…

Sick Sad World!

J’étais versatile…

requinAinsi qu’un vent vicieux…
La fumée du barbecue qui vous revient dans la gueule après que vous en avez fait le tour, c’était moi.
J’étais la raison pour laquelle vous sentiez la chippo grillée, ou la merguez ; j’étais celui par qui venait le coup de pute…
J’aimais ça.
J’ai bâti ma carrière sur le socle solide de ce genre de chose, j’ai grimpé les échelons de la société moderne comme cela, en piétinant celui qui n’avait pas la force ou l’envie de se de défendre.
Aujourd’hui, c’est moi qu’on piétine, sans aucune grâce, sans aucun respect pour ce que je suis, ni pour ce que j’ai bâti.
Je ne peux même pas dire que c’est injuste, non je ne peux pas, j’ai contribué à ce que perdurent ce genre de pratique. Ils ont bien essayé de s’élever, de dire que ce n’est pas normal, que le mérite est mieux que l’esbroufe, que le talent se récompense, mais pensez vous ! Ca fait longtemps qu’on n’en est plus là ! Ca c’était le projet de base, aujourd’hui il suffit simplement de montrer ce que vous faites, de signer ce que vous faites, et d’être assez connard.
J’ai suivi l’exemple de notre président, j’ai glorifié l’ultra libéralisme, ri au visage des syndicats, les insultant au passage, crachant sur l’histoire sociale qu’ils revendiquaient, pauvres merdes d’un autre temps, les traitant de vieux communistes dépassés dont la  démesure dispute à la folie.
Et voilà, aujourd’hui, 60 ans, pas de retraite, et pas d’avenir parce que personne n’engage des vieux et que ma boite m’a simplement remercié pour mes bons et loyaux services.
Mes enfants ont du mal à joindre les deux bouts eux même, et de toute façon ils ne m’aideraient pas, c’est moi qui les ai éduqués… Mon appartement, c’est ma femme qui me l’a pris, elle a refait sa vie dedans, avec un nouveau mec, qui, lui, ne s’est pas fait avoir par le système. C’est un plus riche, plus méchant, et plus intelligent que moi…

Et je ne peux même pas dire que c’est injuste, ni trouver quelqu’un qui m’écoute me plaindre, comme ils le font tous sans comprendre qu’ils ont été la source de tous leurs maux…

 J’étais un arriviste en 2010, je suis une merde en 2045 !

Je cherche encore…

rerC’est là, tapi. L’écriture m’appelle mais je ne parviens pas à lui répondre. Comme un futur prêtre qui ignore s’il doit accorder à Dieu la faveur qu’il demande, je ne trouve pas le liant… Les mots se bousculent, tamponnent dans ma tête, tout m’inspire et rien ne vient. Je suis dans un train, a écrire cet article sur mon téléphone. A cet instant, ainsi qu’un militaire qui continue inlassablement, sous la pluie, à écrire une lettre qui disparaît à mesure sous l’effet de l’eau, je résiste, instant après instant, au furieux désir d’effacer ces lignes… Pourquoi ce besoin? Pourquoi cette pulsion permanente, bousculée en permanence par l’immobilisme… A pas de fourmis les mots du RER E se suivent, sans réel lien entre eux. Tout ce que je sais, depuis ce wagon sans clim qui arrive à gare du nord, c’est que je cherche quelque chose que je n’ai pas encore trouvé…

Un bout de pays

Dans les oreilles la musique de Frida, un bout d’Espagne ou d’Amérique du sud dans le paysage de gare du Nord que j’arpente, comme je l’ai fait si souvent… C’est revenu. Ce besoin d’aller voir le monde me prend de nouveau au corps, a la gorge, aux poumons… Il va etre temps de refaire de la vie une fête, de se remettre au travail, au vrai travail: le travail sur soi! Il faudra filmer, écrire, lire, et laisser le monde réel à ceux qu’il intéresse.

 La réalité, aujourd’hui, je crois qu’on la fabrique…

Viens mon beau chat…

Je suis allongé dans la nuit. Mon eee m’éclaire le visage; un chat noir ronronne sur mon dos. Il est étranger à ce monde, et ce monde lui est étranger. Tant qu’il en a besoin, me voilà devenu sa paillasse, et ça ne le gêne pas plus que ça. Il est tellement confiant qu’il ne peut qu’avoir raison! Nulle réalité ne vient se mettre entre lui et le rêve. Nulle pensée concrète…
Il n’a que faire du manque d’inspiration, se bat les couilles de l’ immobilisme ambiant, et ses croquettes sont là, qui tombent du ciel dans la gamelle par une joyeuse et inaltérable providence; nos sujets de préoccupation ne sont pas les siens… Ca me rappelle une chanson de Pow Wow. Que ferait-il si demain, on inversait les rôles? Qu’il devienne moi? et moi lui… Comme dans « Axolotl », la nouvelle de Cortazar.

Sans doute le pauvre chat regretterait-il le temps où l’ignorance l’aidait à dormir, sur le dos de celui qui écrivait, la nuit, les yeux rougis par la fatigue et la poussière, pour avancer encore, juste un peu, juste pour que l’ inertie n’ait pas tout à fait gagné…
pas tout à fait…

« moi vouloir être chat! »

C’est par où?

tao_shiboElle s’insinue … Vous la sentez, d’abord tapie, comme un petit mal de gorge qui peut être deviendra une grippe, et puis, petit à petit, ainsi qu’un poison qui envahit votre organisme, elle vous prend tout entier, et vous lance. C’est la Torpeur !
C’est quand le ciel est gris, que vous n’arrivez à rien, et que l’immobilisme vous frappe…

Je connais bien ce moment, ce sentiment. C’est la mue.
C’est la mue, avant le retour du soleil, c’est la période de rien, avant de sortir de la coquille et de s’envoler, c’est le passage du vide vers le plein, Lao Tseu dirait « l’évolution du non-être vers l’être ».

C’est laisser quelque chose au profit d’autre chose, un truc meilleur que ce qu’on connait, des talents supplémentaires, des envies différentes, et perdre encore du lest…

C’est quand cette torpeur est là qu’on est en train d’apprendre, quand cette torpeur est là qu’on peut hurler, tout détruire, pour recommencer, mais en attendant, le néant…

« A défaut de nom, je l’appellerai Tao… A défaut d’autre chose, je le dirai Grand »

Combien de fois tomber sur le dos, glisser, suer, rater son coup et puer avant de réussir…
L’échec  est une preuve de recherche, une étape vers la réussite, mais il vous prend tout entier dans une sensation d’écrasement, comme attiré vers le sol, comme scellant dans le marbre vos jambes déjà lourdes… 
Et pourtant, primordial dans le Tao, primordial dans la vie, naviguer, encore, suivre le cheminement de ce gros poisson, agrippé à son dos, ne pas lutter contre, et ne pas non plus le laisser vous balader ou il veut: ne pas céder à la Torpeur.

Continuer, même si aujourd’hui on n’y croit pas beaucoup. Parce qu’on peut toujours se dire:
« peut être que demain… »

Tomorrow is my turn…

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J’y reviens toujours. Le temps passe trop vite, l’existence est trop courte. Trop courte pour s’encombrer de faux semblants, trop courte pour jouer à des jeux, pour faire de la politique. La vie est précieuse aussi, trop précieuse pour se charger tellement de n’importe quoi, donner tellement d’importance à tout, faire des ulcères, ne plus dormir.
La vie s’atrappe, se serre fort, la chance va se chercher, le bonheur se cultive, l’esprit se cultive…
Il faut gouter à tout, baiser jusqu’à plus soif, écrire, parler, lire, rire, courir, faire ce qui rend vivant, et s’en rendre compte. Demain n’existe pas, hier n’existe plus, c’est aujourd’hui qu’on doit faire les choses, aujourd’hui que doivent se décider les événements, aujourd’hui qu’on construit les souvenirs de demain.

Il ne restera rien, à la postérité. Rien que des idées, des moments, des impressions de la poésie. Pourquoi porter des sacs si lourds, pourquoi être si pleins de soi, pourquoi ne pas juste se dépouiller de tout, et ne marcher plus qu’avec soi?

La vraie liberté, se connaître, savoir (et non pas « se dire ») qu’on fera ça, et le faire…
J’adore cette chanson!

c’est quoi la vie ?

IMG_3323Sorti de nulle part, comme la terre, inespérée, après un naufrage qui nous paraitrait ne plus vouloir s’achever autrement que par la noyade : le beau temps.
Alors qu’il allait de paire avec un week-end quasiment improvisé, décidé sur le tas par enchaînement de circonstances, ces trois derniers jours ont donné à la vie un sens que je conaissais déjà mais qu’il est bon de se rappeler aussi souvent que possible. L’instant!
L’instant seulement, lorsqu’oubliant le reste, nous ne sommes plus rien que nous mêmes, au soleil, à la campagne, au bord d’un étang, à arpenter la grève, à regarder la lune, ou encore les étoiles, à parler de tout, absolument tout, à renouer, avec soi, avec les autres, et tout ça en l’espace d’un instant, comme une brèche, dans laquelle en même temps que le soleil, viennent s’introduire aussi toutes ces couleurs et tous ces papillons qui font le monde.
C’est peut être là, reprenant en deux jours les 3 kilos qu’on avait durement réussi à perdre, pendant deux semaines d’un régime de carottes bio et de plats préparés « light », qu’on trouve un vrai sens à l’existence …
Et c’est tout bon! Tout bon d’avoir près de soi des gens qui nous manquent quand ils sont loin, de revoir la voie lactée et les étoiles, après les avoir si souvent perdues dans les rues de paris…
Même les deux heures de retard du train qui nous ramenait chez nous, la perspective de reprendre le boulot demain matin, d’entendre, à 5h30 sonner le réveil qui te dit « hop feignasse », et toutes ces petites contrariétés qui vous ramènent à la vie parisienne, ne sauraient effacer des mémoires ces trois jours pleins de soleil, que notre peau chante encore, brunie et moite, dans la douceur du soir.

Depuis longtemps…

Sombre Héros qui revient, qui devra faire ses preuves dans un grand théâtre avec une nouvelle équipe, un gros challenge…
Depuis longtemps je n’ai pas pris la plume. Depuis longtemps le tourbillon de la vie m’a emporté de droite et de gauche sur des chemins qui se sont créés d’eux mêmes au moment de les arpenter. Je travaille a ma réussite dans la douleur du manque de sommeil, dans la mécanique d’une machine bien huilée, et dans ma course je ne profiterai, il me semble que du résultat final. Gestion de projet, gestion de priorités, aligner les unes derrière les autres des tâches à accomplir, pour atteindre un jour le sommet qu’on réclame, à bout de souffle et sans oxygène. J’ai commencé à gravir une montagne, dont je réalise maintenant que je suis dessus. J’ai commencé à prendre une route qui me tire malgré moi vers le futur. Mais pour une fois ce n’est pas une fuite en avant. Pour une fois je ne suis pas à échapper aux monstres sous mon lit. Les mots sautillent dans tous les sens, des comédiens excellents, quelques efforts encore et puis écrire enfin… Le matin dans un café, dans ma nouvelle vie, plus fort encore, plus adulte, peut être plus conscient… J’ai de la chance et je le sais, et en ces temps compliqué, dans cette ébullition ou je me risque à mourir d’une overdose d’information, m’écrouler dans un lit est la sensation la plus salutaire que j’aie vécu depuis longtemps.

Je sais lire…*

*extrait

« J’ai vu en toi ce qu’en nul autre je n’ai pu voir.
– Crois-tu?
– Je le crois… Tu es unique et je t’ai choisi pour aller au devant du monde, pour affronter cette galère de vie ensemble, et pour trouver la bonne route…
– Mais ?
– Il n’y a pas de « mais »…
– Il y a toujours un « mais » !
– Mais tu dois suivre mon chemin.
– Notre chemin ?
– Disons le chemin que j’ai choisi pour être notre chemin…
– Et si je ne veux pas ?
– Je ne pourrai pas vivre sans toi… Allez partons !
– Mais ?
– Mais tu dois suivre mon chemin…
– Et si je ne suis pas prêt ?
– Je vivrai malgré tout sans toi…
– Mais… tu pourrais ?
– Evidemment!
– Ai-je le droit d’y réfléchir ?
– Réfléchis tant que tu veux, puisque tu acceptes…
– Qu’est-ce que j’accepte ?
– Ton sac est préparé, ton baluchon est suspendu, il va de soi que nous partons demain.
– Mais mon avis dans tout ça ?
– Ce n’est absolument pas quelque chose qui compte !
– Ah non ?
– Non.
– Tu as donc décidé ?
– J’ai toujours décidé. Cela devrait changer ?

– Que cela, surtout, ne change pas, mais moi je ne peux pas t’accompagner. Tu m’as déjà menti, trahi, et raillé, et pire… Tu n’as jamais demandé pardon pour ça, parce que tu ne vois pas le mal, tu trouves cela parfaitement normal, insignifiant. Tu ne te présentes pas avec humilité devant moi, et tu fais toujours des secrets, tu n’as donc rien compris à qui j’étais et à ce que je voulais… On doit sans doute pouvoir tout pardonner mais faut-il encore pour cela que le pardon soit demandé. Tu ne demandes rien qu’à faire ce que tu veux, et tapes du pied quand tu ne peux pas. Peut être un jour comprendras-tu, j’aurai pour ma part aimé ne jamais te connaître. Bon voyage à toi, n’oublie pas ton égo…

- Tant pis pour toi !  »

Et au loin, j’entend son rire et son indifférence glacer avec mépris et assurance le monde qui l’entoure…
Joue – Graeme Allwright

hey nan !

La source n’est pas éteinte. L’écriture est comme un menu dans un grand resto: la suite arrive! Et la suite va rockser. Je poursuis ma pénitence solitaire, j’ai imposé à ma tête et mon corps un rythme différent. Se mettre en friche pour mieux faire pousser les légumes. L’homme est-il donc un champ de patates? Probablement. Et je vous assure que, lorsque j’aurai suffisament « friché » puis poussé, vous vous direz que jamais vous n’avez mangé de frites aussi bonnes!

En selle

J’ai suivi bien des conseils, j’ai un peu dormi, beaucoup réfléchi, dansé avec le diable, un moment, puis ça s’est tu…
Il est une heure pour tout, et c’est l’heure de travailler. Ce monde peut, si on lui demande, déployer une certaine magie qui vous fera sortir du temps, sortir de vous, pour peu qu’on sache retourner la terre. Compter trente heures de réel pour obtenir une heure de magie. Un séquoia, c’est une graine dont on prend soin cent années durant. Mais on y gagne, parce que l’on effleure du bout du doigt ce que les hommes cherchent, lorsqu’ils cherchent Dieu.

Louis Ferdinand Céline parlait comme un toxico, vivait avec ses chiens, était haï de tous, mais il a crée l’Oeuvre.

J’ai vraiment du travail, mais je sais à quel moment je serai satisfait! Je serai satisfait lorsqu’à mon tour j’aurai écrit mon voyage au bout de la nuit…

Je ne suis pas un héros…

Parfois je voudrais avoir des pouvoirs. Pas conventionnels, non, pas des pouvoirs comme planer dans les airs, traverser des murs, ou me téléporter. On a déjà internet, on saura bien faire ça un jour.

j’aimerais avoir ce pouvoir de te révéler, de t’enlever, de chasser de toi ce qui te rend si triste. De te montrer ce que tu ne sembles pas voir, de t’emporter vers ta vraie valeur, de te dire que tu es de la race des anges et qu’un ange n’a rien à craindre des hyènes et des chacals. Mais voilà, je suis en haut de mon pigeonnier, avec Chantal, je regarde le monde, je le contemple, je le transforme dans ma tête, mais il n’est rien que le fruit de mon imagination. Ce monde, je le construis seul, et je t’y rêve mais n’est-ce pas t’enfermer encore quelque part ? Tes ailes sont attachées dans ton céleste dos, et mon rêve c’est que tu voles jusqu’à moi, mais il est une question fondamentale qu’il faut toujours se poser: « qu’est-ce que je lui apporte ? ».

Je n’ai pas la réponse à cette question; faire la lecture franche et brutale de ton coeur, c’est te faire mal, t’obliger à me regarder dans les yeux c’est te brûler, et passer du temps avec moi te plonge dans la mélancolie…

Je me sens comme ce poison qui tétanise le corps. Je ne veux pas tétaniser ton âme, je ne veux pas rendre si compliquée la vie que tu as choisie juste parce que je t’aime. Je veux que tu sois heureuse, que tu prennes les décisions qui t’importent, et tant pis pour le reste. Tant pis si je n’y suis pas, tant pis tout court…

Je ne me morfondrai pas. Déjà car ce n’est pas de ce bois là que m’a fait la nature. Ensuite parce qu’à toi je ne peux jamais en vouloir et qu’un moment avec toi, je ne puis en regretter que l’inachèvement, l’inaccomplissement. J’ai été sage, cela je peux le regretter (et je sais qu’on est deux) mais jamais de t’avoir rencontrée, jamais de t’avoir respirée, jamais d’avoir su ce que pouvait être pour un homme de se dévoiler entièrement; on ne me connaîtra jamais-plus comme tu me connais toi. Tu ne seras jamais minable, tu ne serais jamais faible, tu seras toujours toi, la preuve vivante que les anges ce n’est pas juste dans les films, ou juste pour les autres. Et si c’est aussi peu courant que le loto, j’ai eu le ticket entre les mains et me suis rêvé riche pendant le temps d’une nuit. Une nuit…

Je voudrais que tu saches à quel point tu es transcendante. Mais je n’ai pas les mots, je ne suis pas un héros…